Tous les résultats
Publicité

Canoë-kayak: Andréanne Langlois a trimé dur pour se rendre aux Jeux de Tokyo

Andréanne Langlois lors des Jeux de Rio en 2016
Andréanne Langlois lors des Jeux de Rio en 2016 Photo d'archives, AFP
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2021-08-02T19:02:47Z

Partager

TOKYO | La kayakiste Andréanne Langlois apprécie davantage sa qualification pour les Jeux de Tokyo que sa réalisation de 2016 à Rio.

• À lire aussi: Volleyball aux Jeux de Tokyo: le Canada en quête de sa revanche face à la Russie

• À lire aussi: Jeux de Tokyo: l’équipe canadienne de soccer vainc les États-Unis et atteint la finale

• À lire aussi: Jeux olympiques de Tokyo: aucune barre soulevée par l’haltérophile transgenre Laurel Hubbard

La kayakiste native de Lac-Beauport qui porte les couleurs du club de Trois-Rivières a vécu un parcours la menant à Tokyo parsemé d’écueils. «C’est plus gratifiant de me qualifier cette année qu’en 2016, explique Langlois. J’ai emprunté le parcours du combattant pour me qualifier pour Tokyo alors qu’il s’agissait d’une surprise que je sois à Rio. Mon chemin a été parsemé d’embûches qui m’ont fait grandir comme personne.»

Victime d’épuisement professionnel qui l’a tenue à l’écart pendant plus d’un an, Langlois a maintenant une perception fort différente. «Avant, je me considérais uniquement comme une athlète et je m’évaluais en fonction de mes performances. Je n’oublie plus, maintenant, l’humain. Nous ne sommes pas des robots et je ne me sens plus mal si j’ai des problèmes dans la vie ou si je connais une mauvaise journée d’entraînement.»

Publicité

Langlois utilise une image qui résume très bien ce qui lui est arrivé en 2018 quand elle a pris une pause de l’équipe nationale avant de revenir à la compétition à l’automne 2019. «J’étais comme une cannette de Pepsi qu’on brasse et qu’on brasse encore et ça m’a explosé dans la face. Ç’a fait mal. Je me définissais comme Andréanne la kayakiste. C’est payant à court terme de faire des sacrifices, mais c’est difficile à long terme. J’ai consulté le psychologue sportif de Canoë Kayak Canada (CKC) et c’est encore le cas.»

«Après 22 ans dans le kayak, il fallait que ça pète un jour, de poursuivre Langlois qui a pris le départ des préliminaires en K-1 200 m, dimanche. J’ai toujours été une fille très intense et très exigeante. Avec la fatigue, ça formait un cocktail Molotov.»

Nouvelle Andréanne

Ce temps d’arrêt lui a permis de placer les choses dans leur perspective. «Je ne suis plus du tout la même personne, affirme-t-elle. Je suis pas mal plus relaxe et je n’accumule plus. J’extériorise mes sentiments. Je suis plus à mon écoute et c’est payant à long terme. Quand ça ne va pas bien, tu dois être gentille avec toi-même et te traiter ou te parler comme tu le ferais avec ta meilleure amie.»

Langlois est dans un bon état d’esprit, mais elle sait qu’elle doit être vigilante. «Plus je suis fatiguée, plus les vieux démons reviennent, résume-t-elle. Je dois rendre silencieuse cette voix négative. C’est un combat quotidien. Je vais toujours être exigeante, mais tu dois être gentille avec toi-même, sinon tu t’en sors pas.»

Publicité

Si elle s’est battue pour retrouver un meilleur équilibre, la kayakiste s’est aussi battue pour gagner sa place à son retour. «Je me suis battue de A à Z pour retrouver mon poste sur l’équipe nationale, image-t-elle. Je me suis battue chaque jour et j’ai gagné ma place. À mon retour, je me sentais comme la petite nouvelle, même si j’avais fait 15 ans dans l’équipe. Certaines personnes étaient frustrées de mon retour, alors que d’autres étaient contentes que j’aie priorisé ma santé.»

«CKC a été pris de court avec ma situation, mais ils ont réalisé que tout le monde pouvait vivre des troubles de santé mentale, d’ajouter Langlois. Même si la santé mentale demeure un sujet tabou, les ressources ont augmenté.»

Top 5

Langlois croit possible que le K-4 500 m atteigne la finale A. «Nous avons de gros, gros objectifs. On est confiantes d’atteindre la finale, mais on vise un Top 5. On va s’aligner sur la ligne de départ pour gagner, et avec le couteau entre les dents. En 2016, on partait vite, mais on mourrait avant la fin. On a changé de tactique.»

À VOIR AUSSI

Publicité
Publicité