Après la survie, le défi des Sabres

Jean-Charles Lajoie
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Le Canadien n’a pas volé le septième match en Floride dimanche soir. C’est une erreur de le dire ainsi.
On ne reverra probablement jamais une équipe gagner un duel ultime en ne lançant que neuf fois vers le filet adverse. Mais les hommes de Martin Saint‐Louis ont, selon moi, disputé le meilleur match de neuf tirs vers la cage adverse de l’histoire du hockey. Aucune ironie ici. J’ai trouvé le CH plutôt engagé. Trop replié, c’est vrai, mais la grande majorité des joueurs acceptaient le sacrifice.
Défensivement, on a bien protégé le territoire et limité les chances en or du Lightning, particulièrement avec l’avance à protéger en fin de rencontre et l’absence de Vasilevskiy devant la cage des Bolts.
Offensivement, c’est une autre histoire. La série a offert très peu d’espace à mesure qu’elle a progressé. Les attaquants de talent du CH n’ont trouvé aucune combinaison afin de débarrasser un cadenas défensif somme toute moyen chez le Lightning. C’est un constat inquiétant en vue de ce qui attend Montréal dès mercredi.
Les Sabres ont une redoutable défensive, talentueuse en plus d’être grande, grosse et robuste. Des ajustements vont devoir être apportés par Martin Saint‐Louis. L’habitude de reculer derrière leur propre filet avec la rondelle et d’attendre patiemment a bien servi les Glorieux au premier tour, sauf que ça ne crée aucune offensive. Si Montréal offre aux gros bonhommes des Sabres tout le temps nécessaire pour bien s’installer, j’ai bien peur que Jakub Dobeš doive s’entêter à ne donner aucun but au moins quatre soirs sur sept.
Il va falloir gagner la guerre territoriale en zone neutre, provoquer des revirements et relancer sans attendre afin de prendre les défenseurs à contre‐pied et de créer des surnombres.
Il va aussi falloir cadrer plus de tirs. Le nombre de lancers qui ont raté le filet au premier tour est gênant, surtout provenant de bâtons talentueux comme Caufield, Demidov et Slafkovský. Lorsque l’étau se resserre et que les chances sont moins nombreuses, il faut être opportuniste.
Le retour de Noah Dobson est salutaire et permettra de limiter le temps de jeu de Mike Matheson. Le vétéran doit être plus stable, plus régulier dans son rendement. Il peut remercier le héros obscur du premier tour, Alexandre Carrier, calme et efficace dans les grands moments.
Le Canadien est en deuxième ronde et il le mérite pleinement. Il n’a pas volé son rendez‐vous avec les Sabres de Buffalo. Puisse cette série être aussi serrée et émotive que celle face au Lightning, avec cette fois les joueurs vedettes au devant pour mener la charge. Alors certains pourront cette fois dire sans mentir qu’il se sera agi d’une des meilleures séries des 20 dernières années. Après tout... vous méritez ce qu’il y a de mieux !!