Tous les résultats
Publicité

Alors que les programmes francophones fermaient en raison des coupures des universités, «il a sauvé le programme à McGill»

Photo courtoisie, McGill Athletics
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2025-02-18T21:15:22Z

Partager

Associé au programme de football des Redbirds de McGill pendant plus de 30 ans, dont 29 comme entraîneur-chef, Charlie Baillie est décédé, lundi, à l’âge de 90 ans.

Au-delà des victoires et de la Coupe Vanier de 1987, une première pour une institution québécoise, Baillie a laissé une marque encore bien plus importante selon le président des Amis de McGill.

«Son plus grand legs est d’avoir sauvé le programme, a déclaré Vincent Gagné. Il a lancé le comité des amis de McGill. Des joueurs des années 1950 et 1960 qui avaient très bien réussi ont cru en lui et ont décidé de l’aider pour maintenir en vie un programme qui était déjà vieux de 90 ans.»

Alors que les programmes francophones fermaient leurs portes au début des années 1970, McGill devait aussi composer avec la fin du financement des universités, mais Baillie a été en mesure de rallier plusieurs diplômés.

«Un bon père de famille»

Des anciens joueurs et entraîneurs qui l’ont côtoyé de près vouent une grande admiration à l’ancien porte-couleurs des Alouettes de Montréal et des Stampeders de Calgary.

Photo fournie par Vincent Gagné
Photo fournie par Vincent Gagné

Publicité

«Charlie traitait tous les joueurs de façon juste et équitable, a raconté le coordonnateur défensif des Carabins de Montréal Denis Touchette, qui a porté les couleurs de McGill de 1983 à 1987. Ce sont de bonnes valeurs et une belle façon de faire, que j’ai tenté de continuer quand j’ai débuté dans le coaching. Il n’était pas loin d’un bon père de famille et il était toujours bienveillant.»

«C’était un gentilhomme qui élevait rarement le ton, de poursuivre l’ancien demi défensif étoile. Il passait son message de façon différente et il avait le respect de tout le monde. On pouvait voir qu’il faisait sentir ses adjoints importants et qu’il avait confiance en eux.»

Un mentor et un ami

Pat Sheahan a perdu un mentor et un grand ami. «J’ai perdu un collègue et un ami, a exprimé l’entraîneur adjoint des Dinos de Calgary. Je lui ai parlé, vendredi, à l’occasion de son 90e anniversaire. Il n’était pas en grande forme. Il m’a dit qu’il ne se sentait pas bien et je savais que la fin n’était pas loin.»

IAN MACALPINE
IAN MACALPINE

Baillie a eu une grande influence sur la carrière de Sheahan. «C’est Charlie qui m’a donné ma première chance en m’embauchant en 1984 comme coordonnateur offensif et entraîneur à temps plein, a-t-il raconté. Je ne l’ai jamais oublié. Notre victoire à la Coupe Vanier en 1987 m’a donné une opportunité de faire progresser ma carrière. J’ai été embauché comme entraîneur-chef à Concordia en 1989 avant de poursuivre à Queen’s. Ce fut une belle histoire qui a débuté à McGill grâce à Charlie.»

Publicité

Coordonnateur défensif lors de cette conquête historique, Larry Ring a vécu un parcours similaire à celui de Sheahan. Il a pris les rênes des Gee-Gees d’Ottawa après son passage à McGill et a connu une longue carrière.

Réception pour les deux équipes

Sheahan conserve un autre précieux souvenir de son ami. «En compagnie de Bruce Coulter (ancien coach émérite à Bishop’s), ils avaient instauré la tradition de tenir une réception d’après-match pour les deux équipes. La compétition était forte, mais le respect était fort. C’était une belle leçon de vie.»

Cette tradition est disparue au début des années 2000 quand Baillie a pris sa retraite.

La Coupe Vanier comme surprise

Touchette a comblé son ancien entraîneur en se pointant dans un pub de Notre-Dame-de-Grâce avec la Coupe Vanier en décembre 2023, quelques semaines après que les Carabins eurent gagné le titre national.

Répondant à une initiative du président des Amis de McGill, qui est aussi un ancien coéquipier, Touchette a retrouvé le petit groupe de proches de Baillie.

«Ce fut l’un de ses plus beaux moments de fin de vie», a confié Gagné.

«Autour de quelques bières, on s’est rappelé de vieux souvenirs et Charlie était content de mettre la main sur la Coupe, renchérit Touchette. Il avait encore toute sa tête.»

Sensibilité envers les francophones

Même s’il ne disait que quelques mots dans la langue de Molière, Baillie avait une grande sensibilité à l’endroit des nombreux francophones qui ont évolué sous ses ordres.

«Il parlait quelques mots de français à gauche et à droite, mais il a toujours porté une attention aux francophones.»

«Parce que sa mère était francophone, Charlie a toujours eu l’ambition de parler français et son fils a joué avec les Diablos de Trois-Rivières, renchérit Gagné. Quand je suis arrivé à McGill en 1984, le référendum de 1980 n’était pas loin dans les mémoires et il y avait parfois de drôles de regards entre les deux solitudes, mais Charlie a été en mesure de créer une excellence chimie d’équipe. Nous étions 12 francophones parmi les 24 partants lors de la victoire de la Coupe Vanier.»

Publicité
Publicité