Agression sexuelle: Guy Cloutier devra payer 15 000$ à une victime


Camille Payant
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Guy Cloutier devra payer 15 000$ en dommages-intérêts à une femme qui affirme avoir été agressée par l’ex-impresario au moment où elle rêvait de devenir actrice dans les années 1970.
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«Les séquelles psychologiques occasionnées à la demanderesse ont été importantes jusqu’à ce jour», a tranché le juge Yves Hamel, de la Cour des petites créances.
Le juge Hamel donne donc raison à Michelle Charron, qui a témoigné avoir été agressée sexuellement par Guy Cloutier dans une chambre d’hôtel de Montréal en 1977, alors qu’elle souhaitait percer dans le showbiz québécois.
Mme Charron, 65 ans, avait intenté un recours à la division des petites créances de la Cour du Québec en septembre 2020.
Elle réclamait 15 000$ pour perte de salaire, traumatisme psychologique et carrière terminée.

Rencontre décisive
Michelle Charron, tout juste sortie de l’adolescence, rêvait d’être actrice lorsqu’elle a rencontré pour la première fois Guy Cloutier dans un restaurant de Gatineau où elle travaillait.
Celui qui était alors le gérant de René Simard a alors échangé son numéro avec celui de la victime.
«Elle affirme l’avoir revu à Montréal quelques mois plus tard à la suite d’échanges téléphoniques. À ce moment, la demanderesse précise que le défendeur la courtise et lui promet une grande carrière artistique», précise le juge Hamel dans son jugement rendu mardi.
Guy Cloutier a alors décidé d’organiser une publicité avec le chanteur Johnny Farago et Michelle Charron.
L’ex-impresario a même fait publier un article dans le magazine Échos Vedettes, où la victime, alors âgée de 19 ans, était décrite comme «la nouvelle coqueluche des québécois».
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Environ une semaine avant l’enregistrement de la publicité, les deux se sont retrouvés dans une chambre d’hôtel de la Place Dupuis à Montréal, payée par Cloutier, alors âgé de 37 ans.
«Au moment de la violence sexuelle, la demanderesse affirme avoir figé plutôt que de fuir ou se débattre ou combattre le défendeur, ce qui s’avère vraisemblable et plausible», peut-on lire.
Ce n’est que des décennies plus tard, lors de l’émergence du mouvement Moi Aussi, que Michelle Charron «accepte et reconnaît ce qu’elle a vécu comme étant une violence sexuelle commise par le défendeur en 1977», précise-t-on.
En février dernier, au palais de justice de Montréal, Mme Charron a témoigné avoir dû suivre de nombreuses thérapies avec des psychologues et psychiatres après cet événement.
«La demanderesse attribue une partie importante de ses problèmes de boisson, de consommation et de sa désorganisation psychologique importante par moment à la violence sexuelle subie en 1977», indique le magistrat.
Guy Cloutier débouté
Guy Cloutier, maintenant âgé de 83 ans, ne s’est pas présenté au procès. Il s’est contenté d’envoyer une déclaration sous serment pour sa défense.
Le juge Hamel a toutefois tranché que celle-ci «n’est pas suffisante afin de mettre de côté ou d’affaiblir de façon importante la version détaillée et constante offerte par la demanderesse».
«Le Tribunal accorde peu ou pas de force probante à la preuve écrite du défendeur», car il doit «être en mesure d’en apprécier le sérieux, la sincérité, l’exactitude et la véracité», précise le magistrat.
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