Adversité: il n’y a pas de mal à ça!

Michel Therrien
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Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas pour les Canadiens...
Après avoir démontré de belles choses dans les neuf premiers matchs de la saison, dont sa meilleure performance à Las Vegas le 30 octobre, l’équipe traverse actuellement une période difficile, ayant perdu les trois matchs disputés jusqu’à maintenant en novembre. Comme je l’écrivais dans ma précédente chronique, les gardiens ont faussé la donne avec leurs performances en début de saison.
Maintenant, pour la première fois de l’année, les joueurs du CH font face à de l’adversité. C’est tout à fait normal : la plupart des clubs ne surfent pas sur une vague toute l’année. Et il n’y a pas de mal à ça.
Lorsque je dirigeais, ça ne me dérangeait pas trop de connaître une série d’insuccès. Ça me permettait de voir la vraie couleur de mes joueurs. C’est facile d’être un bon coéquipier quand tout va bien. Quand tu gagnes, tout le monde rentre dans le rang.
En revanche, quand tu perds, c’est là que tu vois la vraie nature de tes joueurs : ceux qui tentent de tirer le reste du groupe vers le haut et ceux qui ont tendance à le faire dévier du droit chemin et à critiquer leurs coéquipiers.
C’est certainement un gros défi pour les hommes de Martin St-Louis, mais une fois que ce passage à vide sera chose du passé, tout le monde en sortira grandi. Ce n’est donc pas une mauvaise chose en soi. Comme le dit l’expression : «Ce qui ne te tue pas te rend plus fort».
Dans de telles circonstances, je «challengeais» mes joueurs en leur expliquant ce que j’attendais d’eux. Je leur rappelais que la seule façon que l’équipe rebondisse est que chacun s’assure de jouer un bon match. Le rôle et le talent de chacun est différent, mais chaque joueur doit apporter ce pourquoi il fait partie de l’équipe. Tu dois absolument être bon, sans nécessairement être extraordinaire. Tant mieux si certains offrent une performance exceptionnelle, mais l’important est que chacun donne son maximum. Dans une séquence de défaites, être seulement moyen n’est pas acceptable, encore moins être mauvais.
Les leaders doivent se lever
Comme les étudiants, les joueurs doivent faire leurs devoirs pour réussir l’examen. C’est le genre d’image que j’utilisais dans mes discours aux joueurs. Au hockey, pour y arriver, la recette est simple : il faut bien s’alimenter, bien dormir, être discipliné et fournir le plus d’efforts possibles durant les séances d’entraînement. C’est d’ailleurs dans les pratiques que tu peux voir quels joueurs sont prêts à faire de «l’extra» pour aider l’équipe à se tirer d’affaire. Il faut s’épauler les uns les autres pour braver la tempête.
En tant qu’entraîneur, j’ai toujours voulu préparer mon équipe le mieux possible pour ne pas donner de raisons à mes joueurs de dire que nous n’étions pas prêts. Je demandais à mes adjoints de s’assurer que les joueurs comprennent leurs responsabilités.
Ce sont les leaders qui doivent prendre l’équipe en main. Et pas juste les vétérans : c’est le rôle de l’ensemble du groupe. Tous les joueurs doivent devenir des leaders et non pas se fier uniquement sur trois ou quatre gars. Il ne faut pas oublier non plus qu’il y a plusieurs façons d’apporter du leadership à l’équipe.
Damphousse mérite sa place au Temple de la renommée
Parlant de leadership, je veux féliciter Vincent Damphousse et tous les autres nouveaux membres du Panthéon des sports du Québec.
J’espère que la prochaine étape pour lui sera une intronisation au Temple de la renommée du hockey. Avec la glorieuse carrière qu’il a connue, j’ai de la misère à concevoir pourquoi il n’a toujours pas obtenu cet honneur. Il le mériterait amplement. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : 1205 points en 1378 matchs dans la LNH. De plus, Damphousse a remporté la coupe Stanley avec les Canadiens en 1993 et a agi comme capitaine pendant trois saisons.