Andréanne A. Malette: célibataire, elle flirte avec l’idée d’être maman en solo.
Andréanne A. Malette a coécrit la chanson «Les frontières» avec son complice musical Antoine Lachance. Pour plus de détails sur la tournée de spectacles: https://andreanneamalette.com/
Nathalie Slight
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Un an après la sortie de son lumineux album Les jardins dérangés, Andréanne A. Malette nous offre Les frontières, une chanson aussi personnelle que touchante. Plus enracinée que jamais, l’autrice-compositrice-interprète et productrice est bien décidée à cultiver le bonheur en elle et autour d’elle.
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Andréanne, parle-nous de ta chanson Les frontières...
Cette chanson évoque l’importance de faire un parcours à l'intérieur de soi avant d’aller s'étourdir partout sur la planète. «Prends d'abord la route qui se trouve entre le cœur et la caboche et répare les trous.» J’ai écrit ce texte en pensant à ma sœur, qui habite dans l'Ouest canadien depuis plusieurs années. Elle s’est rendue là-bas pour des raisons personnelles, puis elle n'est jamais revenue au Québec.
Dans cette chanson, tu dis à un moment donné: «Si tu reviens.» Espères-tu toujours que Catherine reviendra un jour s’installer au Québec?
Même s’il m'arrive secrètement de souhaiter qu’elle revienne, je sais au plus profond de mon cœur qu'elle est là-bas pour y rester. Comme elle habite loin, chaque fois qu’on se voit, on passe du temps de qualité ensemble. On ne se tient pas pour acquises. D’ailleurs, je suis due pour aller la visiter. Je pourrais peut-être même faire un deux dans un en allant surfer avec elle à Tofino! Je pense bien qu’un petit voyage en Colombie-Britannique se dessine à l’horizon.
Depuis un an, tu as quitté la ville pour t’installer à la campagne, en Estrie. Ce doit être inspirant pour l’artiste que tu es!
Oui, vraiment. D’ailleurs, Une maison est l’une des chansons les plus personnelles que j’ai écrites jusqu’à présent. Elle fait référence à la maison que j’ai achetée, mais aussi à ma tête, à mon corps, à mon cœur que j’avais besoin de rebâtir. Depuis la sortie de l’album, j’ai reçu plusieurs commentaires du genre: «J’écoute Une maison en boucle. Je braille ma vie, et ça me fait tellement de bien!»
Comment fais-tu pour toucher autant les gens avec tes mots?
J’ai toujours écrit d’instinct, en me basant sur mes expériences personnelles et en observant le monde qui m’entoure. Puis, récemment, j’ai lu Créativité: Un art de vivre, de Rick Rubin, un producteur de disques américain qui a travaillé, entre autres, avec Aerosmith et les Red Hot Chili Peppers. Dans son livre, il explique que plus tu écris une chanson en mode journal intime, plus ça touche le public. Ça m’a confirmé que, lorsque j’aborde des sujets qui me touchent profondément, il y a de bonnes chances que ça résonne dans le cœur des gens.
Lorsque tu as commencé l’écriture de ce quatrième album, tu te demandais si tu pouvais créer des chansons dans le bonheur...
Il faut croire que cette question m’habitait tout au long de la création, puisque dans la chanson Les jardins dérangés, je dis dans le refrain: «Faut-il me briser encore pour faire des chansons?» Visiblement, la réponse est non. Même si je suis heureuse, je peux puiser à l'intérieur et tout autour de moi. Et, bien honnêtement, si mon bonheur m'empêche d'être une artiste, je vais faire autre chose de ma vie. Ma priorité, ce n’est pas de faire de la musique, c’est d’être heureuse!
Et tu l’es présentement!
Oui, vraiment. D’ailleurs, je ne me souviens pas la dernière fois que j'ai pleuré. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais quelque chose s’est déposé en moi depuis quelques mois... J’exerce un métier que j’aime, je suis bien entourée, j’habite un endroit qui m’inspire et je me sens vraiment bien. Peut-être que ça va changer lorsque je rencontrai quelqu’un, mais pour l’instant, rien ne vient ébranler ma vie qui ressemble à un beau lac tranquille.
Cherches-tu l’amour?
Je travaille sur le projet de rencontrer quelqu'un autant que je travaille sur n'importe quel autre projet de vie qui me tient à cœur. Quand un de mes amis souhaite me présenter quelqu’un, je suis ouverte à l’idée. J’ai rencontré des gars super fins, mais aucun ne semblait pouvoir m'offrir une relation plus le fun que ma vie de célibataire! Je ne veux pas me matcher juste pour être en couple. Je crois sincèrement que la personne qui entrera dans ma vie sera extraordinaire.

Il paraît qu’il faut être bien avec soi-même avant de chercher à être bien en couple...
Ce n’est pas parce qu’on est seul qu’on souffre nécessairement de solitude! J’ai toujours un projet en tête, quelque chose pour m’occuper. Et ironiquement, ma maison est un peu à l’image du chaos qui règne dans ma tête. Récemment, au lieu de faire le ménage de mon terrain, j’ai créé un «Frogland» pour les grenouilles qui se promènent autour de chez moi. J’ai creusé un petit bassin, placé des roches, coupé des petits bouts de bois pour leur faire un sentier... Je fais ce qui me rend heureuse!
Ça te permet sûrement de décrocher, puisque ton horaire est chargé cet été, avec ta tournée à travers le Québec!
L’un des avantages de s’autoproduire, c’est de pouvoir choisir la belle équipe qui nous entoure. S’il y a un petit quelque chose qui accroche, on se le dit tout de suite, on n’accumule rien. Comme la communication entre nous est super bonne, ça nous permet d’avoir du gros fun. On est chanceux de s’avoir dans nos vies et on se le répète souvent. Je ne les considère pas comme ma deuxième famille... mais comme ma première famille élargie. Mes parents, ma sœur, mes amis et mon équipe, c’est toute la même affaire pour moi.
Parlant de famille, souhaites-tu avoir un enfant un jour?
J'ai ce désir-là ancré profondément en moi, mais comme je suis célibataire, j’explore différents scénarios pour la toute première fois de ma vie. Je pourrais peut-être me lancer dans cette aventure en solo... J'ai aussi un ami homosexuel célibataire qui désire fonder une famille. Peut-être qu’on pourrait être coparents? Ces idées germent quelque part dans ma tête. Justement, dans mon spectacle, je parle de mon cheminement qui consiste à requestionner mes valeurs et à déconstruire l’idée que je me suis faite d’une vie parfaite.
En terminant, outre ta tournée, quels sont tes projets?
Récemment, j’ai dirigé des ateliers d’écriture en Belgique. Là-bas, j’ai rencontré plusieurs artistes originaires d’Afrique, et ça m’a fait réaliser à quel point le marché musical francophone est grand là-bas. Moi qui souhaite effectuer un safari-photo en Afrique depuis des années, je pourrais peut-être allier ce rêve avec une tournée. Ce qui est le fun avec les rêves, c’est qu’ils se renouvellent à l’infini!