Accusations de violences sexuelles contre Patrick Bruel: des plaignantes réclament l’anonymat par peur des fans du chanteur


Cédric Bélanger
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Des femmes ayant accusé Patrick Bruel de violences sexuelles ont réclamé l’anonymat auprès des médias parce qu’elles redoutent la réaction des admirateurs du chanteur français.
C’est ce qu’a affirmé la journaliste de Mediapart qui a recueilli les témoignages de la majorité des quelque trente femmes qui ont dénoncé Patrick Bruel dans une série d’enquêtes publiées depuis mars.
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Certaines plaignantes craignent notamment le harcèlement sur les réseaux sociaux, a révélé Marine Turchi dans l’émission À l’air libre, diffusée sur le site de Mediapart et sur YouTube.
« Beaucoup m’ont dit : j’ai peur des fans de Bruel. [...] J’ai peur qu’ils retrouvent ma maison, qu’ils soient en bas de chez moi. Ce ne sont pas gens qui sont téléguidés par Patrick Bruel, mais des gens qui soutiennent Patrick Bruel. Ils n’entendent pas ces accusations, ils ne veulent pas voir ces témoignages. »
Ne pas devenir une porte-parole
Selon la journaliste Marine Turchi, certaines plaignantes sont des personnalités publiques, mais elles ont choisi de ne pas témoigner à visage découvert parce qu’elles ne veulent « pas devenir l’emblème de cette affaire ».
« On a une personne qui dit qu’elle ne veut pas être la porte-parole de cette cause parce que si elle va faire la promotion de quelque chose sur un plateau de télé, on va la questionner sur Patrick Bruel. On peut comprendre que quelqu’un ne veut pas être associé toute sa vie à Patrick Bruel. »
Les faits reprochés à Patrick Bruel par ces femmes, dont une journaliste de Montréal, se seraient produits entre 1991 et 2019.
Le chanteur, qui nie depuis le début toute contrainte ou violence, est visé par trois enquêtes judiciaires pour viol, tentative de viol et agression sexuelle, en France et en Belgique.
Par ailleurs, deux femmes ont porté plainte, mardi, devant le tribunal de Nanterre pour agression sexuelle et tentative de viol, rapporte Mediapart.
« Silence monumental »
Aussi présent sur le plateau de l’émission, le cofondateur de #MusicToo, collectif de lutte contre les violences sexuelles, a dénoncé « le silence monumental » dans l’industrie de la musique depuis l’éclatement du scandale.
« Je n’ai pas entendu un seul artiste important prendre une position. Je n’ai pas entendu un seul ou une seule Enfoirés [spectacle annuel au profit des Restos du Cœur dont Bruel est un participant fréquent] dire qu’il ne peut plus partager la scène avec ce monsieur jusqu’à ce que justice soit faite éventuellement », s’indigne Jean-Michel Aubry Journet.
Malgré les dénonciations et les appels à l’annulation d’organisations féministes, Patrick Bruel reste à l’affiche de la pièce de théâtre Deuxième partie, présentée depuis janvier à Paris. Sa tournée 35e anniversaire de l’album Alors regarde, qui doit notamment passer par le Québec, cet automne, demeure maintenue.