Allez jouer dehors: le message de Pierre Lavoie pour améliorer la santé des jeunes Québécois
Il faut renouer avec le plein air, selon le fondateur du Grand défi Pierre Lavoie


Hugo Duchaine
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La santé de nos adolescents est alarmante s’inquiètent des experts puisqu’ils sont moins actifs qu’avant, dorment mal et ne mangent pas assez bien. Une bombe à retardement qui risque de peser lourd sur notre système de santé.
Les jeunes Québécois doivent renouer avec le plein air et aller jouer dehors, plaide le fondateur du Grand défi Pierre Lavoie.
« Les infrastructures, ça coûte des millions de dollars et nous n’avons plus les moyens. Allons dehors, tranche le triathlonien et conférencier Pierre Lavoie. Le Québec est un immense terrain de jeu, on a de la nature, du territoire, il faut utiliser l’extérieur. »
Il s’inquiète énormément de l’inactivité physique des jeunes Québécois. Mais Pierre Lavoie rage aussi contre tous les bâtons qu’on leur met dans les roues.
« Pour son développement moteur, il faut qu’un enfant grimpe, saute, culbute, lance et botte [un ballon]. Si l’enfant est en déficit moteur dès le primaire, il n’aimera pas les sports », explique-t-il.
Pierre Lavoie dénonce l’interdiction de glisser sur certaines buttes de neige imposée dans les écoles l’hiver dernier, alors que les pédiatres canadiens ont souvent martelé l’importance du jeu risqué à l’extérieur dans le développement de l’enfant.
Des enseignants de Montréal lui ont aussi écrit cet hiver pour décrier qu’à -20 °C, ils devaient garder les écoliers à l’intérieur, dit-il.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
S’inspirer des Scandinaves
« On n’a jamais épousé notre nordicité, déplore-t-il. Les Scandinaves gagnent leurs médailles dans des sports extérieurs, mais nous, dans des sports intérieurs. »
Aux récents Jeux olympiques de Milan, les Norvégiens ont raflé la majorité de leurs médailles en ski de fond, alors que les Canadiens ont surtout triomphé dans les patinoires intérieures, par exemple.
Selon Pierre Lavoie, le coût de la construction d’un gymnase dans les écoles a explosé depuis la surchauffe qui a suivi la pandémie de COVID-19. Un gymnase neuf peut coûter de 7 à 10 millions $.
« Mais au lieu de construire un gymnase, peut-être qu’on pourrait faire un projet de plein air à un million $ [...]. L’extérieur, c’est même mieux pour la santé mentale », illustre-t-il.

D’ailleurs, il remarque que la pandémie a aussi imposé un grand frein sur l’activité physique des enfants et adolescents québécois. « On a investi des milliards pour relancer les entreprises, mais pour les jeunes, on ne l’a pas fait », déplore-t-il.
Il faut du courage
Pour Pierre Lavoie, toutes les solutions sont sur la table pour renverser la vapeur.
« Il faut du courage et faire un modèle québécois en activité physique », dit-il, ajoutant que les parcs devraient être gratuits pour les jeunes et les écoles, par exemple.
Le Grand défi Pierre Lavoie s’est associé depuis plusieurs années avec des centres de ski de fond de partout dans la province pour que l’accès aux randonnées et à l’équipement soit fourni gratuitement aux enfants.