Anthony Calvillo inspiré par... Rocky Balboa


Benoît Rioux
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Si la saison 2023 des Alouettes avait les allures d’un grand film sportif, avec en apothéose la conquête de la Coupe Grey par une équipe sous-estimée, le coordonnateur offensif espère maintenant une suite ressemblant aux succès connus par la série Rocky.
«Mon film préféré [de la série Rocky] demeure probablement le premier, mais j’aime aussi celui avec Mister T, qui est le troisième, dit Calvillo. Quand il va en Russie et qu’il s’entraîne dans les montagnes, dans Rocky IV, c’est vraiment cool aussi... Dans son ensemble, c’est une grande série de films!»
Cinéphile à ses heures, Calvillo trace un autre parallèle avec le septième art au moment de parler du défi se dressant devant le club montréalais, qui souhaiterait évidemment remporter un deuxième championnat consécutif. L’ancien joueur, qui occupe également le poste d’entraîneur des quarts-arrière avec les Alouettes, dit avoir adoré le film My Big Fat Greek Wedding, pour lequel il n’avait aucune attente lors de la sortie en 2002, mais les suites (en 2016 et 2023) avaient été plutôt décevantes.
«Comment peut-on maintenir le succès? C’est la clé et ça commence avec nous, les entraîneurs, résume-t-il. Nous n’avions pas d’attentes provenant de l’extérieur, l’an dernier, mais dans notre vestiaire, on y croyait. Ça part de là. Encore cette année, je ne sais pas si, à l’extérieur, on voit les Alouettes remporter le championnat, mais les attentes sont certainement plus élevées qu’avant le début de la saison 2023.»

«Ça demeure du bruit venant de l’externe. Pour nous, les entraîneurs, le défi est de convaincre les joueurs que ça ne change rien si on a gagné l’an dernier. C’est le temps de regarder vers l’avant, de pousser tout le monde, et de rappeler que nous ne serons pas heureux tout simplement en raison de la conquête de 2023.»
Le prochain championnat
Après un grand film, il faut donc éviter de produire un navet... Calvillo était d’ailleurs le quart-arrière des Alouettes lors des conquêtes successives de 2009 et 2010 par le club montréalais.
«J’aime donner l’exemple de 2010 alors que l’entraîneur-chef était Marc Trestman. L’élément le plus important pour lui n’était pas de répéter l’exploit de la saison précédente, car nous avions une différente équipe avec de nouveaux joueurs. On ne se concentrait pas sur la possibilité d’y aller d’une deuxième conquête consécutive, mais plutôt sur le désir de gagner le prochain championnat, tout simplement. Le message est différent.»
«Pour chaque équipe, le plus gros défi, c’est d’afficher de la constance, d’insister Calvillo. Nous avons construit une bonne base à cette équipe, l’an dernier, avec Danny [Maciocia], Jason [Maas] et tout le personnel d’entraîneurs. Maintenant, nous voulons bâtir par-dessus ça.»
Maintenir l’appétit
Pour Calvillo, le secret du succès réside, en grande partie, dans la connexion entre les joueurs, mais aussi avec tous les membres d’une équipe.
«Ç’a aussi été comme ça dans les équipes où j’ai joué dans le passé, affirme-t-il. Plus un groupe est tissé serré, plus les gars jouent les uns pour les autres. J’y crois fermement. C’est la culture qu’on a voulu installer à Montréal et il faut la maintenir avec les nouveaux joueurs qui s’ajouteront.»
«Ceux qui étaient là, l’an dernier, ne peuvent se satisfaire et se réconforter avec ce qu’ils ont fait en 2023. Et je le répète: c’est bien de gagner un match, ici et là, mais le plus dur, c’est d’y arriver de façon constante. C’est ce qui sépare les équipes moyennes des grandes formations. Il faut avoir la discipline et le dévouement pour la victoire. Ce serait humain pour un athlète d’aborder la prochaine saison en étant plus calme et en se disant qu’il a remporté la Coupe Grey l’an dernier, mais il y a huit autres équipes qui ont faim pour aller chercher le championnat. Notre défi est de maintenir cet appétit.»
Rocky Balboa, lui, avait toujours faim pour la victoire.