Ann-Renée Desbiens: une saison digne des Plante, Théodore et Price

Benoît Rioux
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Toute proportion gardée, la Québécoise Ann-Renée Desbiens est peut-être en voie d’accomplir dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) ce que Jacques Plante, José Théodore et Carey Price ont réussi avant elle à Montréal dans la LNH: remporter le titre de meilleure gardienne et celui de joueuse la plus utile à son équipe.
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Desbiens et ses coéquipières seront de passage au Centre Bell samedi après-midi, et l’athlète de 30 ans originaire de la région de Charlevoix pourrait profiter de cette tribune pour obtenir un peu plus de reconnaissance, alors qu’elle poursuit sa formidable saison.
Le menu du jour est alléchant pour ce match de la Victoire: le Fleet de Boston sera le club visiteur, alors que Montréal domine le classement de la LPHF, grâce à 13 victoires, dont 10 en temps réglementaire, en 18 matchs.
«Le classement peut changer rapidement, on ne prend rien pour acquis, prévient toutefois Desbiens. C’est bien d’être au sommet du classement, mais notre objectif, c’est de continuer de s’améliorer en vue des séries.»
Dans son cas, on voit toutefois mal comment Desbiens pourrait encore embellir ses statistiques actuelles, soit une moyenne de buts alloués de 1,75 et un taux d’efficacité de ,936. La gardienne du Fleet, Aerin Frankel, est d’ailleurs la seule à montrer des chiffres qui s’en rapprochent un peu, dont une moyenne de 1,89.
Un duel de gardiennes
Si le duel entre Desbiens et Frankel se confirme, les buts pourraient être rares samedi au Centre Bell. À ce chapitre, les joueuses de la Victoire ont récemment éprouvé des difficultés à l’attaque, inscrivant un total de quatre buts à leurs trois derniers matchs.
«L’objectif, c’est toujours de garder ton équipe dans la partie le plus longtemps possible, fait valoir Desbiens. Quand ton club tire de l’arrière, il faut tenter de conserver l’écart à un seul but, pour que l’équipe puisse revenir de l’arrière.»

Si la recette semble simpliste, elle est drôlement efficace pour Desbiens depuis le début de la saison, comme le prouvent ses 10 victoires en 13 départs.
«J’essaie d’être là pour calmer mes coéquipières, quand elles en ont besoin, comme elles peuvent elles-mêmes le faire, si ça va moins bien pour moi», d’ajouter la gardienne.
Devant Miller et Fillier?
En 1962, dans l’uniforme du Canadien, le légendaire Jacques Plante raflait les trophées Vézina et Hart. Théodore allait faire de même en 2002, puis Price en 2015. Dans la LPHF, Kristen Campbell, du club de Toronto, a remporté le trophée remis à la meilleure gardienne en 2024 grâce à ses 16 victoires, une moyenne de buts alloués de 1,99 et un taux d’efficacité de ,927. Ces statistiques n’ont toutefois pas été suffisantes pour devancer sa coéquipière Natalie Spooner, auteure de 27 points en 24 matchs, pour le trophée Billie Jean King, remis à la joueuse la plus utile.

En poursuivant sur sa lancée, Desbiens pourrait très bien être la première gardienne à signer un doublé historique dans le circuit féminin. Les attaquantes Hannah Miller, des Sceptres de Toronto, et Sarah Fillier, des Sirens de New York, conservent un rythme supérieur à un point par match durant la présente saison, mais la gardienne québécoise est peut-être celle qui a le plus d’impact sur les résultats de son équipe. La numéro 35 voudra faire de même samedi au Centre Bell, devant des gradins qui s’annoncent bien remplis.