Antoine Roussel: «Les Staal ne sont pas forcément intelligents»
L'ancien joueur de la LNH pourfend les frères Eric et Marc Staal, qui ont refusé de porter un chandail de la fierté pour des motifs religieux


Dave Lévesque
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Antoine Roussel a pourfendu les frères Eric et Marc Staal en affirmant que leur refus de porter un chandail de la fierté était un manque flagrant d’intelligence.
Dans une montée de lait bien sentie lors de l’épisode de vendredi de La Poche Bleue, l’ancien joueur de la Ligue nationale de hockey est revenu sur la controverse provoquée par la décision des deux frères de ne pas participer à l’échauffement des Panthers de la Floride, jeudi soir, parce que c’était la soirée de la fierté et qu’ils auraient dû porter un chandail spécial.
Ils ont cité des motifs religieux pour expliquer leur décision.
«Je m’excuse du terme, mais il ne faut pas tout le temps que ta vie soit gouvernée par le Lord [le Seigneur], a lancé Roussel. Tu ne te responsabilises pas de tes décisions, tu te caches derrière la religion et tu n’es pas intègre, dans le sens où c’est quelqu’un d’autre qui prend les décisions pour toi.
«Pour moi, c’est un manque flagrant d’intelligence quand tu agis de la sorte. Quand je pense aux Staal, je pense à deux gars qui ne sont pas forcément intelligents.»

Absurde
Les deux frères ont expliqué leur décision dans un communiqué de presse diffusé par les Panthers.
Toutefois, après la rencontre, un journaliste a demandé à Eric Staal pourquoi il avait pris cette décision, alors qu’il avait porté un chandail du même type quand il jouait avec le Canadien, en 2021.
Sa réponse: «Je n’ai jamais porté de tel chandail.»
Et pourtant, une vidéo a rapidement circulé, montrant l’aîné des frères Staal sautant sur la glace avec un chandail bleu poudre orné d’un logo du CH et de numéros aux couleurs de l’arc-en-ciel.
«Il n’avait pas les balls [couilles] de le faire à Montréal parce qu’il s’est dit que ça prendrait de l’ampleur médiatique», a laissé tomber Roussel.
«C’est sûr que les gens s’en rappellent. Il ne faut pas prendre les gens pour des valises», a ajouté Pascal Leclaire, qui était l’autre invité de l’émission.
Pour la petite histoire, le maillot est bien réel puisqu’il a ensuite été vendu dans un encan caritatif pour la somme de 750$.

Provorov, le premier
C’est un dossier qui est en train de devenir une patate chaude pour la LNH. Plus tôt cette semaine, les Blackhawks de Chicago ont décidé de ne pas porter le chandail. Le week-end dernier, le gardien James Reimer, des Sharks de San Jose, a fait de même en citant lui aussi des motifs religieux.
Il semble que ce soit un effet de la décision d’Ivan Provorov, des Flyers de Philadelphie, qui avait décidé en janvier dernier de ne pas porter le chandail, toujours pour la même raison.
«J’ai quasiment plus de respect pour Provorov parce qu’il l’a fait en premier, a martelé Roussel, en poursuivant sa diatribe sur le cas des frères Staal. Dans leur cas, ça me dérange parce que ce sont des gars qui suivent le petit train.
«Il [Eric] manque complètement d’intégrité, surtout qu’il l’a fait à Montréal. Ça m’a vraiment dérangé. Ces joueurs-là se cachent derrière leur religion.»
Une différence
Pascal Leclaire a été plus mesuré, mais s’est tout de même rangé derrière son ancien rival. L’ancien gardien a déploré l’égocentrisme de nombreux joueurs.
«Je trouve que les joueurs aujourd’hui oublient qu’ils représentent plus que leur petite personne. Tu représentes un sport, une organisation, une communauté, une ville où tu joues.»
Leclaire estime que la décision de porter le chandail va bien au-delà des croyances.
«Je suis d’accord que tout le monde a le droit de prendre ses décisions. Mais en même temps, les quinze minutes où tu mets un chandail dans l’échauffement peuvent tellement affecter les gens positivement. Je suis vraiment déçu des joueurs qui ne le font pas parce qu’ils ne sont pas capables de regarder plus loin que leur petite personne et leur religion.»