Après La Mecque, ils se retrouvent dans un ring
Arthur Biyarslanov et Mohamed Mimoune vont laisser leur amitié de côté le temps d’un combat


Dave Lévesque
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Les combats entre amis sont monnaie courante cet hiver. Avant le choc Butler-Bazinyan le mois prochain, il y aura Biyarslanov contre Mimoune jeudi.
Arthur Biyarslanov (17-0, 14 K.-O.) défendra alors son titre NABF des super-légers (140 lb) contre le Français Mohamed Mimoune (24-6, 5 K.-O.).
«Je l’ai rencontré pour la première fois en 2018, je venais de déménager au Canada. Nous sommes restés en contact par les réseaux sociaux ensuite», résume le boxeur d’origine russe établi dans la région de Toronto depuis plus de six ans.
Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg, puisqu’il semble y avoir un lien assez fort entre les deux hommes.
«C’est du business, mais Arthur reste un frère. Après on ira manger ensemble, on ira prier ensemble, on fera tout ensemble», lance d’ailleurs le Français quelques minutes après la fin de la conférence de presse en marge de l’événement qui avait lieu mardi.
À La Mecque
C’est l’entraîneur de Biyarslanov, Samuel Décarie, qui lève le voile sur la relation qui existe entre les deux boxeurs. C’est un peu grâce à lui si Mimoune est entré dans la vie de son protégé.
«Je l’ai fait venir pour préparer Yves Ulysse, qui avait un combat contre un boxeur gaucher. Ils sont allés à La Mecque ensemble, donc ils ont quand même partagé certains moments. Je suis allé en France, j’ai été dans le coin de Mimoune comme cutman et je l’ai croisé à quelques reprises quand j’allais en France avec Christian Mbilli.»
D’ailleurs, Biyarslanov n’était pas chaud à l’idée d’affronter Mimoune, qui est décidément bien plus qu’une connaissance, comme il le laissait entendre avec son air taciturne.
«Quand j’ai averti Arthur qu’il allait se battre contre Mimoune, il m’a demandé si on pouvait prendre un autre gars et je lui ai dit qu’il fallait qu’il voie ça comme une opportunité qu’il lui donnait de progresser dans les classements et de mettre du pain sur la table en faisant voir son talent», a expliqué Décarie.
Le «Problème»
Si Biyarslanov doit laisser l’amitié au vestiaire, c’est parce que Mimoune est un client plutôt compliqué qui se dresse sur son chemin.
«Le surnom de Mimoune, c’est le “Problème”, fait remarquer Samuel Décarie. On a fait plein de devoirs et maintenant c’est l’examen, on va faire face à plein de problèmes. On va regarder combien on arrive à en solutionner et comment on arrive à mettre en place tout ce qu’on a appris, et ça va nous permettre de dire où on en est rendus; et quand le téléphone va sonner, on va être prêts à faire face à n’importe qui.
«On a un gaucher devant nous, quelqu’un qui a une boxe assez élusive, qui est difficile à cerner, qui est capable de boxer à courte distance et à longue distance; et malgré qu’il n’ait que cinq K.-O. à sa fiche, il a blessé tous ses adversaires. Soit il les envoie au tapis, soit il leur fait mal, même si ce n’est pas un gars qui finit l’adversaire avec un coup de poing.»
Les yeux cachés derrière ses lunettes Prada, le Français souligne une fois de plus qu’il s’agira d’une soirée au bureau pour lui.
«Quand je monte sur le ring, c’est comme si je partais en guerre. Je ferme les portes et je les rouvrirai quand la cloche aura sonné après le 10e round.»
Le Michael Jordan de la boxe
En demi-finale de la soirée, on verra le poids lourd (+200 lb) Ouzbek Bakhodir Jalolov (14-0, 14 K.-O.), qui est un protégé de Top Rank, le partenaire américain d’Eye of the Tiger Management (EOTTM). Il sera opposé au Français David Spilmont (16-8-1, 11 K.-O.).
La présence du double champion olympique sur la carte soulève beaucoup d’enthousiasme chez EOTTM. Il s’agira de son premier combat depuis qu’il a remporté l’or à Paris l’été dernier.
«Je veux que les gens réalisent à quel point on est chanceux d’avoir Jalolov à Montréal. C’est le Michael Jordan de son sport, c’est un prodige de la boxe», a insisté le vice-président de l’entreprise Antonin Décarie.
«Ça fait plus de dix ans qu’il n’a pas perdu un combat chez les amateurs. C’est lui qui va prendre la succession d'[Oleksandr] Usyk», ajoute l’entraîneur Marc Ramsay.