Alcool au volant: les Québécois devraient viser le 0,05 pour éviter un été meurtrier
Un regroupement de santé publique déplore que Québec ne baisse pas le taux d'alcoolémie permis pour conduire


Valérie Gonthier
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À l’approche des vacances de la construction, les Québécois devraient viser une alcoolémie maximale de 0,05 lorsqu'ils prennent les commandes d'un véhicule, plaide un regroupement de santé publique qui craint un été meurtrier sur les routes et les plans d’eau.
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Le Québec est encore la seule province du Canada où le taux d’alcool permis dans le sang pour conduire est de 0,08, déplore l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ).
«Ce n’est pas normal que le Québec soit à la traîne comme ça. Le gouvernement se prive d’une mesure qui peut sauver des vies», a dénoncé la porte-parole de l’organisation, Me Marianne Dessureault.
Diminuer le taux légal d’alcool réduirait de quatre à six fois les risques d’accident, rappelle-t-elle.
En attendant un changement de loi, l’ASPQ encourage les Québécois à être vigilants.
«Dès maintenant, on devrait viser 0,05 et moins, surtout sachant que les gens ont tendance à sous-estimer leur taux d’alcoolémie et surestimer leurs capacités», a-t-elle dit.
Repenser notre consommation
Elle appelle d’ailleurs à la prudence avec les vacances de la construction qui viennent de débuter et insiste sur l’importance de prévoir les déplacements lors de consommation d’alcool.
Selon elle, la modération vaut aussi pour ceux qui comptent profiter des plans d’eau, surtout sachant qu’il y a eu plusieurs noyades depuis le début de l’été.
«Il faut repenser notre consommation. Une soirée sans alcool est tout aussi intéressante», a insisté Me Dessureault, ajoutant que l’offre de boissons sans alcool est maintenant très vaste.
Québec a tenté à deux reprises par le passé de diminuer la limite légale d’alcool permise à 0,05, en vain.
Plusieurs tenanciers et propriétaires de restaurants craignent en effet qu’une telle mesure affecte leurs revenus.
«Mais ailleurs au pays, on n’a pas vu de fermeture massive d’établissements ni de baisse d’achalandage. On a par contre remarqué une diminution des pertes humaines sur les routes», a expliqué Me Dessureault.

Personne n'est à l'abri
Les conducteurs interceptés dont le taux se situe entre 0,05 et 0,08 recevraient une sanction administrative, impliquant la suspension du permis pour 24 heures et aucune amende. Ils n’auraient pas de casier judiciaire.
La limite actuelle de 0,08 demeurerait le seuil pour faire l’objet d’accusations criminelles.
Chaque année encore, en moyenne, 10 000 automobilistes québécois se font arrêter en état d’ébriété, rapportait Le Journal en décembre 2021. Et de ce nombre, près de 90% en sont à leur première infraction.
«Il ne s’agit pas juste de récidivistes ou de gens qui consomment beaucoup d’alcool. Personne n’est à l’abri de se faire prendre ou de causer un accident», a insisté Me Dessureault.
À la Société de l’assurance automobile du Québec, on indique qu’un tel changement de loi nécessite une modification législative. «On considère cette mesure porteuse et on poursuit notre analyse», a expliqué le porte-parole, Gino Desrosiers.
La campagne de sensibilisation est faite en collaboration avec d'autres organismes qui luttent contre l'alcool au volant, soit l'Association des spécialistes en médecine préventive du Québec, Mères contre l'alcool au volant (MADD) et l'Association pour les droits des accidentés.
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