Adieu, Clou!

Marc de Foy
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Je savais Daniel Cloutier malade depuis longtemps. Mais j’ai été surpris lorsque mon ancien partenaire à la couverture du hockey, Pierre Durocher, m’a appris le décès de notre ancien collègue, mercredi.
La première image que j’ai de Daniel est lorsqu’on travaillait au bureau. Je le vois devant sa grosse bouteille de jus de tomate et ses peanuts en écales sur son pupitre. Ce qu’il pouvait en boire, du jus, et en manger, des peanuts!
C’étaient sûrement les deux produits qu’il déposait en premier dans son panier d’épicerie.
Pierre Durocher et Serge Touchette étaient ses plus grands amis dans le métier. Duro lui avait servi à la fois de garçon d’honneur, de photographe et d’animateur lors de son mariage avec sa bien-aimée Sylvie, à Las Vegas.
Le groupe s’était rendu ensuite à Red Rock Canyon, où Pierre avait pris de magnifiques photos du couple avec pour toile de fond les parois de grès rouge que l’on retrouve dans ce coin situé à proximité de Vegas.
La ville du Jeu était comme un deuxième chez-soi pour Daniel. Il y est allé souvent en sa qualité de chroniqueur de boxe et il y avait ses entrées partout.
La boxe n’était pas un milieu facile à couvrir à l’époque de Régis Lévesque et compagnie. Je me suis souvent demandé comment Daniel faisait pour composer avec certaines personnes de cet univers particulier, mais il s’en sortait très bien.
Tiens, mon Eddie!
«Clou», comme on le surnommait, est devenu mon idole quand j’ai appris qu’il avait envoyé paître le détestable Eddie Murray, alors avec les Dodgers de Los Angeles. Ça faisait suite à un mauvais tour que lui avait joué l’impayable Touche, qui savait que Murray ne voulait rien savoir des journalistes.
Ce dernier avait évolué longtemps avec les Orioles de Baltimore, de la Ligue américaine, de sorte que ce n’était pas tout le monde dans la confrérie journalistique montréalaise qui connaissait son aversion pour les scribes.
Touche en rit encore, mais Daniel s’était tenu debout face au coriace Eddie. Je ne sais pas comment les joueurs de balle sont de nos jours, mais il fut une époque où certains n’étaient pas plaisants à côtoyer.
Je garde de Daniel le souvenir d’un chic bonhomme et d’un journaliste polyvalent et dévoué à son travail.
Adieu, Clou!