«Antoinette»: Valérie Chevalier signe une introspection sensible avec son neuvième roman


Frédérique De Simone
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Avec Antoinette, son neuvième roman, Valérie Chevalier explore les thèmes introspectifs de la solitude et de l’affirmation de soi, mais aussi de la sororité et de l’amour sous ses différentes essences.
Dans cette ode aux silences et à la solitude choisie, l’autrice plonge dans la vie de sa protagoniste, une femme introvertie, sans quête effrénée d’amour ou d’amitié, dont la nature discrète est en décalage avec le poids imposé par son prénom, l’observant sortir de sa coquille et s’épanouir au contact de ses amies, Inès et Viviane, mais aussi de ses relations parfois éphémères.
«Antoinette, c’est une fille introvertie qui ne subit pas la solitude qu’elle vit. Elle l’a choisie», a décrit l’autrice en entrevue avec l’Agence QMI, qui souhaitait, avec ce petit dernier, traiter d’amour de soi.

«J’avais envie de me mettre dans la tête de quelqu’un qui est solitaire, mais qui est heureux là-dedans, qui n’est pas une reject. Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas d’amies, ce n’est pas parce qu’elle n’a pas de gens autour d’elle: c’est un choix dans lequel elle est bien», a ajouté l’écrivaine à succès.
Né d’un élan créatif à la sortie d’un studio de doublage, ce neuvième ouvrage se déploie dans une forme plutôt différente de ses précédents récits, mais non étrangère à sa plume sensible et réconfortante.
«Je pense que, comme créatrice, j’ai besoin de me donner des défis. J’ai souvent parlé du sentiment amoureux, des relations amicales aussi, mais je n’avais pas encore abordé ça sous cet angle-là», a raconté l’autrice, chroniqueuse à Salut Bonjour et animatrice à Rythme FM.
«En ce moment, ce que j’ai envie d’écrire, c’est peut-être plus introspectif. Il y a plus de réflexion, peut-être un peu moins de dialogue. Je pense que les livres que j’écris sont aussi plus alignés avec ce que je suis et ce que j’ai envie de faire.»

S’accorder avec le fond et la forme
En écrivant son récit à la deuxième personne, Valérie Chevalier se permet de jouer avec l’inconfort des lecteurs, mais aussi de mieux traduire celui de son personnage principal au début du récit.
«La forme stylistique place le lecteur dans une position différente, un peu inconfortable. C’est aussi la position d’Antoinette par rapport au monde», a-t-elle dit, ajoutant qu’elle accordait ainsi le fond à la forme.
«Il y a des gens qui ne se mettent pas au centre de leur propre vie. Un livre au “je”, c’est centré sur la personne qui expérimente les choses, qui les raconte. L’idée de le raconter au “tu” mettait le personnage un peu en décalage. On ne sait pas trop qui est cette personne, comment elle réfléchit», a-t-elle poursuivi.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’autrice emploie ce genre d’écriture. Elle l’a notamment utilisé dans La théorie du drap contour, il y a maintenant presque 10 ans.
Quant au prénom Antoinette, il s’est imposé de lui-même, a soutenu l’autrice.
«J’aimais qu’Antoinette soit une personne introvertie qui ne voulait pas nécessairement d’attention. Le fait qu’elle en reçoive autant à cause de son prénom exacerbait son désir de se retirer du regard des autres et de trouver la paix», a-t-elle expliqué.
«Quand tu as un prénom particulier, il y a toujours un commentaire qui vient des autres. Les gens se permettent une intrusion, posent un regard sur toi. C’était tout simple, mais c’était une bonne façon de mettre en lumière cette confrontation que vivent des personnes introverties ou plus solitaires, qui ne veulent pas nécessairement porter de jugements sur les autres. Ça a simplement positionné et solidifié leur besoin d’isolement et de solitude choisie», a poursuivi la comédienne aux multiples talents.
Valérie Chevalier animera le cabaret L’Amour avec un grand A au Salon du livre de Montréal, le 21 novembre prochain, aux côtés de Dany Laferrière, Marie-Christine Chartier, Yves Labonté, Kanic, Lynda Dion et Carle Coppens.
Antoinette
Valérie Chevalier
Éditions Hurtubise
216 pages