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Après un traumatisme crânien et deux vertèbres fracturées: Maxime D’Astous, le coureur qui ne devait plus marcher

Maxime D’Astous savoure pleinement le bonheur de courir après avoir subi un sévère accident qui l’a laissé avec d’infimes chances de marcher, en 2017.
Maxime D’Astous savoure pleinement le bonheur de courir après avoir subi un sévère accident qui l’a laissé avec d’infimes chances de marcher, en 2017. PHOTO NICOLAS HALLET / GESTEV
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2026-05-03T19:52:33Z

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LÉVIS | À la ligne d’arrivée du demi-marathon de Lévis, Maxime D’Astous détonne des autres. Son chandail noir sans manches, ses colliers colorés ainsi que sa moustache et sa tignasse bouclée lui donnent davantage des airs de bohème vagabond que de véritable coureur. Son look décontracté reflète bien sa manière d’aborder la vie à la suite d’un grave accident qui devait le rendre incapable de marcher.

• À lire aussi : Demi-marathon de Lévis : une première victoire sans formule magique

Quand on lui fait remarquer qu’il ne correspond clairement pas au portrait type du coureur, D’Astous ne s’en offusque pas. Au contraire, l’inspirant survivant originaire de Sayabec acquiesce et en rajoute une couche.

« Je ne suis pas un coureur ! Je suis juste un humain qui aime la vie. J’ai plus le look d’un gars chill que d’un coureur ! Je suis capable de faire des bons temps et des bonnes distances, mais tout ce que je vise, c’est de me sentir en vie », nous a-t-il raconté lors d’un fascinant entretien.

Un phénomène !

Il ne faut surtout pas se méprendre. L’homme de 35 ans est un excellent coureur. Adepte des ultramarathons, il a parcouru les 21,1 km à Lévis en 1 h 35 min 37 s. C’est un chrono fort honorable... surtout que, la veille, tout bonnement, il avait couru 53 km avec des amis et qu’il avait ensuite franchi la route en voiture depuis Montréal après deux heures de sommeil.

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« Je suis un gars de feeling. J’aime écouter ce que mon corps me dit. Pour un gars qui ne devait plus marcher de sa vie, un demi-marathon en 1 h 35 min, ça a bien du bon sens ! » lance-t-il.

Accident marquant

Ne plus marcher, dans son cas, c’était loin d’être de la fiction. En décembre 2017, D’Astous parcourait les routes du Québec comme chansonnier. À 120 km/h sur l’autoroute 40, il a percuté une déneigeuse qui l’a laissé dans un piteux état, avec des « probabilités infimes de remarcher un jour », selon ce que lui ont dit les médecins.

Un traumatisme crânien sévère et deux vertèbres du cou fracturées lui ont laissé des séquelles (il préfère le terme « limitations ») avec lesquelles il compose encore aujourd’hui.

Neuf ans plus tard, il ne peut tourner son cou et vit 24 heures sur 24 comme s’il avait un torticolis. Le côté droit de son corps est plus faible. Il supporte mal quand il y a trop de bruit, trop de stimuli. Il est en proie, à tout moment, à d’importants creux d’énergie.

Bref, tout pour l’empêcher de courir. Et pourtant...

« Quand je deviens fatigué, je sors courir dehors pendant deux heures et ça me recharge les batteries. C’est le truc que j’ai trouvé pour me sentir vivant », assure-t-il.

Changement de cap

Certains pourraient croire que D’Astous a toujours été un grand sportif dans l’âme, mais ce n’est pas le cas. Avant son terrible accident, hormis quelques matchs de hockey, il était avant tout un oiseau de nuit doté d’un mode de vie qu’il qualifie de « pas très sain ».

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Après coup, il a dû passer au travers de quatre longues années de réadaptation. Loin de lui l’idée de courir à cette époque.

« Il y a eu une réappropriation du corps et des deuils à faire. À tous les soirs, avant de me coucher, j’envoyais des signaux positifs à mon cerveau. Je lui disais que j’allais redevenir comme avant. Je sais que ça peut sembler un peu ésotérique, mais j’ai toujours cru plus en moi qu’aux statistiques », a-t-il fait valoir.

Lentement mais sûrement, il a réappris à marcher et il est tombé dans la marmite de la course pour ne plus en ressortir. En septembre 2024, il s’offrait son premier marathon, à Rimouski. Depuis, les courses s’enchaînent.

Vie minimaliste

Maxime D’Astous se fait un plaisir de vivre au gré du vent, sur la route.
Maxime D’Astous se fait un plaisir de vivre au gré du vent, sur la route. PHOTO FOURNIE PAR NICOLAS HALLET

Il y a quatre ans, il vendait sa maison pour vivre dans sa fourgonnette. Ce mode de vie minimaliste l’a fait d’autant plus tomber amoureux de la course.

« Avec la van, quand je me réveille à un nouvel endroit, j’ai envie d’aller courir pour explorer. Moi, je suis comme un golden retriever ! Si tu m’envoies dehors, je vais aller courir », dit celui qui se procure ses espadrilles et ses vêtements dans les friperies « ou quand mes frères me donnent leurs souliers parce qu’ils font des ampoules ».

Le moment de l’accident qui a bouleversé sa vie demeure flou dans son esprit. Ce qu’il retient, avec du recul, c’est qu’il ne changerait rien.

« J’aimerais avoir mon cerveau et mes capacités physiques d’avant, mais ça me prenait un gros électrochoc pour que ma vie change. C’est à la fois la pire chose et la plus belle chose qui est arrivée dans ma vie », résume-t-il avec sagesse.

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