Tous les résultats
Publicité

Accessibilité au sport: les para-athlètes craignent d’être oubliés

La joueuse de basketball en fauteuil roulant Cindy Ouellet espère que les para-athlètes ne seront pas laissés pour compte si le gouvernement canadien annonce un plan de réinvestissement dans le sport.
La joueuse de basketball en fauteuil roulant Cindy Ouellet espère que les para-athlètes ne seront pas laissés pour compte si le gouvernement canadien annonce un plan de réinvestissement dans le sport. Photo JdeQ
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2026-03-25T20:08:51Z

Partager

Les athlètes olympiques se sont fait entendre sur la question du financement du sport dans les dernières semaines. À leur tour, les para-athlètes lancent un cri du cœur pour ne pas être laissés de côté et pour que l’accès au sport soit facilité.

Maintenant que les Jeux paralympiques sont derrière, des para-athlètes souhaitent profiter de l’élan actuel pour dénoncer les freins à la pratique de leur sport.

Ils dénoncent notamment un manque criant de ressources humaines pour l’encadrement et le développement de même que des infrastructures qui ne sont pas toujours adaptées à leur réalité.

Le rapport de la Commission sur l’avenir du sport au Canada dévoilé mardi s’est d’ailleurs avéré un premier pas pour appuyer les revendications des para-athlètes, selon Benoît Huot, président de Parasports Québec et ex-athlète de paranatation.

« La réalité qu’on vit sur le terrain est bien décrite dans ce rapport. Le sous-financement sportif a un impact direct sur la possibilité de développement d’un athlète.

« J’ai échangé dernièrement avec le secrétaire d’État aux sports, qui est un ami à moi, Adam van Koeverden. Aux Jeux à Milan, il m’a dit : “Benoît, on est là-dessus”. Dans les six prochains mois, il va y avoir des annonces qui vont se faire », a-t-il mentionné en entrevue.

Publicité
Plus que les médailles

Benoît Huot, maintenant président de Parasports Québec, lorsqu’il célébrait une victoire aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, en paranatation.
Benoît Huot, maintenant président de Parasports Québec, lorsqu’il célébrait une victoire aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, en paranatation. PHOTO COMITÉ PARALYMPIQUE CANADIEN

Huot a souligné que, comme les athlètes olympiques, les para-athlètes canadiens ont aussi vécu leur lot de déceptions à Milan. La récolte de 15 médailles a été inférieure à celle de 25 aux derniers Jeux d’hiver, en 2022.

Au-delà des médailles, il espère que l’accès au sport deviendra une priorité pour toute la population au pays.

« Si on ne réussit pas à développer et à amener de l’eau au moulin à la base du simple récréatif et de l’activité physique, ça va être difficile de pouvoir inspirer les prochaines générations », a-t-il résumé.

Dans le domaine parasportif, on rappelle notamment qu’une simple rampe à l’entrée d’un bâtiment suffit rarement à offrir un accès aux installations sportives.

Des coûts élevés

Cindy Ouellet, para-athlète en basketball en fauteuil roulant, s’est aussi jointe à l’effort de conscientisation.

Pour illustrer seulement quelques exemples de coûts associés à la pratique de son sport, elle a confié qu’il en coûtait 15 000 $ pour un fauteuil roulant de haute performance et 1500 $ pour changer des roues.

« J’ai la chance d’avoir un bon commanditaire, mais il y a des filles dans l’équipe canadienne dont les chaises ne sont même pas payées », a-t-elle dénoncé.

« Le besoin urgent, ce n’est pas juste des paroles en l’air. J’ai vraiment hâte de voir s’il y aura des changements. J’ai hâte aussi de voir du côté paralympique, si on va être laissé de côté », a-t-elle ajouté.

Évidemment, certains décrieront cet autre appel d’athlètes à investir davantage dans le sport. Ouellet estime que la société n’en récoltera que des gains à long terme.

« Le sport m’a littéralement sauvé la vie. On ne demande pas des millions de dollars par athlète. C’est ça qu’il faut réaliser. Il n’y a pas grand monde qui gagne 21 000 dollars par année et qui continue à représenter son pays par simple amour du sport. Tout le monde veut une photo avec des athlètes qui ont une médaille parce que ça, c’est cool. Quand c’est le temps de nous aider, par exemple, plusieurs ne veulent pas.

« L’argent qu’on va mettre dans le sport, il y a une minipartie qui va aller aux athlètes de haut niveau, mais la majorité va aller au développement de nos jeunes au Canada, au Québec. C’est ça qu’il faut regarder », a-t-elle plaidé.

Publicité
Publicité