Tous les résultats
Publicité

Aiemann Zahabi: à deux semaines du jour «J»

Photo portrait de Benoit Beaudoin

Benoit Beaudoin

2026-05-29T01:00:17Z

Partager

Le 14 juin prochain, le Québécois Aiemann Zahabi vivra un moment hors du commun. 

Vers 22h, le combattant de 38 ans débutera sa marche dans le mythique Bureau Ovale, sortira vers le terrain sud et se dirigera dans le coin bleu de l’octogone érigé devant l’un des bâtiments les plus célèbres au monde, la Maison Blanche.

À l’UFC Freedom 250, Zahabi vivra un moment historique, mais aussi crucial sur le plan sportif. À un peu plus de deux semaines du gala, le vétéran du gymnase Tristar assure ne pas être dépassé par l’ampleur de l’événement.

« Pas de grandes émotions, je suis très focus sur Sean O’Malley », explique Zahabi, en marge d’un entraînement public organisé au célèbre gym de la rue Ferrier.

« C’est une belle chose d’être à la Maison-Blanche, mais en bout de ligne, ce sera juste moi et lui dans la cage. J’approche ça comme n’importe quel autre combat. »

Publicité

Facile à dire, mais plus difficile à faire, puisqu’une victoire contre l’Américain pourrait bien propulser le Québécois en combat de championnat chez les poids coqs.

O’Malley a déjà détenu cette ceinture et semble d’ailleurs penser qu’il ne fera qu’une bouchée de Zahabi, le 14 juin.

« C’est magnifique ! Je veux affronter le meilleur Sean O’Malley et je suis content qu’il ait ce feu-là ».

« Moi, je veux avoir une chance de me battre pour le titre des 135 livres. Je ne veux pas de cadeau de Dana [White]. Je veux le mériter », ajoute le Québécois.

« Je vise une belle victoire. Je veux le sonner, lui passer le K.-O. ou une soumission et comme ça, l’UFC n’aura pas d’autre choix que de me donner un combat de championnat. »

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

Tout vient à point à qui sait attendre

Aiemann Zahabi est un athlète assez méconnu, autant chez nous que sur la scène internationale. Même auprès des plus fervents amateurs d’arts martiaux mixtes, il est loin d’être considéré comme une vedette, ce qui explique pourquoi plusieurs observateurs voient son prochain combat comme un tremplin qui pourrait véritablement lancer sa carrière.

Mais est-ce normal qu’un vétéran de 38 ans, comptant sept victoires de suite et pointant au 6e rang de l’une des divisions les plus redoutables du sport, ne soit toujours pas reconnu à sa juste valeur ?

Publicité

« En anglais, je dirais que je suis un acquired taste (un goût qui se développe avec le temps) », explique Zahabi.

« Je pense que le monde me trouve un peu complexe. Mes idées, mes pensées, comment je m’exprime... Je ne suis pas comme les autres. »

« Ça ne me fait pas de peine, puisque je le fais pour moi avant tout », enchaîne-t-il. « Je dis à tout le monde que le Aiemann de 16 ans savait qu’il allait se rendre loin. Le Aiemann de 22 ans a pris la chance d’aller pro. Le Aiemann de 30 ans est tombé. Le Aiemann de 35 ans a trouvé son élan et le Aiemann de 38 ans, va mettre son drapeau dans l’UFC ! »

Cette attitude a été mise de l’avant le 8 mai dernier, alors que Zahabi et O’Malley se sont fait face pour la toute première fois.

« Lors du face-à-face, je me suis approché plus près que les autres combattants et il m’a dit : “Why are you shaking ?” Dans ma tête je me suis dit : ”T’es fou, je me prépare depuis 20 ans pour me battre dans une cage et je me prépare depuis trois mois pour t’affronter et tu penses que j’ai peur de toi ?” »

Publicité

« J’ai hâte à ce moment-là, c’est moi qui l’ai mis au défi. Les gens pensent que je n’ai aucune chance, mais je vois les trous dans son jeu. »

L’éléphant dans la pièce

Il est parfois impossible de dissocier sport et politique. C’est encore plus vrai pour l’UFC Freedom 250, un événement organisé dans le cadre des festivités du 250eanniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis, à la demande du Président américain lui-même, le jour de son 80e anniversaire de naissance.

Zahabi étant un Canadien d’origine libanaise, sa volonté de prendre part à cette grande fête, dans un contexte où le pays de ses parents est une victime collatérale du conflit irano-américain, soulève bien des questions.

« Les membres de ma famille ont hâte parce qu’ils savent que c’est une grosse opportunité », assure-t-il.

« Les gens pensent que, parce qu’on se bat à la Maison Blanche, on supporte toutes les idées de Trump et ses amis, mais ce n’est pas ça. On est là pour parler de nos idées. C’est une opportunité de montrer, auprès d’un large auditoire, qui nous sommes. Qui est Aiemann Zahabi ? C’est quoi être Canadien ? C’est quoi notre caractère ? Ça fait quoi d’avoir l’héritage libanais ? »

« Pour moi, c’est un gros merci au Canada d’avoir accueilli mes parents et de nous avoir donné l’opportunité d’avoir une meilleure vie ici. C’est ça que je veux représenter à la Maison Blanche. »


L’UFC Freedom 250 sera présenté le 14 juin prochain. Ne ratez pas notre couverture complète de l’événement sur toutes les plateformes de TVA Sports à compter du 10 juin.

Publicité
Publicité