Omnium Banque Nationale à Montréal: le Québécois Alexis Galarneau a transformé la déception en grande victoire

Jessica Lapinski
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On va se permettre une petite analogie olympique, comme elles sont pertinentes seulement une fois aux deux ans: s’il y avait une médaille décernée aux athlètes gentils, Alexis Galarneau serait sur le podium. Si le Québécois était donc «un peu déçu, sur le coup», quand il a su qu’il ne recevait pas d’invitation pour le tableau principal à l’Omnium Banque Nationale de Montréal, après en avoir obtenu lors deux dernières années, il n’est pas demeuré aigri.
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C’est plutôt le vétéran Vasek Pospisil qui a obtenu la dernière disponible. Même s’il est classé quelque 400 rangs plus bas que Galarneau (616e contre 212e) et qu’il est de neuf ans l’aîné du Lavallois, ce qui veut dire qu’il a beaucoup moins d’années devant lui pour (re)grimper les échelons de l’ATP.

Ce fut un choix «crève-cœur» pour les organisateurs, a expliqué au Journal la directrice du tournoi, Valérie Tétreault, samedi. La décision a été basée sur plusieurs facteurs. Dont les participations en Coupe Davis, où Pospisil a joué les héros à maintes reprises dans la dernière décennie.
On s’imagine tout de même la déception de Galarneau. Pour un joueur sorti des rangs universitaires il y a trois ans, ces points au classement amassés dans un tournoi de la trempe de Montréal sont précieux. Et la bourse obtenue au premier tour du grand tableau (37 677$, comparativement à 9800$ pour une défaite au premier tour des qualifications) peut changer le cours d’une saison.
L’air climatisé et la grande porte
Mais on parle ici du genre d’athlète qui raconte candidement aux journalistes qu’il dort à l’hôtel cette semaine malgré la proximité avec la maison, parce qu’il n’a pas l’air climatisé chez lui. Alexis est loin d’avoir la grosse tête.

«Je suis allée le voir [pour lui expliquer la décision], c’était important pour moi, a elle-même candidement raconté Valérie Tétreault. J’ai déjà vécu des situations similaires comme joueuse. [...] Sur le coup, il a été déçu, il a encaissé, mais vite, il a changé d’attitude. »
«C’est ce qu’on s’est partagé tous les deux: qu’il n’y aurait pas de plus belle manière pour lui de prouver à tous ceux qui étaient impliqués dans la décision qu’il avait sa place, en remportant ses deux matchs de qualifications et en rentrant dans le tableau par la grande porte.»
Dimanche, sur un central qui n’était pas plein, mais dont les estrades tremblaient à chacun de ses coups gagnants, le Lavallois a parcouru la moitié du chemin. Il a défait en deux manches de 6-4 et 6-4 Facundo Diaz Acosta. L’Argentin est 62e au monde.

En plus de tout ce contexte, en plus du fait qu’il traversait une phase plus difficile au chapitre des victoires, c’est donc un grand triomphe dans sa carrière, un gain contre un joueur aussi bien classé.
C’était également sa première victoire à Montréal ou à Toronto. «Je voulais me prouver que j’étais capable de gagner des matchs ici», a souligné Galarneau.
100 parents et amis
Mais au-delà de ce succès, un fait semblait particulièrement faire sourire le déjà très souriant Galarneau, quand il est arrivé devant les journalistes, dimanche, après avoir multiplié les selfies et les autographes pendant une dizaine de minutes à sa sortie du terrain.

C’est que Valérie Tétreault et Tennis Canada lui avaient dégoté 100 billets pour sa famille et ses amis, afin qu’ils assistent à ce match.
Ils avaient presque tous trouvé preneur. «Ça, ç’aurait été plus difficile si j’étais passé directement dans le grand tableau», a-t-il souri (encore).
Galarneau devra maintenant parcourir la deuxième moitié du chemin lundi, contre l’Australien Rinky Hijikata, 80e. Il savourera cette première victoire, dimanche soir, avec des pâtes et des protéines, afin d’être fin prêt.
Et si on dit que la vengeance est un plat qui se mange froid, dur de croire qu’Alexis est du type revanchard. Il les fera sûrement chauffer.