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Analyse: les Sénateurs utilisent-ils Québec pour arriver à leurs fins?

Photo fournie par Gestev
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-01-28T16:31:20Z

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Décidément, quand ce n’est pas en raison d’une subvention gouvernementale, c’est pour d’autres raisons que le passage à Québec d’une équipe de la LNH pendant son camp d’entraînement suscite la controverse.

Lundi, Québecor et les Sénateurs d’Ottawa ont annoncé que l’équipe serait de passage dans la Vieille Capitale pour y disputer une partie de leur camp d’entraînement en septembre prochain, en plus d’y jouer deux parties préparatoires, le 28 face aux Devils du New Jersey, puis le 30 contre le Canadien de Montréal.

Sur place, le président de Gestev, Martin Tremblay, était accompagné du propriétaire des Sénateurs, Michael Andlauer, du président de l’équipe, Cyril Leeder, du défenseur Thomas Chabot et de l’ancien porte-couleurs des «Sens» Antoine Vermette.

Aucun représentant de la classe politique n’y était. Le message était clair et il a été répété à maintes reprises par les intervenants sur place: il n’a jamais été question d’aide gouvernementale, Andlauer lançant même un jab aux Kings en assurant qu’il était tout à fait viable financièrement pour une équipe de la LNH de déplacer ses pénates ailleurs l’instant de quelques jours de camp d’entraînement.

À Québec, la nouvelle a été bien perçue. Les opposants politiques de la CAQ en ont profité pour frapper à nouveau sur le clou de la subvention accordée aux Kings, mais pour les Sénateurs, aucun mot à dire.

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C’est toutefois à Ottawa que ç’a mal passé.

Moyen de pression?

Si la nouvelle a été reçue positivement à Québec, elle a créé une tempête à Ottawa. De nombreux partisans ont décrié le fait que M. Andlauer avait évoqué la possibilité que les Sénateurs disputent des matchs de saison régulière à Québec à l’avenir. Le chandail hybride de la mascotte Spartacat, à moitié Sénateurs, à moitié Nordiques, a aussi mal passé.

Image tirée du compte X des Sénateurs d'Ottawa
Image tirée du compte X des Sénateurs d'Ottawa

Plusieurs partisans y ont vu une stratégie des Sénateurs pour mettre de la pression sur les autorités locales afin d’en venir à une entente pour la construction d’un nouvel amphithéâtre sur les plaines LeBreton.

Le Ottawa Sun écrivait, en page frontispice mardi matin, en grosses lettres et en français : «NON MERCI» alors qu'on voyait en arrière-plan un photomontage de Brady Takchuk dans l'uniforme des Nordiques.

La page frontispice du Ottawa Sun, mardi matin.
La page frontispice du Ottawa Sun, mardi matin. Capture d'écran du Ottawa Sun
Des partisans nerveux

D’un côté, on peut comprendre cette base de partisans d’être nerveuse. Les rumeurs entourant le départ des Sénateurs vers une autre ville, notamment Québec, circulent depuis des années. 

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Le sport rend émotif, c’est normal.

Mais quand on regarde cela froidement, sans émotion et en écoutant ce que les intervenants ont mentionné depuis lundi, difficile d’y voir un moyen de pression.

Premièrement, Michael Andlauer a été catégorique en point de presse, au Centre Vidéotron, en assurant que les Sénateurs ne déménageraient pas à Québec. Puis, devant la tempête, le président de l’équipe, Cyril Leeder, a lui aussi dû prendre la parole.

Sur son compte X, il s’est excusé d’avoir insulté les amateurs avec l’idée du chandail des Sénateurs-Nordiques sur la mascotte de l’équipe. Puis, il a lui aussi assuré qu’il n’était en aucun cas question de déménager les Sénateurs.

«L’équipe ne bougera pas. Point. [À part, espérons-le, au centre-ville.]»

Si tu veux mettre de la pression sur une Ville, tu ne vas pas clamer haut et fort que les chances sont nulles que l’équipe déménage.

Une décision d’affaires

Il faut le dire: qu’une équipe utilise Québec pour parvenir à ses fins, c’est déjà arrivé. Edmonton et Calgary ont déjà brandi la menace «Québec» quand ils tentaient d’obtenir le financement pour un nouvel amphithéâtre.

À l’interne, Québecor n’a jamais senti une quelconque stratégie pour utiliser Québec de la part d’Ottawa, nous dit-on.

La stratégie des Sénateurs semble donc de se rapprocher des partisans francophones, ce qui cadre avec ce qu’Andlauer avait mentionné dès son arrivée en poste, un aspect qui, juge-t-il, a été négligé par l'ancienne garde.

De plus, sur le plan affaires, jouer des matchs à Québec permettrait non seulement de percer un nouveau marché pour y gagner de nouveaux partisans, mais aussi de créer de la rareté dans son marché en retirant deux matchs locaux du calendrier.

Pendant ce temps, à Québec, tout le monde est content.

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