Tous les résultats
Publicité

Abolition des bagarres: la décision de la LHJMQ a fait jaser jusqu'en Australie

François-David Rouleau et Jessica Lapinski

2023-11-04T04:00:00Z

Partager

Six mois après que la LHJMQ a annoncé qu'elle bannissait les bagarres, quel impact cette décision a-t-elle eu sur le monde du hockey? Le Journal a sondé, durant les dernières semaines, des ligues de partout dans le monde, des joueurs qui défendent ardemment les combats et des experts qui s'inquiètent pour le cerveau des athlètes. Nous vous présenterons les résultats au cours des prochains jours.


«Les plus grands pussies de l’Amérique du Nord», des «poulets à la merde», «des maudits francophones bons à rien». Le Québec avait mangé toute une volée sur les réseaux sociaux en mars, quand la LHJMQ a annoncé qu’elle abolirait les bagarres. En plus de se faire écœurer, l’on réalise six mois plus tard que le monde du hockey se fiche de cette décision. 

Même si la science affirme que les bagarres au hockey peuvent avoir des conséquences terribles sur le cerveau, les autres ligues sondées par Le Journal ne songent pas imiter la LHJMQ. 

Au cours des dernières semaines, nous avons consulté 80 d'entre elles, dans le monde, afin de voir si la décision de la LHJMQ d’abolir les bagarres allait faire des petits à l'échelle de la planète. 

Et il se trouve que ce changement de taille dans la réglementation du circuit junior québécois a fait jaser jusqu’en Australie. 

Publicité
  • Écoutez l'entrevue avec Dr Louis de Beaumont, Neuropsychologue clinicien spécialisé dans l’étude des commotions cérébrales, chercheur pour l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal et amateur de hockey au micro d’Alexandre Dubé via QUB radio :

Pas «dans l'ADN»

Oui, il y a du hockey au pays des kangourous. Dix équipes forment la AIHL, la Australian Ice Hockey League, dans laquelle patinent d’ailleurs des Québécois. 

Comme la vaste majorité des ligues de hockey amateur et professionnel sur le globe, la AIHL applique le livre de jeu de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG), dans lequel les bagarres sont proscrites. 

Et quand elles surviennent, elles sont sanctionnées. «Les combats ne font pas partie de l’ADN de la Fédération internationale de hockey sur glace», peut-on lire dans son livre des règlements. 

Les sanctions sont laissées à la discrétion des officiels, mais une bagarre peut mener à une éjection du match.

Les compétences plutôt que les poings

Interdisant déjà les combats sur la glace, la AIHL a levé son chapeau à la LHJMQ. 

«Nous sommes des partisans du développement du jeu et de l’application de l’esprit sportif, a expliqué par courriel le directeur des opérations du circuit australien, Ben Armstrong. Il faut mettre l’accent sur les compétences et la discipline pour continuer à pousser nos athlètes, juniors ou pros, à devenir des athlètes d’élite. Qu’ils soient respectés et des modèles pour les futurs joueurs.»

Publicité
Bravo, mais non merci

La Federal Prospects Hockey League (FPHL), une ligue mineure qui compte 11 équipes aux États-Unis, et dans laquelle a déjà évolué l’ancien du Canadien, Pierre Dagenais, a aussi salué l’initiative du circuit Cecchini, mais dit ne pas vouloir «emprunter cette voie».

«C’est une bonne chose pour les juniors», a indiqué le commissaire de la FPHL, Donald Kirnan. 

Autres réactions

Outre ces réponses, ainsi que les ligues semi-pro québécoises que nous avons approchées, voici comment les principales ligues réagissent aux combats:


Ligue junior de l’Ouest

À Sportsnet, son commissaire, Ron Robison, a déclaré en mars dernier n’avoir «aucun plan afin de changer les règles entourant les bagarres [pour cette saison]», signifiant que son circuit avait déjà «pris des mesures afin de réduire le nombre de combats». 


Ligue junior de l’Ontario

En mars, le commissaire David Branch ne se sentait pas à l’aise de commenter davantage, puisque le détail des nouvelles règles de la LHJMQ n’était pas encore totalement dévoilé. «Je crois que la situation au Québec amène certainement notre ligue à porter à nouveau son attention sur les combats et sur ce que nous devrions éventuellement envisager de faire», a-t-il tout de même mentionné à Sportsnet. 


Ligue américaine et ECHL

Les deux filiales de la Ligue nationale disent avoir resserré les sanctions au fil des sept dernières années. Un joueur qui se bat plus de 10 fois dans une saison sera suspendu. Les joueurs qui se battent immédiatement après une mise en jeu (ce qui est appelé un combat mis en scène, ou stagé) sont aussi exclus de la partie. 


Europe et KHL

En Europe, les grandes ligues utilisent le livre de jeu de la Fédération internationale de hockey sur glace, qui interdit les combats.

Dans la KHL, où des images montrant de violentes bagarres ont parfois fait le tour du monde, le livre des règlements a été adapté au fil des ans, mais les combats sont toujours permis. 

Publicité
Publicité