Achat local: ils ont vendu plus d’un million de livres de radis en pleine guerre commerciale
L’entreprise Leciel de Mirabel a profité du virage des consommateurs


Mathieu Boulay
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Un producteur de radis propulsé par l'achat local liée à la guerre commerciale écoule près de 100 000 livres de radis par semaine depuis trois mois.
«Depuis le mois de mars, notre carnet de commandes est rempli toutes les semaines. On vend tout ce que nous avons», explique Steve Bertrand, directeur général des Serres Bertrand, à Mirabel.
C’est une première pour l’entreprise familiale qui a lancé sa production en 2024.
«L’an dernier, on avait connu de bons chiffres en avril et en mai, mais là, ça fait entre 12 et 15 semaines que ça perdure», mentionne le producteur.

Le succès des radis Leciel, qui coûtent entre 1,99$ et 2,49$ la botte, est tel que certains clients peuvent avoir de la difficulté à les trouver sur les étagères des épiceries durant les promotions.
Mercredi, les étagères d'un Metro de Montréal ont été vidées avant de voir le produit d'ici remplacé par celui d’une compagnie américaine pour satisfaire la demande.
«Les marchands n’ont pas l’obligation d’acheter de notre centre de distribution, précise M. Bertrand. Ils peuvent acheter par la porte d’en arrière à différents distributeurs qui, eux, ont accès à des radis américains qui sont moins chers. C’est fâchant de voir cela parce que nous sommes capables de suffire à la demande amplement.»

Même avec la guerre commerciale que se livrent le Canada et les États-Unis, des bannières d’alimentation continuent de mettre des produits américains sur leurs tablettes malgré la disponibilité d’une version locale.
«Il y a des marchands qui veulent faire plus de marge [à défaut] d’avoir des produits locaux dans leurs magasins», précise-t-il.
La renaissance du radis
Le radis a effectué un retour en force sur les tables des Québécois. Quel est l’élément déclencheur de cette nouvelle vague d’amour pour ce légume?
«Les chefs proposent de plus en plus de recettes avec des radis. On peut aussi en voir sur Instagram ou TikTok ou dans les médias traditionnels, mentionne la nutritionniste Isabelle Huot. Il ne faut pas oublier l’engouement des derniers mois pour les produits du Québec.
«Depuis deux ans, on voit le retour du radis dans les grandes tables de la gastronomie.»
On reconnaît le radis rouge pour son goût relevé. Dans les serres de Leciel, on fait pousser des variétés dont le goût est plus doux.
«On a eu de témoignages de quelques personnes âgées qui ont recommencé à manger des radis parce qu’ils sont plus faciles à digérer», ajoute M. Bertrand.

Sur le qui-vive
Lorsque la saison estivale arrive, les Serres Bertrand exportent une partie de leur production aux États-Uns. Avec le contexte actuel, le producteur québécois ne sait pas sur quel pied danser.
«Pour le moment, les tarifs pour les produits frais comme les radis sont suspendus, raconte Steve Bertrand. On reste toutefois à l’affût parce que la donne pourrait changer s’il y a de nouvelles directives.
«Si on n’est pas capables d’écouler notre production, ça pourrait devenir problématique. Ça pourrait faire mal.»
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