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Après une année difficile, Kalenga Muganda a retrouvé le sourire appuyé par sa mère, un ami qui ne l'a jamais lâché et l'équipe médicale du Rouge et Or

Photo Stevens LeBlanc
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-04-29T04:00:00Z

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Dans la meilleure forme physique depuis son retour à Québec en 2022, le porteur de ballon Kalenga Muganda a surtout retrouvé le sourire après une année fort difficile.

Victime d’une commotion cérébrale pendant le camp d’entraînement et aux prises avec des troubles de santé mentale, le demi offensif du Rouge et Or de l’Université Laval a été limité à un seul match en 2023.

Photo Stevens LeBlanc
Photo Stevens LeBlanc

«Ce fut une année vraiment difficile remplie de défis et de rebondissements, a résumé Muganda, qui était revenu au Québec après une saison dans un Junior College américain pour des raisons similaires. J’étais isolé et je faisais mes affaires. Ces moments difficiles m’ont enseigné la valeur de la constance. Je suis maintenant à mes affaires et les choses vont bien.»

Muganda a profité de l’aide de plusieurs personnes pour retrouver le sourire. «C’est facile à dire qu’il faut demander de l’aide, mais il faut le faire et écouter, a-t-il raconté. Je suis reconnaissant envers ma famille, l’équipe médicale du Rouge et Or, mes amis et Dieu. Je suis bien soutenu. Maintenant si j’ai un problème, j’appelle. Tu dois utiliser l’aide à bon escient et parler aux gens de confiance. Ça paraissait pire que c’était en réalité, mais je n’avais pas de bonnes habitudes de vie. Parce que mon humeur est contagieuse, je me sentais mal pour les gens que j’aime que je côtoyais. Après avoir tout compressé dans une boîte, tu dois l’ouvrir parce qu’il n’y a plus de place. Cette épreuve m’a permis de grandir.»

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Un ami qui a joué un rôle déterminant

Coéquipier de Muganda avec le Blizzard du Séminaire Saint-François avec qui il a remporté un Bol d’Or et depuis deux ans avec le Rouge et Or, le demi de coin Anton Haie a offert un appui indéfectible à son ami.

«Il y a quelques mois, nous avons été courir ensemble dans le Vieux-Québec et cette journée m’a aidé, a-t-il expliqué. J’ai commencé à aller mieux à partir de ce moment. Anton a toujours été là pour moi depuis nos années à SSF et il a joué un rôle vraiment important.»

«Anton aurait pu se tourner de moi, mais il a toujours été là, d’ajouter Muganda. Notre amitié est toujours demeurée forte même si nous avons été séparés quand j’étais aux États-Unis. À chaque année, on se retrouve chez lui pour la soirée du Super Bowl.»

Si Haie a été d’une aide précieuse, il en va de même pour la mère de Muganda, qui a quitté le Congo pour offrir une vie meilleure à sa famille. «Ma mère, c’est mon pilier, a-t-il résumé. Elle me sert d’inspiration. Elle a surmonté bien des ennuis. Elle a quitté son pays natal pour se retrouver dans un nouveau système scolaire où son diplôme d’infirmière n’a pas été reconnu. Elle est une figure respectée dans la communauté congolaise de Québec et elle aide à l’intégration des nouveaux arrivants.»

«Parce qu’elle voulait offrir une meilleure vie à sa famille, elle est exigeante envers moi et elle s’assure que je sois sérieux dans mes affaires, d’ajouter Muganda. Elle est très fière que j’aille mieux.»

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Un horaire rempli au bouchon

S’il s’isolait l’an dernier, Kalenga Muganda est maintenant tout feu tout flamme.

En plus de ses entraînement avec le Rouge et Or de l’Université Laval, il s’est initié à la boxe sous la supervision de l’ancien champion canadien des poids lourds Éric Martel-Bahoéli; il participe à deux sessions de yoga par semaine; il a lancé le programme sportif BOmayé en compagnie de son frère Iraghi qui porte les couleurs des Carabins de l’Université de Montréal; il donne un coup de main au personnel d’entraîneur de la formation juvénile du Blizzard du Séminaire Saint-François; et il est étudiant à temps plein. Il va aussi conduire son jeune frère au terminus d’autobus chaque matin pour qu’il se rende au Séminaire Saint-François où il porte aussi les couleurs du Blizzard.

«Les entraîneurs du Rouge et Or m’ont dit de faire attention et de ne pas en faire trop parce que ça pourrait être dangereux, a-t-il souligné, conscient de son horaire fort chargé. Je sprint un peu partout. L’important est de bien gérer mon temps. Le yoga me permet de relaxer et la boxe m’a permis de perdre du poids. J’ai retrouvé ma forme de plage.»

Muganda se dit conscient qu’il doit être à l’affût. «Je suis mieux outillé pour passer au travers des moments difficiles qui pourraient survenir. Dans la vie, il faut apprendre à gérer les hauts et les bas. Si j’ai besoin d’aide, il y a des professionnels qui sont là.»

Le porteur de ballon est très fier du programme BOmayé qui s’adresse aux jeunes sportifs de différentes cultures. Dans le dialecte lingala, cette expression signifie Tue le. C’est ce que les gens scandaient pour encourager Mohamed Ali lors du «Rumble in the jungle» face au champion des lourds Georges Foreman présenté à Kinshasa dans la République du Zaïre (devenue la République démocratique du Congo), le 24 octobre 1974 devant 100 000 personnes.

Les jeunes du programme participent à des tournois de touch football à 7 contre 7 et se préparent pour les jamborees de football du printemps.

Muganda sera présent pour les derniers entraînements du camp de printemps du Rouge et Or cette semaine. «Même si je ne suis pas encore à cent pour cent physiquement et que je ne sais pas si je vais pratiquer, je ne vais rien rater. Je suis enjoué. Je suis excité et je vais l’être encore plus au camp en août.»

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