Accusations de viol collectif à l'endroit de joueurs de hockey: Isabelle Charest «ébranlée»
Deux joueurs des Voltigeurs de Drummondville auraient violé une ado en 2016


Mylène Richard
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La ministre du Sport Isabelle Charest est bouleversée par les accusations du viol collectif visant deux joueurs des Voltigeurs de Drummondville, en 2016.
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« C’est sûr que je suis ébranlée. C’est toujours la victime qui te revient en tête », a dit d’emblée la ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein air, jeudi, en marge de l’inauguration de la Maison du loisir et du sport, à Montréal.
« Le premier réflexe, ce sont des mauvais mots qui me viennent [en tête]. Je ne les répéterai pas... »
En début de semaine, Radio-Canada a révélé que Noah Corson a été accusé d’avoir agressé sexuellement une jeune fille de moins de 16 ans, avec deux autres mineurs, dont un était aussi un membre de l’équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Ces deux derniers ont déjà plaidé coupables devant la Chambre de la jeunesse. Le fils de l’ancien dur à cuire du Canadien Shayne Corson reviendra en cour cet été.
On n’a pas fini d’entendre parler d’agressions dans le sport, selon Mme Charest.
« Il va en sortir d’autres, parce qu’on a enfin des mécanismes pour dénoncer. On a enfin une voie d’entrée pour les victimes et pas seulement pour les milieux sportifs », a-t-elle soutenu.
« De plus en plus, je pense que les gens sont conscients que ces situations-là ne sont pas acceptables et qu’il faut les dénoncer haut et fort. Avant, on gardait ça pour nous, c’était de la sphère personnelle et on ne s’en mêlait pas. Il y a une prise de conscience collective. »
Préoccupations
La triple médaillée olympique en patinage de vitesse souhaite prendre soin des victimes, mais elle désire aussi enrayer ces agressions. Pour y parvenir, la sensibilisation et des ateliers comme ceux que les joueurs de la LHJMQ ont reçus en début de saison sur le consentement sexuel sont des pistes de solution.
« On est en train de voir quelles sont les ressources nécessaires pour s’assurer que toutes les plaintes sont reçues et traitées, a expliqué Mme Charest. On n’a pas fini de mettre des ressources et la formation fait partie de mes grandes préoccupations. »
L’initiatrice des ateliers offerts l’automne dernier aux joueurs de la LHJMQ, l’autrice, réalisatrice et politologue Léa Clermont-Dion avait mentionné au Journal plus tôt cette semaine que l’expérience devrait être renouvelée chaque année.
La ministre Charest a promis son appui à la LHJMQ.
Faire le ménage
Les scandales sexuels ayant assombri le monde du hockey junior ont mené notamment à la démission en bloc du conseil d’administration de Hockey Canada. La fédération a annoncé récemment les candidats qui pourraient former le nouveau C.A., une situation qui réjouit la députée caquiste de Brome-Missisquoi.
« Je trouve la composition très intéressante. Si je ne m’abuse, il n’y a qu’une personne qui a un lien direct avec le hockey : Cassie Campbell-Pascall [ancienne capitaine de l’équipe féminine canadienne]. Les gens ont une expertise en gouvernance, juridique, en litige, en médiation. On se sort complètement de la dynamique de la culture du hockey. Je trouve ça très intéressant. Ils sont là pour un an. C’est court, mais on fait un gros ménage. »