Se débarrasser de la monarchie ne fait pas partie des priorités de la CAQ


Charles Lecavalier
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Même si une forte majorité de Québécois souhaite rompre avec la monarchie britannique, la Coalition avenir Québec n’a pas l’intention de s’aventurer sur ce terrain miné.
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« Les Québécois ont bien d’autres priorités à l’heure actuelle et ne souhaitent pas voir leur gouvernement s’engager dans ce processus, surtout en crise sanitaire », affirme Florent Tanlet, porte-parole de la ministre responsable des Institutions démocratiques, Sonia LeBel.
Lors de son virage nationaliste en 2015, la CAQ avait flirté avec la possibilité d’éliminer le poste de lieutenant-gouverneur.
Le parti envisageait alors de ne pas formuler d’avis de nomination à Ottawa pour pourvoir le poste lors du départ du lieutenant-gouverneur actuel, J. Michel Doyon, une fois au pouvoir.
Ce serait le juge en chef de la Cour d’appel qui se retrouverait avec la tâche de signer les décrets et les lois adoptées par l’Assemblée nationale.
Idée abandonnée
L’idée a toutefois été abandonnée et est difficilement applicable : l’ancien premier ministre Stephen Harper n’avait même pas daigné consulter Philippe Couillard avant de choisir M. Doyon.
Le gouvernement Legault questionne « la pertinence en 2020 » de « l’historique constitutionnel », mais ne va pas plus loin.
Le gouverneur général et ses représentants provinciaux sont le vestige de l’époque coloniale, mais au-delà du symbole, la monarchie est dispendieuse : elle coûte 67,1 millions $ par année, selon un décompte effectué par notre Bureau d’enquête.
« Inutile et archaïque »
D’autres partis sont plus volontaristes : Québec solidaire et le Parti québécois veulent l’abolition de la monarchie.
Les deux partis indépendantistes ont réagi au sondage Léger du Journal, selon lequel trois Québécois sur quatre souhaitent voir le Canada rompre ses liens de manière définitive avec la Couronne britannique.
Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié la présence au pays de la monarchie de « vieillerie absolument inutile et antidémocratique ». Il lance le défi au premier ministre du Québec, François Legault, de se prononcer sur le sujet.
Paul St-Pierre Plamondon constate que « la population semble prête à nous suivre là-dedans ».
«Nous sommes pris depuis bien trop longtemps avec un système monarchique inutile, archaïque et colonialiste qui dilapide nos fonds publics, dit-il. On a déjà proposé nos solutions: on s’en débarrasse, on récupère notre argent, on le place en éducation, puis on prend notre pleine et entière liberté́», a ajouté le chef péquiste.

Plus nuancée, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, se dit « ouverte aux différentes conversations » devant « un manque de transparence, un manque de reddition de comptes » de la couronne britannique et de sa représentante au Canada, l’ex-gouverneure générale Julie Payette.
