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Adrien Bletton «d’Empathie»: son amoureuse est une comédienne connue

Nathalie Slight

2026-03-19T10:00:00Z

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Révélé dans la série Empathie via le détestable personnage d’Émilien, Adrien Bletton s’impose par son jeu sensible, teinté d’une grande humanité. Membre du duo musical Gustafson, l’artiste et papa de deux jeunes enfants multiplie les projets, tant sur le plan du jeu que sur celui de la musique.

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Adrien, on te connaît comme acteur et musicien. C’est ton amour de la musique ou du jeu qui s’est présenté en premier dans ta vie ?

Je viens d’une famille de musiciens. Mon grand-père était chef d’orchestre et ma mère, pianiste. Évidemment, j’ai commencé à faire de la musique à l’âge de cinq ans, sans trop me poser de questions. Parallèlement à ma formation de violoncelliste, j’ai commencé à faire du théâtre, quasiment au même âge. Chaque semaine, je demandais à mon enseignante si je pouvais présenter des sketchs en avant de la classe.

Que présentais-tu ?

J’improvisais, je faisais des parodies du chanteur Claude François. Je n’étais pas un bon élève, mais je faisais rire mes amis. Mon enseignante m’a encouragé à développer ce talent, notamment en créant une petite troupe de théâtre parascolaire.

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Ces dernières années, on parle beaucoup de diversité à l’écran, et ça touche aussi la manière dont on parle. D’où te vient ton accent français ?

Je suis né en banlieue parisienne, mais ça fait presque 30 ans que j’habite au Québec. Mes parents ont eu une crise aiguë de la quarantaine. En 1998, ils ont décidé d’immigrer au Canada, avec leurs quatre enfants et leurs deux chiens. À 11 ans, je ne réalisais pas à quel point c’était courageux de leur part de recommencer à zéro dans un autre pays.

À quel moment as-tu pris conscience que cette décision familiale avait changé le cours de ta vie ?

Depuis que je suis moi-même papa. J’ai deux enfants, âgés de cinq et trois ans, et je peux m’imaginer tout ce que ça implique de changer de pays. Par contre, j’ai définitivement la bougeotte. Pour ma part, ça ne se traduit pas par une envie de refaire ma vie ailleurs, mais je suis toujours à la recherche de mon prochain défi professionnel, que ce soit sur le plan de la musique ou sur celui du jeu d’acteur.

Dans quel domaine as-tu étudié ?

J’ai eu un parcours académique en dents de scie, je n’étais pas particulièrement taillé pour les bancs d’école. Merci à mes parents, d’ailleurs, qui ont pris avec un grain de sel ma décision d’abandonner mes études à l’adolescence. Mon amour pour le jeu et la musique a rassuré mes parents, car ils étaient persuadés que j’allais faire mon chemin à travers ces passions. À 20 ans, je suis partie étudier le théâtre au Cours Florent, à Paris. J’avais dans l’idée de devenir une star en France. Ça ne s’est pas passé, mais je suis revenu avec une solide formation artistique.

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As-tu toujours de la famille en France ?

Oui, bien sûr. Même si j’ai conservé un accent, je me sens Québécois dans ma manière d’être, mes valeurs. Mais ironiquement, lorsque je retourne en France, je me sens aussi Français. J’ai un sentiment d’appartenance toujours un peu en mouvance, jamais totalement défini. C’est quelque chose qui teinte aussi ma création, puisque j’en parle dans l’écriture de chansons de Gustafson, le duo que je forme avec l’acteur et musicien Jean-Philippe Perras.

photo fournie par Martin Lachapelle
photo fournie par Martin Lachapelle

photo fournie par Martin Lachapelle
photo fournie par Martin Lachapelle

Comme le jeu t’occupe beaucoup présentement, la musique prend-elle toujours une place importante dans ta vie ?

