Allez les Alouettes, le peuple a besoin de sa dose de bonheur!

Jean-Charles Lajoie
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Les Alouettes de Montréal vont disputer, contre toute attente, le dernier match de la saison 2023 de la Ligue canadienne de football. La Coupe Grey sera débattue entre notre équipe et les puissants Blue Bombers de Winnipeg.
Les Bombers sont en parfait équilibre entre l’attaque, la défensive et les unités spéciales. Les Alouettes sont menés par une défensive hors norme et des unités spéciales pour le moins explosives et efficaces. Montréal vient de se farcir Hamilton et Toronto, qui n’avait pas perdu de la saison dans son domicile. Mais le plus gros test demeure celui qui vient dimanche : Winnipeg.
Marc-Antoine Dequoy l’a remarquablement bien résumé : 60 minutes pour écrire l’histoire et en sortir avec des souvenirs mémorables à jamais.
Le football est une guerre de tranchées, une bataille qui se gagne un pouce à la fois, comme aimait le hurler Al Pacino en «coach» déchaîné dans le classique film d’Oliver Stone «Any Given Sunday».
L’unité au sein d’un groupe de guerriers peut faire tomber les géants, peut soulever les plus grandes montagnes, peut vaincre la plus grande adversité... Je sais Winnipeg uni, mais je sais qu’aussi unis peuvent-ils être, ils ne le sont pas comme Montréal. Les Alouettes, cette équipe qui n’en était plus une, cette équipe en tutelle pratiquement sans domicile fixe il y a moins d’un an. Les Alouettes font comme le phénix, ils renaissent de leurs cendres.
L’arrivée de Pierre Karl Péladeau a tout changé pour cette organisation, Danny Maciocia ne se cache pas pour le dire haut et fort. Travailler avec un propriétaire aux poches profondes mais présent et engagé change toute la donne. La crédibilité retrouvée a été un vecteur de changement crucial dans la relance des Alouettes.
Et c’est tout autant fédérateur pour la Ligue canadienne au grand complet. La LCF a besoin que les pôles de Montréal, Vancouver et Toronto soient solides et engagés. Montréal provoquait le déséquilibre en vacillant lamentablement, mais cette époque est révolue. La plus belle preuve en est cette présence en match de championnat, ces 60 minutes de football intense qui attend les Montréalais, avant ce qui pourrait s’avérer être le premier défilé des champions dans les rues de Montréal depuis 2010.
Et sincèrement, dans la grisaille actuelle, avec cet esprit morose qui n’a d’égal que les grands maux de notre société... Dans la grisaille et la noirceur de novembre, les Alouettes brillent de tous leurs feux et réchauffent le cœur de la patrie.
Reste qu’aussi proche de l’hystérie collective les Alouettes peuvent-ils être, aussi loin en sont-ils encore...
60 minutes... 60 minutes au coude à coude... 60 minutes un pouce à la fois... 60 minutes une souffrance à la fois... un contact à la fois... une enjambée à la fois... une passe lancée puis captée à la fois...
60 minutes, un gros trophée, une belle gorgée, une bague ornée pis un grand défilé!
Allez Montréal, allez les Alouettes, le peuple a besoin de sa dose de bonheur!