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Après Boris et le Brexit, le Bre-entry

Boris Johnson a quitté ses fonctions de premier ministre jeudi dernier, après une foulée de scandales.
Boris Johnson a quitté ses fonctions de premier ministre jeudi dernier, après une foulée de scandales. Photo AFP
Photo portrait de Normand Lester
2022-07-13T09:00:00Z

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Le Brexit a contribué à propulser Boris Johnson au poste de premier ministre. Son mandat chaotique vient de le chasser du 10, Downing Street. La déchéance de Johnson pourrait bien marquer le début de la fin du Brexit.

Pour le réaliser, le menteur invétéré a dit aux Anglais des choses qui étaient trop belles pour être vraies. Maintenant, les coûts du divorce deviennent difficiles à ignorer. La décision de quitter l’Union européenne cause à la Grande-Bretagne des dommages économiques durables.

Les querelles commerciales causées par le Brexit ont laissé le Royaume-Uni avec une inflation plus élevée et une croissance économique plus lente que de nombreux autres pays développés. Les investissements ont décru de 14 % et, à long terme, les exportations et les importations du Royaume-Uni devraient baisser de 15 %.  

Les Britanniques sont menacés de redevenir l’« homme malade de l’Europe » comme dans les années 1970, lorsqu’ils l’ont jointe pour relancer leur économie.

Et l’opinion des Britanniques change à mesure qu’ils découvrent que les Américains se foutent de ce qui leur arrive. Bye, bye l’idée d’une « Anglosphère » économique pour remplacer l’UE.

À quand le Bre-entry ?

Sont-ils prêts à recommencer toute la saga des négociations, des années d’arguments qui vont diviser le pays et consommer ses énergies, pour être réadmis dans l’UE ?

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Et lorsque les Britanniques voudront revenir, ils devront le faire sans l’espoir d’aucune sorte de faveur ou de concessions. La Grande-Bretagne devra accepter l’euro en remplacement de la livre.

D’ailleurs, les conséquences probables du Brexit rendront un retour plus difficile. Avec les Britanniques dehors, l’UE vise une intégration toujours plus étroite, faisant du Bre-entry une perspective moins attrayante.

Certains disent que cela prendra une génération. Mais la politique va maintenant plus vite en Europe, comme en Grande-Bretagne. Un deuxième référendum sur l’indépendance de l’Écosse se profile, moins de sept ans après que cette question a été prétendument réglée « pour une génération ». Une éventuelle Écosse indépendante se joindrait à l’UE.

L’Irlande du Nord y est déjà à mi-chemin. Les différends concernant la mise en œuvre du protocole d’Irlande du Nord sont permanents avec Londres et les relations resteront difficiles dans un avenir prévisible.

L’avenir des Anglais est en Europe

Un récent sondage indique, six ans après le référendum sur le Brexit et plus de deux ans après avoir quitté le bloc, que la plupart des Britanniques voteraient pour joindre l’UE. Quatre-vingt-deux pour cent de ceux qui n’ont pas voté lors du référendum de 2016 disent qu’ils voteraient maintenant pour réintégrer l’Europe. La majorité en faveur de l’adhésion à l’UE est la plus importante parmi les jeunes électeurs, dont 77 % voteraient pour se joindre au bloc.

Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais il me semble inéluctable que les Anglais vont demander – implorer même – aux Européens de les réadmettre dans l’Union. 

« Britannia rules the waves », clame le chant patriotique anglais. À moins d’un Bre-entry, ce sera « The waves rule Britannia ».

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