L’entente conclue entre l’Iran et les États-Unis n’a rien d’un véritable accord de paix, estime un analyste géopolitique indépendant.
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Dimanche, Téhéran et Washington se seraient entendus sur un accord de cessez-le-feu qui prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz. Le document doit être signé par les deux pays le 19 juin.
Pourtant, l’absence de termes clairs sur la question nucléaire, notamment, semble miner la crédibilité et surtout la portée de cet accord.
« Même les Américains actuellement n’ont pas l’air convaincus de ce qu’ils ont signé », a déclaré lundi l’analyste et fondateur du média indépendant 7 jours sur Terre, Benjamin Tremblay, en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal.
« On nous le présente comme une entente de paix. D’abord, il faut être extrêmement clair : ce n’est pas le cas, c’est un une extension du cessez-le-feu pour une période de 60 jours au bout de laquelle il doit y avoir une négociation de commencée », a-t-il précisé.
Ce délai de 60 jours pour entamer des négociations permet dans l’immédiat de rouvrir le détroit d’Ormuz et calmer la crise pétrolière déclenchée lors du début des frappes américaines et israéliennes à la fin février.
« Le reste, on a tout botté ça en touche », résume Benjamin Tremblay.
La fin des blocus dans le détroit d’Ormuz devrait être également à l’avantage de l’Iran. Téhéran avait besoin de recommencer à exporter massivement son pétrole et ainsi engranger de précieux revenus, souligne l’analyste géopolitique indépendant.
Il ne faut toutefois pas croire que cet accord signifie la fin du conflit.
« Cette période de 60 jours semble plutôt une extension du statu quo où on avait des négociations très passives entre les États-Unis et l’Iran sur des questions fondamentales où l’Iran fait des revendications maximalistes qui prennent acte de l’humiliation qu’ils viennent de servir aux États-Unis et à Israël dans cette guerre alors que les Américains essaient de contenir les dommages », explique Guillaume Tremblay.
Selon ce dernier, le fossé entre les deux pays est encore immense et il serait faux de penser que le régime de Téhéran est affaibli et vulnérable.
« On est à des kilomètres de s’entendre. Ce qu’on a fait aujourd’hui, c’était donc convenir de l’ouverture d’Ormuz pour que les deux puissent prendre un peu d’oxygène, mais qui est en contrôle de la situation fondamentalement ? Ce sont les Iraniens. Si jamais il y a une escalade de quelque sorte, que ce soit du côté du Liban ou encore une provocation vis-à-vis l’Iran par Israël ou par les États-Unis, nécessairement les Iraniens ont démontré qu’ils ont la capacité de fermer Ormuz, même pas en lançant un projectile de quelque forme que ce soit, mais juste par une déclaration », indique l’analyste.
L’accord est davantage une « détente pour faciliter des négociations éventuelles », soutient-il.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
