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Le BBQ coûtera jusqu’à 30% plus cher cet été

Photo portrait de Mathieu Boulay
2026-04-22T04:00:00Z

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Merci au conflit au Moyen-Orient, les amateurs de BBQ devront payer plus cher leur pièce de bœuf durant la saison estivale.

Au fil des années, les consommateurs ont souvent eu à composer avec des hausses de prix pour le bœuf à l’aube de l’ouverture de la saison des grillades. Les contre-filets, les bavettes et l’onglet sont particulièrement touchés cette année avec des augmentations entre 15 et 30 %.

« Tous mes fournisseurs ont augmenté leurs prix, explique Carlos Dighlawi, qui est propriétaire de la boucherie et poissonnerie Terre et Océan. Je n’ai pas le choix de refiler une partie de la hausse à mes clients. »

Parmi les trois pièces de viande, c’est le contre-filet qui a encaissé la plus grosse augmentation. Il y a à peine deux semaines, il l’affichait à 49,99 $ le kilo. Mardi, il était à 63,99 $.

« Avec la belle température, mes morceaux ont trouvé preneurs quand même, ajoute-t-il. Les clients savent ce qu’ils vont manger. »

François Pineault, boucher associé chez Boucheries Côté, affirme que les surcharges des frais de transport se font sentir depuis quelques semaines.
François Pineault, boucher associé chez Boucheries Côté, affirme que les surcharges des frais de transport se font sentir depuis quelques semaines. Photo Mathieu Boulay

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Frais de transport qui font mal

Les boucheries n’échappent pas à la hausse des frais de transport pour leurs marchandises.

« Certains de nos fournisseurs, qui ne donnaient pas de surcharge auparavant, ont commencé à le faire, explique François Pineault, boucher associé de Boucherie Côté. Notre facture augmente, mais je me retiens par tous les moyens de ne pas augmenter mes prix. » 

« Si vous achetez une livre de bœuf à l’épicerie, vous allez la payer 1 $ moins cher que chez nous, compare M. Pineault. Cependant, lorsque vous la faites cuire [notre viande], il en reste davantage et le poids est identique à ce que vous avez payé. Le client en a pour son argent », assure-t-il.

Sylvain Charlebois, spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur invité à l’Université McGill, le 31 janvier 2026.
Sylvain Charlebois, spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur invité à l’Université McGill, le 31 janvier 2026. Photo LCN

Vers une stabilité à l’épicerie ?

Pendant ce temps à l’épicerie, le prix du bœuf continue de donner des maux de tête aux clients. Il aurait augmenté de 13 % en un an selon le dernier relevé de Statistique Canada.

« On peut s’attendre à une certaine stabilisation des prix pour les prochains mois, explique l’expert en analyse agroalimentaire de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois. On a une bonne nouvelle parce que le cheptel a recommencé à grossir.

« Ce qui signifie que l’offre pourrait augmenter sur les marchés et possiblement réduire les prix. »

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Nuage noir au-dessus de l’industrie bovine

Martelé de questions sur le coût du panier d’épicerie depuis son entrée en fonction, le premier ministre Mark Carney serait sur le point de signer une entente avec plusieurs pays de l’Amérique du Sud pour l’importation de bœuf de moins bonne qualité en sol canadien.

Selon nos informations, cette entente commerciale entre le Canada et le Mercosur (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay) serait signée d’ici la fin de l’année. Les négociations se sont amorcées en 2018.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Problème d’étiquetage

Avec ce pacte, les Canadiens pourraient obtenir des réductions de prix sur le bœuf à l’épicerie. Toutefois, en raison d’un étiquetage inadéquat, les consommateurs ne connaîtraient plus la provenance de la viande qu’ils ont dans leurs assiettes.

« Je commence à avoir des questions sur la provenance de mes produits, mentionne Carlos Delghawi, propriétaire de la boucherie Terre et Océan. Je suis capable de prouver la provenance avec mes factures et mes boîtes de livraison.

« Pour ce qui est de l’entente, mes fournisseurs m’offrent déjà de la viande du Mexique et de l’Argentine et je refuse systématiquement. »

Il ne croit pas qu’un étiquetage spécial changerait la donne pour les consommateurs.

« Il y a des gens croches partout. Même si tu mets un logo du Québec, ça ne veut pas dire que le produit vient d’ici. Il peut avoir été seulement emballé ici. »

Une industrie mise à mal

Du côté des producteurs bovins du Canada et du Québec, la résistance s’organise. Ils tiennent actuellement des rencontres au sujet de cette entente à Ottawa.

« Les producteurs canadiens de bœuf s’opposent à l’entente Mercosur, qui augmenterait l’importation d’un produit de basse qualité pour les consommateurs canadiens, explique Tyler Fulton sur le site de l’Association canadienne des producteurs bovins.

« Les pays du Mercosur n’ont pas les mêmes standards que nous au niveau de la santé des animaux, de la production ou des mesures de salubrité. »

Rappelons que la qualité du bœuf est inégale en Amérique du Sud, tout comme celle ici. Et que l’Argentine est réputée pour la qualité de sa viande.

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