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Allemagne: mobilisation pour légaliser pleinement l’avortement

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2024-12-07T10:00:29Z

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Pour «en finir avec la culpabilisation des femmes», la gauche se mobilise en Allemagne en faveur d’une pleine légalisation de l’avortement, invitant cette question sensible dans la campagne électorale en vue des législatives de février.

Samedi, des militants d’une centaine d’associations descendent dans les rues de Berlin et de Karlsruhe, siège de la Cour constitutionnelle allemande, pour réclamer un assouplissement de la législation en vigueur.

Le sujet s’invite dans la campagne électorale, comme aux États-Unis, où la démocrate Kamala Harris s’est battue pour que les femmes puissent avoir un libre accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Dans la première économie européenne, cet accès n’est certes pas remis en cause, mais l’avortement reste illégal en principe conformément au paragraphe no 218, adopté dans le Code pénal sous l’Empire allemand, en 1871.

Il est toutefois impuni si pratiqué au cours des 12 premières semaines de grossesse.

Les appels à manifester samedi soutiennent une proposition de loi des députés sociaux-démocrates et écologistes qui veulent changer la réglementation en vigueur.

«Les membres du Bundestag ont une occasion historique de légaliser l’avortement avant les prochaines élections fédérales», selon Leonie Weber, une organisatrice de la campagne «Légalisez l’avortement – maintenant!».

Un peu plus de 100 000 avortements sont pratiqués chaque année en Allemagne, moitié moins qu’en France, où ils sont dépénalisés depuis 1975 et où la liberté des femmes de recourir à l’IVG a été inscrite cette année dans la constitution.

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En Allemagne, elles doivent se soumettre à une consultation qui vise souvent à les inciter à poursuivre leur grossesse, affirment les associations féministes. Puis un délai de réflexion de trois jours est prévu avant l’intervention.

Soutien de l’opinion

Le projet de loi des députés préconise la légalisation jusqu’à la 12e semaine de grossesse, la fin du délai de réflexion et la prise en charge des coûts par l’assurance maladie.

Selon un sondage représentatif de l’institut Forsa de la fin novembre, 74% des personnes interrogées étaient favorables à une légalisation, les femmes (75%) comme les hommes (72%).

Mais la possibilité d’une adoption du projet paraît pour le moins ténue.

Le chancelier social-démocrate Olaf Scholz, qui gouverne avec les Verts depuis le limogeage du ministre des Finances libéral (FDP) le 6 novembre, n’a plus de majorité au parlement.

Le Parti libéral-démocrate (FDP), secoué par une crise interne, est peu enclin à aider ses anciens alliés à engranger un succès.

Et les conservateurs de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et du parti bavarois allié Union chrétienne-sociale (CSU), plus grand groupe d’opposition et grand favori des sondages aux élections du 23 février avec 32% des intentions de vote, s’y opposent catégoriquement.

Le chef de la CDU Friedrich Merz avait qualifié l’initiative de «scandaleuse».

Le premier débat organisé jeudi au Bundestag, la chambre basse du parlement, sur la proposition modifiant l’article 218 a montré à quel point les positions étaient encore tranchées sur cette question de société.

La députée CSU Dorothee Bär a reproché aux partisans de la nouvelle réglementation de mener un «combat culturel qui divise». «Avec nous, la protection de la vie n’est pas négociable», a-t-elle lancé dans l’hémicycle.

«Culture de bienvenue»

«Culpabiliser les femmes, il faut en finir définitivement avec cela», a rétorqué la députée écologiste Ulle Schauws qualifiant la réglementation actuelle de «profondément patriarcale».

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), donné deuxième derrière les conservateurs dans les sondages (18%), a, lui, placé ce sujet au cœur de sa campagne électorale.

Il réclame d’autoriser les avortements seulement après un viol ou en cas de danger pour la santé de la mère. Le parti dit vouloir établir une «culture de bienvenue pour les enfants».

En juin 2022, le gouvernement avait fait un pas en faveur d’un assouplissement de la législation en abrogeant une loi remontant à la période nazie qui limitait l’information sur l’avortement et avait entraîné la condamnation de plusieurs gynécologues.

Le controversé paragraphe no 219a du Code pénal, adopté en 1933 peu après qu’Adolf Hitler se fut arrogé les pleins pouvoirs, interdisait ce qu’il considérait être de la «publicité» pour l’IVG.

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