«Apprendre à gagner»: la contradiction de Martin St-Louis

Jean-Charles Lajoie
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On doit s’interroger sur le niveau de confiance des hommes de Martin St-Louis actuellement.
Montréal dispute le 13e match de sa saison, mardi soir, et il est déjà au cœur d’une deuxième série de défaites, celle-ci de trois consécutives après une vilaine séquence de quatre revers de suite il y a quelques semaines à peine.
C’est là un indicateur du faible niveau de confiance d’une équipe en ses moyens. Et aussi de son manque de leadership fort, tel qu’illustré ici en billet de saison la semaine dernière.
Pourtant tout le monde est là et en santé. Il ne manque en fait que Patrik Laine. Sinon tout l’effectif choisi par l’état-major à l’issue du dernier camp d’entrainement est ici et apte à jouer.
«Apprendre à gagner»... Voilà la nouvelle marotte de Martin St-Louis. Comme je ne suis jamais contre la vertu, je bois ce kool-aid du coach et espère de tout cœur que cette étape ne durera pas trois ans.
J’aimerais toutefois avoir la chance d’entendre Martin définir la notion d’apprendre à gagner et surtout les chemins à emprunter pour se faire.
Mais au fait, que pensent les joueurs dans leur for intérieur lorsqu’ils entendent le coach dire qu’ils ne savent pas comment gagner?
Je trouve que c’est infantilisant de dire d’un groupe de joueurs du niveau de la Ligue nationale qu’ils doivent apprendre à gagner. Tout cela, quelques jours à peine après que le même coach ait déclaré que dans le processus actuel la victoire ou la défaite l’importait peu.
Je suis convaincu que le vestiaire du Canadien renferme son lot de gagnants. Des gars allergiques à la défaite. David Savard en tête avec à ses côtés les Guhle, Matheson, Xhekaj et Hutson. Ajoutons Suzuki qui ne laisse aucun doute sur ses intentions, tout comme Gallagher.
Sont-ils assez nombreux? Sans doute. Sont-ils assez bien encadrés? J’ai de grandes réserves sur ce dernier point.
Si c’est vrai que Martin St-Louis manque d’un vétéran adjoint avec 15-20 ans de métier derrière un banc de la LNH, c’est aussi vrai que le groupe en place manque de quelques vétérans capables de s’assurer que l’objectif est gardé bien en vue par tout le monde, malgré les embuches.
Une fois cela écrit, j’aime que l’on mette en lumière les succès que remporte Pascal Vincent à la barre du Rocket de Laval. Vincent est une acquisition de premier niveau pour l’organisation du Canadien, un don du ciel.
Il abat un travail colossal au développement des jeunes du Rocket. Il les utilise dans toutes les situations, sans peur et sans reproches.
Tout cela est de très bel augure. On peut aussi dire que le Canadien a dans sa filiale de la Ligue américaine un dauphin qui sera prêt à prendre le relais de l’équipe première lorsque la situation le commandera.
Le problème, c’est que certains avancent à tort ou à raison que Pascal Vincent ne peut être le dauphin de Martin St-Louis compte tenu des états de services de l’un et l’autre derrière un banc. Que, dans les faits, ça devrait même plutôt être l’inverse.
Même si mon respect et mon admiration pour Pascal Vincent sont inconditionnels, je refuse de conclure bêtement que si Pascal dirigeait le Canadien à la place de Martin l’équipe en place serait «dans le mix».
Ce qui me ramène à une question existentielle et névralgique: quel est l’espoir du Canadien de rivaliser en niveau de talent dans la Ligue nationale de la saison 2024-2025?
Force est d’admettre que la réponse est déprimante. Que le Canadien ne peut espérer faire mieux que le dernier tiers de la ligue au classement général, qu’il est en déficit de talent brut important. Alors, comment la direction en place a pu en arriver à une si piètre évaluation?