Bien sûr. JP et moi, nous sommes en train de travailler sur la conception sonore de la pièce de théâtre Quichotte, qui sera présentée au Théâtre du Nouveau Monde en mai prochain et dans laquelle nous allons aussi jouer. Je travaille aussi sur un projet de musique en solo, de style électro.

Tes enfants ont-ils hérité de ta fibre artistique ?

Mon amoureuse, Éliane Préfontaine, est comédienne et musicienne. Vous allez d’ailleurs la voir dans Indéfendable, où elle campera la fille d’Anne-Marie Cadieux. Nos enfants voient leurs parents évoluer sur scène et sur des plateaux de tournage. Auguste et Solange ont donc tout naturellement une attirance pour les arts. Ils fréquentent une école alternative, qui fonctionne par projets. J’aurai bien aimé étudier dans ce genre de système scolaire, moi qui ne peux pas rester en place plus de deux minutes.

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Le public québécois t’a découvert récemment dans Empathie. Cette excellente série obtient un succès fou. Le sentiez-vous lors du tournage ?

Lorsqu’on travaille sur un plateau de tournage, on est dans le moment présent, on ne pense pas à la réaction du public. Mais il s’agit de la troisième collaboration de l’autrice et comédienne Florence Longpré avec le réalisateur Guillaume Lonergan, à qui on doit les excellentes séries M’entends-tu ? et Audrey est revenue. Ils forment un duo d’une redoutable efficacité sur le plateau.

Comment t’a-t-on présenté le personnage d’Émilien ?

J’ai passé une audition. Dès la première scène, Florence Longpré s’est exclamée : « Ben oui, Émilien, c’est lui ! » Rassurez-vous, je ne l’ai pas pris personnel, puisque ce personnage est, de prime abord, désagréable. Mais vous savez quoi ? Je ne l’ai pas abordé comme un homme toxique, mais plutôt comme quelqu’un de blessé, de maladroit socialement, en manque d’amour. Le scénario est tellement finement écrit que le public finit par avoir de l’empathie pour ce personnage, malgré ses défauts.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

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Bell média
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Empathie cartonne en Europe, comme dit l’expression française. Toi qui viens de ce pays, aspires-tu à une carrière de l’autre côté de l’océan ?

Je parlais tout à l’heure de mon envie de bouger et ça se traduit aussi par la façon d’exercer mon métier. Être comédien et musicien, je vois ça comme un immense terrain de jeu, dans lequel je peux évoluer sans frontière. Je ne souhaite pas faire carrière en Europe pour une question d’ego, mais plutôt pour multiplier les rencontres, relever de nouveaux défis, sortir de ma zone de confort. Je me disais depuis longtemps que ce serait cool d’aller travailler en France, et ça s’est fait tout naturellement avec Empathie. Des agences m’ont contacté et je suis maintenant représenté là-bas.

Irais-tu jusqu’à déménager, si tu décrochais un rôle dans une série française ?

Non. Pour moi, le Québec, c’est ma maison. Je pourrais très bien faire des allers-retours pour des tournages, mais je ne me vois pas faire l’inverse de mes parents, c’est-à-dire quitter le Québec pour m’installer en France. En novembre dernier, Jean-Philippe Perras et moi, nous avons assuré la première partie du spectacle d’Alain Souchon au Casino de Paris. Fouler la même scène que ce monument de la chanson française, c’était quasiment irréel comme expérience.

En terminant, qu’est-ce qui t’occupe présentement ?

Il y a la sortie de la deuxième saison de la série Le retour d’Anna Brodeur qui va sortir en mars. Je croise les doigts pour revenir dans Antigang. Je campe le mari cocu de la sergente-détective Carolanne Daigneault, interprétée par Karine Gonthier-Hyndman. Puis, à l’automne, il y aura le tournage de la deuxième saison d’Empathie. Florence Longpré est, paraît-il, en train de mettre la touche finale au scénario. J’ai vraiment hâte de découvrir la suite de l’histoire.

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