Anthony Duclair veut changer la couleur du hockey

Andy Mailly-Pressoir
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Opéré au tendon d’Achille l’été dernier, Anthony Duclair n’a pas encore joué un seul match cette saison, ce qui lui a permis de se concentrer sur un projet qui lui tient à cœur.
Voyez le reportage d'Andy Mailly-Pressoir dans la vidéo principale ci-dessus.
En plein Mois de l’histoire des Noirs, l’attaquant de 27 ans vient de lancer la Fondation Anthony Duclair pour promouvoir l’inclusion et la diversité dans le hockey.
Sur le toit d’un hôtel de Fort Lauderdale, Bill Zito, Seth Jones, Aleksander Barkov, Kevin Bieksa, Terrell Owens, Ron MacLean et Sarah Nurse sont notamment réunis pour supporter la cause d’Anthony. Sa mission: permettre aux enfants noirs, autochtones et personnes de couleur (NAPDC) de la Floride et du Québec de jouer au hockey.
Son organisme entend construire des surfaces de hockey-balle, fournir de l’équipement et payer des frais d’inscription. Les Panthers de la Floride ont d’ailleurs déjà fait un don de 100 000$ à cette dernière.
Au micro, Anthony nous partage son parcours au hockey mineur qui fut parfois difficile dans certains arénas du Québec, lui qui a grandi à Pointe-Claire. Il se rappelle des nuits à ne pas trouver le sommeil parce qu’un parent et des joueurs l’ont traité de singe.
Il se souvient aussi des attaques gratuites que lui et son petit frère Christopher ont dû endurer pendant des années, en raison de leur couleur de peau. Aucun enfant ne devrait vivre pareil cauchemar. Encore en 2023, le hockey n’est pas pour tous.
Little Haiti
Après avoir joué pour 5 équipes différentes dans les 5 premières années de sa carrière, aujourd’hui, c’est en Floride que le Québécois d’origine haïtienne a trouvé son deuxième «lakay», sa deuxième maison. C’est d’abord la communauté haïtienne de Little Haiti, quartier à Miami, qui lui a ouvert les yeux.
Little Haiti, c’est le cœur culturel de la diaspora haïtienne, mais aussi un des quartiers les plus pauvres de Miami. On se laisse toutefois vite charmer par son Caribbean Marketplace, ses restaurants antillais colorés et l’accueil chaleureux des gens qui y habitent.
Pour Anthony, la connexion fut instantanée. C’était comme de retrouver sa famille, ses tantes, ses cousins. Pour certains membres de la communauté, il s'agissait d'un premier contact avec un joueur de la LNH. Un échange organique, naturel.
Un pari payant
En 2020, au terme d’une saison de 23 buts en 66 matchs avec les Sénateurs d’Ottawa, Anthony Duclair avait pris un pari risqué. Âgé de 25 ans, il congédiait son agent Philippe Lecavalier pour se représenter lui-même.
Oui, un pari risqué. Au final, un pari qui lui a permis de signer un contrat de 3 ans évalué à 9 millions $ avec les Panthers de la Floride, en 2021. Sa première vraie stabilité dans la LNH.
Anthony a ensuite connu en 2021-2022 sa meilleure saison en carrière avec 31 buts et 58 points en 74 matchs. Je me rappelle avoir demandé l’an passé à Aleksander Barkov de me nommer ce qui l’impressionnait le plus chez son coéquipier.
Le Finlandais m’avait répondu deux choses: son coup de patin et son éthique de travail. Je me demande ce qu’en pense aujourd’hui John Tortorella...
Depuis plus de trois mois, son préparateur physique montréalais, Wladimir Afriani, habite avec lui à Miami. L’entraîneur s’assure au quotidien que son client retrouve sa force et sa mobilité. Si sa réhabilitation se passe bien, Duclair devrait revenir au jeu dans les prochaines semaines.
Au grand plaisir de ses nouveaux fans de Little Haiti.