Abolition des bagarres: la décision de la LHJMQ a fait jaser jusqu'en Australie
François-David Rouleau et Jessica Lapinski
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Six mois après que la LHJMQ a annoncé qu'elle bannissait les bagarres, quel impact cette décision a-t-elle eu sur le monde du hockey? Le Journal a sondé, durant les dernières semaines, des ligues de partout dans le monde, des joueurs qui défendent ardemment les combats et des experts qui s'inquiètent pour le cerveau des athlètes. Nous vous présenterons les résultats au cours des prochains jours.
«Les plus grands pussies de l’Amérique du Nord», des «poulets à la merde», «des maudits francophones bons à rien». Le Québec avait mangé toute une volée sur les réseaux sociaux en mars, quand la LHJMQ a annoncé qu’elle abolirait les bagarres. En plus de se faire écœurer, l’on réalise six mois plus tard que le monde du hockey se fiche de cette décision.
Même si la science affirme que les bagarres au hockey peuvent avoir des conséquences terribles sur le cerveau, les autres ligues sondées par Le Journal ne songent pas imiter la LHJMQ.
Au cours des dernières semaines, nous avons consulté 80 d'entre elles, dans le monde, afin de voir si la décision de la LHJMQ d’abolir les bagarres allait faire des petits à l'échelle de la planète.
Et il se trouve que ce changement de taille dans la réglementation du circuit junior québécois a fait jaser jusqu’en Australie.
- Écoutez l'entrevue avec Dr Louis de Beaumont, Neuropsychologue clinicien spécialisé dans l’étude des commotions cérébrales, chercheur pour l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal et amateur de hockey au micro d’Alexandre Dubé via QUB radio :
Pas «dans l'ADN»
Oui, il y a du hockey au pays des kangourous. Dix équipes forment la AIHL, la Australian Ice Hockey League, dans laquelle patinent d’ailleurs des Québécois.
Comme la vaste majorité des ligues de hockey amateur et professionnel sur le globe, la AIHL applique le livre de jeu de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG), dans lequel les bagarres sont proscrites.
Et quand elles surviennent, elles sont sanctionnées. «Les combats ne font pas partie de l’ADN de la Fédération internationale de hockey sur glace», peut-on lire dans son livre des règlements.
Les sanctions sont laissées à la discrétion des officiels, mais une bagarre peut mener à une éjection du match.
Les compétences plutôt que les poings
Interdisant déjà les combats sur la glace, la AIHL a levé son chapeau à la LHJMQ.
«Nous sommes des partisans du développement du jeu et de l’application de l’esprit sportif, a expliqué par courriel le directeur des opérations du circuit australien, Ben Armstrong. Il faut mettre l’accent sur les compétences et la discipline pour continuer à pousser nos athlètes, juniors ou pros, à devenir des athlètes d’élite. Qu’ils soient respectés et des modèles pour les futurs joueurs.»
Bravo, mais non merci
La Federal Prospects Hockey League (FPHL), une ligue mineure qui compte 11 équipes aux États-Unis, et dans laquelle a déjà évolué l’ancien du Canadien, Pierre Dagenais, a aussi salué l’initiative du circuit Cecchini, mais dit ne pas vouloir «emprunter cette voie».
«C’est une bonne chose pour les juniors», a indiqué le commissaire de la FPHL, Donald Kirnan.