Après le vaccin, vivrons-nous des années folles?

Claude Villeneuve
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Le premier ministre François Legault dit qu’il n’a pas eu autant confiance en l’avenir depuis longtemps.
Manifestement, il n’est pas le seul. Après son bref – mais puissant – recul de février-mars 2020, la Bourse est en fête. Les vaccins sont arrivés vite. Les taux d’intérêt sont bas. Les syndics se tournent les pouces devant le flot de faillites annoncées qui ne se matérialisent pas. Les finances publiques semblent moins abîmées qu’on l’appréhendait.
Surtout, la jeunesse a faim. Privés de sport et de socialisation, nos ados et nos jeunes adultes ne se satisfont pas de socialiser via Instagram et TikTok. Ils ont hâte de recommencer à mordre dans la vie à pleines dents.
Et eux non plus, ils ne sont pas les seuls...
Rugissantes
Une fois tout le monde vacciné et la pandémie derrière nous, assisterons-nous à des années folles ?
C’est ce qu’on a vu lors des dernières années 20, après l’horreur de la Première Guerre mondiale et la pandémie de grippe espagnole. Les jeunes gens dansaient le charleston, on construisait d’arrogants immeubles art déco et les Great Gatsby faisaient couler le champagne à flots.
Nos années 20 à nous seront-elles aussi rugissantes que ce que la confiance des boursicoteurs semble indiquer ? Ça se pourrait bien.
Il faut s’y préparer pour en profiter, donc, mais se préparer aussi pour éviter que ces éventuelles années folles ne constituent qu’un entracte avant la prochaine crise.
Déchirements
Prenant appui sur l’effondrement de l’économie, épuisée par trop de croissance trop arrogante, les factions communistes et fascistes ont mobilisé ceux qui n’auront pas profité des années 20 pour les placer en affrontement direct dans les années 30. La table pour un XXe siècle de déchirements était mise.
Alors que wokes et populistes se gonflent de légitimité autoproclamée face à des élites technocratiques trop occupées à compter leur argent, est-ce l’effondrement climatique qui viendra mettre un frein aux prochaines années folles ?
Nul ne le sait, mais la décennie à venir s’annonce aussi intéressante que périlleuse.