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Après Justin Poirier, voici Philippe Veilleux: pourquoi le Québec produit-il autant de joueurs polarisants?

Photo fournie par Dany Germain/Foreurs de Val-d'Or
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-03-24T04:00:00Z

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Il y a eu Jordan Dumais en 2022 qui, même s’il avait inscrit plus de 100 points à 17 ans dans la LHJMQ, avait dû attendre la troisième ronde avant d’être repêché, notamment en raison de son petit gabarit. Puis, l’an dernier, ce fut au tour de Justin Poirier de devoir patienter jusqu’au cinquième tour, même s’il venait d’inscrire 69 buts en 85 parties, séries incluses.

Cette année, c’est l’attaquant des Foreurs de Val-d’Or Philippe Veilleux qui polarise en vue du prochain repêchage. Le petit attaquant de 5 pi 9 po vient au troisième rang des pointeurs de la LHJMQ avec 84 points en 62 matchs, soit autant que Caleb Desnoyers, considéré comme le meilleur espoir du circuit et un potentiel choix dans les cinq premiers en juin prochain.

Dans le cas de Veilleux, c’est différent, alors que l’opinion des recruteurs de la LNH semble différer de façon assez contrastante avec ce que l’on peut lire sur les réseaux sociaux. 

Déjà, certains sites indépendants parlent de Veilleux comme d’un potentiel vol au prochain repêchage, en raison du fait qu’on ne s’attend pas à ce qu’il soit repêché plus tôt que la troisième ronde.

Au collègue Nicolas Cloutier de TVA Sports, Veilleux a même assuré ne pas comprendre pourquoi il n’était pas classé aussi haut que les meilleurs espoirs de la LHJMQ, Caleb Desnoyers et Justin Carbonneau, qui semblent destinés à devenir des choix de premier tour, en juin prochain. 

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«Moi, je sens que j’appartiens à leur groupe. C’est drôle, parce que le monde ne réalise pas que je suis au même niveau que ces gars-là. Des fois, ça me fait capoter un peu», avait-il assuré avec confiance.

Un préjugé anti-LHJMQ? 

On semble donc tout droit se diriger vers un autre scénario à la Dumais et Poirier. D’ici au repêchage, on aura, d’un côté, les gens qui rappelleront les chiffres impressionnants de Veilleux et, de l’autre, ceux qui s’offusqueront du fait qu’il n’est pas classé plus haut dans certaines listes.

Ainsi semble aller la vie, au Québec, depuis quelques années. Mais qu’est-ce qui explique que ce genre de joueur revienne souvent au Québec? Est-ce un cas de préjugé anti-LHJMQ?

«Il faut arrêter de pleurer sur notre sort», tempère un recruteur au bout du fil, qu’on appellera recruteur no 1 pour les besoins de la cause. «Il y a plein d’autres gars, partout ailleurs, qui font des points, mais qui vont sortir plus tard au repêchage. On a toujours l’impression que c’est pire ici.

«Il faut arrêter de valoriser les chiffres. Justin Carbonneau, même s’il ne fait pas de point, il va trouver le moyen d’avoir un impact dans un match. C’est ça qu’on regarde.»

Il faut lâcher les stats 

Autant Dumais que Poirier, depuis quelques années, servent d’exemple à ceux qui estiment que les joueurs de la LHJMQ ne bénéficient pas d’un traitement équitable par rapport aux joueurs des autres ligues.

À tort ou à raison.

Le but ici n’est pas de rabaisser ou de critiquer Dumais, Poirier ou Veilleux, au contraire, mais plutôt de tenter de comprendre pourquoi ce genre de joueur polarise autant, chaque année.

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Un autre recruteur interrogé, qu’on appellera recruteur no 2, le reconnaît: les dernières années de vache maigre de la LHJMQ n’ont pas aidé à vendre les joueurs du circuit aux recruteurs en chef à travers la LNH.

Si, par exemple, Poirier avait vécu son année de repêchage en même temps que plusieurs excellents espoirs dans la LHJMQ, son rang de sélection aurait-il pu être plus élevé?

Peut-être, concède-t-il.

On lui cite d’ailleurs l’exemple d’un autre petit joueur, Cameron Schmidt, qui mesure 5 pi 7 po et qui évolue dans la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL). Plusieurs estiment qu’il entendra son nom dans les deux premières rondes, peut-être même au premier tour. On dit aussi de lui qu’il est un meilleur patineur que Poirier.

«Il va peut-être sortir plus vite au repêchage. Il y a peut-être un facteur WHL. Les dépisteurs en chef vont se déplacer dans les ligues où il y a beaucoup de joueurs de haut niveau à épier. C’est sûr que ça aide les joueurs qui y évoluent. Au Québec, on ne produit pas assez de joueurs et ça nous fait mal.»

Pas le profil typique recherché 

Mais ça ne change rien au fait qu’à la base, autant Dumais que Poirier et Veilleux ne cadrent pas complètement dans le profil recherché par les équipes de la LNH et c’est pourquoi ils sont classés plus loin, et ce, même s’ils en mettent plein la vue lors de certaines séquences.

«Caleb Desnoyers, Justin Carbonneau et Bill Zonnon ont une chose en commun: ils ont un potentiel LNH. Et tu sais quoi? Ils vont sortir aux bonnes places. Desnoyers va sortir top 10, Carbonneau au milieu de la première ronde et Zonnon à la fin de la première ou au début de la deuxième. Ils n’auront pas été mal évalués, parce qu’ils ont un potentiel pro.»

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