Après deux saisons difficiles, l’olympien Miha Fontaine a accepté l’aide d’une préparatrice mentale


Richard Boutin
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Porté par un succès précoce alors qu’il a remporté une médaille aux Jeux olympiques de Pékin en 2022 à l’âge de 18 ans seulement, le sauteur acrobatique Miha Fontaine a découvert un autre aspect de la vie d’athlète au cours des deux dernières années.
Pour la première fois de sa carrière, Fontaine a connu des échecs et il s’est décidé à travailler avec la préparatrice mentale Christiane Trottier. «Plus jeune, tout se faisait facilement et j’étais toujours à mon mieux quand j’augmentais le degré de difficultés de mes sauts et que les attentes augmentaient. Je pensais que je n’avais pas besoin d’aide.»
À son retour de Pékin, où il a remporté le bronze à l’épreuve par équipe mixte en compagnie de Marion Thénault et Lewis Irving, Fontaine a toutefois découvert une nouvelle réalité. «J’ai dû frapper un mur pour réaliser que j’avais besoin d’aide, a illustré le fils de l’olympien Nicolas Fontaine. Je n’avais jamais connu de moments difficiles et c’est pourquoi ce fut aussi difficile de rebondir rapidement.»
«Ces moments difficiles sont survenus à un bon moment, d’ajouter Fontaine. Les sélections olympiques débutent en janvier et j’ai deux saisons pour me reprendre. Je vais arriver plus fort aux Jeux de Milan Cortina.»
Nouvelle approche
Fontaine a modifié son approche grâce à l’aide de Trottier. «Au lieu de me concentrer sur les résultats, je m’efforce à répéter toujours la même routine, a-t-il expliqué. Sur la route, je ne pensais qu’au ski et c’était devenu trop sérieux. Ça ne marchait pas. Le ski est redevenu une passion et non un travail comme les deux dernières années. Je me considère comme chanceux de faire ce que je fais et la pression a baissé.»
Le sauteur de Lac-Beauport doit toutefois être à l’affût pour que les vieux démons ne remontent pas à la surface. «Cet été à Park City dans une compétition sur la rampe d’eau, j’ai gagné la qualification, a-t-il indiqué. En finale, je me disais que ça me prendrait un saut exceptionnel pour devancer le Chinois. J’ai complètement raté mon saut et j’ai terminé en 12e position.»
«Je dois trouver l’équilibre entre “c’est tellement grave si je rate mon saut” et “ce n’est pas grave”, de poursuivre Fontaine, qui poursuivra ses séances avec Mme Trottier toutes les deux semaines lorsqu’il sera à l’extérieur. Depuis que je ne vise plus la perfection et que j’accepte plus l’erreur, mes sauts sont meilleurs.»
«Meilleur été d’entraînement»
Ennuyé par une blessure à un genou l’été dernier, Fontaine n’avait pas eu une préparation optimale. Ce fut différent cet été. «J’ai connu mon meilleur été d’entraînement, a-t-il affirmé. J’ai effectué trois triples périlleux avec cinq vrilles régulièrement. J’ai même tenté un saut avec six vrilles, mais je ne le ferai pas cet hiver sur la neige. Ça va être pour le prochain cycle olympique parce que je veux m’assurer de tomber les pieds devant.»
Nouvel entraîneur
Bras droit de l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne Jeff Bean, Rémi Bélanger est le nouvel entraîneur de Fontaine depuis cet été. Bean dirigeait Fontaine depuis ses débuts en Coupe du monde.
«On y pensait depuis l’hiver dernier et il n’y a aucun froid, a assuré Fontaine. Ça permet une meilleure répartition des tâches. Rémi me lance des petits défis chaque jour et j’aime son approche.»