Agression violente dans un bar de Québec: le juge refuse de le remettre en liberté


Kathleen Frenette
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Un homme condamné 92 fois par le passé et qui possède des antécédents judiciaires s’étalant sur vingt-neuf pages s’est vu refuser sa remise en liberté, mardi, à la suite d’une agression qu’il aurait commise au bar London Jack en juillet dernier.
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Alexandre Turcot, un tatoueur de métier, ne présente pas un profil très sympathique.
L’homme de 41 ans qui semble avoir fait de la violence un mode de vie est accusé de voies de fait mettant la vie en danger, voies de fait causant des lésions et de séquestration. Le ministère public l’accuse aussi d’avoir tenté d’étrangler sa victime.
Lundi, dans le cadre de l’enquête sur remise en liberté de Turcot, le poursuivant, Me Louis-Philippe Desjardins a fait savoir au juge que la présumée victime s’était rendue avec son conjoint et un couple d’amis dans l’établissement de la rue Saint-Joseph le soir du 10 juillet.
Agression sournoise
Au cours de la soirée, elle est allée à la salle de bain qui se trouve au sous-sol et lorsqu’elle est sortie de sa cabine, un homme l’a violemment empoigné pour la pousser vers la cabine du fond.
« Elle crie, elle se débat. L’accusé l’agrippe à la gorge et la soulève en lui disant qu’il ne sert à rien de se débattre», a rappelé le magistrat dans sa décision.
Au bord de l’asphixie, la jeune femme a perdu connaissance et lorsqu’elle s’est réveillée, elle était étendue sur le trottoir.
« Elle a des marques de violences sur le cou, sur le corps, elle a mal à l’entrejambe, ses vêtements sont souillés par l’urine et endommagée. Sa bouche s’affaisse et elle n’a plus de sensation sur la langue», a ajouté le juge, démontrant bien la violence subie lors de l’agression.
Quelques jours plus tard, une description a été transmise aux policiers et Turcot a été arrêté dans la région de Montréal. Pour sa défense, il a fait savoir que c’est la dame qui lui a fait des avances et que c’était «son fantasme à elle» d’être étranglée.
Présomption d’innocence
Bien que le principe de la présomption d’innocence s’applique toujours, le président du Tribunal a rappelé qu’aucune garantie n’avait été offerte à la Cour pour garantir la liberté de Turcot.
« La probabilité que l’accusé commette d’autres infractions criminelles s’il était remis en liberté est très marquée», a indiqué le juge en ajoutant qu’un public bien informé comprendrait que le risque présenté par l’accusé est «trop élevé et il n’a pas à être assumé par d’honnêtes citoyens».
Mécontent de cette décision, Turcot a tenté de s’adresser au magistrat qui a refusé de l’entendre. Le poursuivant et l’avocat de la défense, Me Marc Delilse ont donc reporté le dossier au 19 octobre prochain.