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Allons enfant de la patrie, le jour de gloire est arrivé

Alexandre Texier: « Je vis le moment présent. Je me donne à 100 pour cent »

Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2026-01-10T00:00:00Z

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Si Alexandre Texier continue sur sa lancée, on va finir par entendre La Marseillaise l’un de ces soirs au Centre Bell. Mon collègue Jonathan Bernier a d’ailleurs entendu un spectateur siffloter le premier vers de l’hymne national français après le deuxième des trois buts de Texier face aux Panthers de la Floride, jeudi soir.

À son arrivée dans le vestiaire, Phillip Danault lui a légué un couvre-chef arborant une tête de loup, qu’il avait reçu lui-même la veille après la victoire du Canadien contre les Flames de Calgary.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est le trophée que le meilleur joueur du Tricolore reçoit de ses coéquipiers après une victoire cette saison.

Le héros de la soirée a bien apprécié l’hommage, mais il était tout de même d’un grand calme pour un gars qui venait de vivre une soirée dont il se rappellera toute sa vie.

Mais vous connaissez le credo des joueurs de hockey. Il ne faut pas s’emballer dans les moments exaltants comme il ne faut pas s’apitoyer sur son sort dans les périodes pénibles.

Texier l’a d’ailleurs dit en français et en anglais aux journalistes qui l’entouraient dans le vestiaire.

Il ne se pose pas de questions
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N’empêche, il fait belle figure depuis que Martin St-Louis l’a promu dans le premier trio, au côté de Nick Suzuki et Cole Caufield.

Sans vouloir lui enlever le moindre mérite, Texier se pince-t-il pour vérifier s’il ne vit pas un rêve?

« Je ne me pose vraiment la question, m’a-t-il répondu.

« Je vis le moment présent. Je me donne à 100 pour cent. Je verrai peut-être plus tard [pour ce qui est de son rendement]. Maintenant. Je le vis à fond. »

Comme l’a dit Martin St-Louis plus tard dans son point de presse, il n’est pas rare qu’un joueur s’éclate dans un nouvel environnement. Il en sait lui-même quelque chose pour être passé par là.

De joueur de quatrième trio à Calgary, il est devenu un joueur étoile à Tampa.

« Encore là, c’est un petit échantillonnage, a dit le coach en parlant de Texier, mais on est content.

« Il est encore jeune (26 ans) et il est talentueux. La façon dont un joueur arrive avec une équipe ne dérange pas. »

Au-delà de l’environnement

Les Blues de St. Louis ne voulaient plus de Texier et le Canadien l'a obtenu pour une chanson. C’est du déjà-vu.

L’environnement y est pour beaucoup dans le rendement d’un joueur. Des joueurs de la Ligue nationale m’ont déjà affirmé que des entraîneurs peuvent ruiner une carrière si le courant ne passe pas.

« Ça prend une force mentale pour surmonter les obstacles, mais il faut aussi avoir de bonnes intentions, a continué St-Louis.

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« Les actions doivent suivre les pensées. La confiance ne commence pas avec le début d’un match. Ça commence bien avant ça.

« On n’a pas inséré Alex dans la formation tout de suite. On voulait qu’il voie des matchs afin qu’il n’arrive pas dans l’inconnu.

« Une fois dans le groupe, il devait aller de l’avant. Il ne devait pas s’en faire avec le passé ni se soucier de l’avenir. Il devait se concentrer sur le présent. »

St-Louis avait eu un premier contact avec Texier, lorsque les Blue Jackets de Columbus lui avaient confié le mandat de s’occuper de l’attaque massive et d’observer le jeu de leurs joueurs d’avenir dans la Ligue américaine, au milieu de la saison 2018-2019.

« Il avait les outils et la tête pour devenir un bon joueur », a dit l’entraîneur.

Les leçons ont porté

Et comment ça se passe dans l’entourage de Texier? Son portable déborde-t-il de messages vocaux et de textos en ces jours heureux?

« Mon cercle familial et d’amis est restreint, a-t-il indiqué.

« Les gens sont fiers quand je les appelle, mais on évite de parler trop de hockey. Un de mes amis est venu me voir et il a apprécié le moment qu’il a passé ici. »

Texier revient de loin.

Alors qu’il était membre des Blue Jackets, il s’est accordé une pause lors de la saison 2022-2023 pour des problèmes personnels et de santé mentale.

« À 26 ans, j’ai appris des erreurs que j’avais commises à 20 ans, a-t-il dit.

« Quand ça va bien, c’est trop. Quand ça ne va pas, ce n’est pas bien. Tu descends trop bas, tu perds ta confiance. Des gens m’ont régulé un peu et aidé à garder les pieds sur terre. »

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