Agression sexuelle sur une jeune femme en 2016: l’ex-hockeyeur Gabriel Gagné à l’ombre pour 28 mois


Dominique Lelièvre
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MONTMAGNY | L’ancien espoir de la LNH Gabriel Gagné ira réfléchir pendant 28 mois dans un pénitencier fédéral à l’agression sexuelle qu’il a fait subir à une jeune femme. Celle-ci affirme avoir été «détruite» au point de quitter le pays pendant plusieurs mois pour ne plus «respirer» le même air que lui.
Le verdict est tombé mardi, au palais de justice de Montmagny, près d’un an après que cet ancien choix de deuxième ronde des Sénateurs d’Ottawa en 2015 eut été déclaré coupable.
À la suite d’une entente qui est intervenue entre les parties, Gagné a pris le chemin des cellules après avoir pris connaissance des graves conséquences de son crime sur sa victime.
Manifestant peu d’émotion et paraissant nerveux, le hockeyeur déchu s’est contenté de répondre «non, monsieur» au juge, Hubert Couture, qui lui demandait s’il avait autre chose à dire avant qu’il prononce sa sentence.
Un jour sera retranché à sa peine, équivalant à sa détention provisoire le jour de son arrestation. En outre, il devra être inscrit au registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.
Vie brisée
En juillet 2016, la victime, âgée de 20 ans, s’est retrouvée au même party que Gabriel Gagné lors d’une activité en l’honneur d’un des amis hockeyeurs de ce dernier.
«Ce qu’il m’a fait m’a brisée», affirme-t-elle, dans une lettre qui a été lue à la cour par Me François Doyon-Gascon, l’avocat du ministère public.
Celui qui a aussi porté les couleurs des Tigres de Victoriaville et des Cataractes de Shawinigan lui a tendu un piège en l’invitant à le suivre au sous-sol de la résidence sous le prétexte qu’une de ses amies «n’allait pas bien».
Il l’a forcée à lui faire une fellation, avant de tasser sa culotte de maillot et de la pénétrer, malgré le fait qu’elle l’eût supplié de «ne pas faire ça», selon les faits retenus à l’issue de son procès.
«Tu me fais débander, câlisse», lui aurait-il lancé.
Fuir
La femme, dont l’identité est protégée sur ordre du tribunal, affirme avoir «fui» le pays pendant plusieurs mois, dès qu’elle a pu après les événements.
«Je ne pouvais pas respirer dans le même espace que lui», explique-t-elle dans sa lettre.
Se sentant «détruite» pendant des années, elle ignore si elle deviendra mère un jour, de «peur de mettre des enfants dans un monde où des hommes comme lui existent».
«J’ai l’impression d’avoir perdu mes plus belles années à cause de lui», écrit-elle.
D’autres démêlés
Selon Me Doyon-Gascon, le «faux prétexte» que Gagné a utilisé pour attirer la victime, qui s’ajoute à la «violence qui est intrinsèque à ce genre de geste», est un des facteurs qui ont pesé dans la balance.
«On tient compte aussi [de son] profil. C’est quelqu’un qui a été condamné dans d’autres districts, malgré que ce n’était pas des antécédents judiciaires au moment des faits», a-t-il souligné.
L’ancien joueur de hockey n’en a pas fini avec la justice. Il attend sa peine dans un autre dossier à Saint-Hyacinthe, où il a été trouvé coupable de voies de fait armées et d’agression sexuelle sur une ancienne copine.
En 2023, il avait écopé de six mois de prison pour avoir harcelé et menacé pendant trois ans une autre femme. Il a cependant été acquitté dans un autre dossier d’agression sexuelle à Trois-Rivières, en 2024.
Gabriel Gagné était représenté par Me Maxime Raymond, qui n’a pas voulu commenter le dénouement de mardi.
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