Abby Boreen méritait un meilleur sort


Patric Laprade
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L’équipe féminine de hockey des États-Unis a été affligée par un nombre important de blessées depuis qu’elle a annoncé sa formation pour la deuxième portion de la Série de la rivalité, cette confrontation annuelle face au Canada. Quatre attaquantes ont été remplacées et ce qui est choquant, c’est que la cinquième meilleure marqueuse de la LPHF parmi les joueuses américaines, Abby Boreen de la Victoire de Montréal, n’a pas été choisie.
Ne pas avoir choisi Boreen dans l’équipe était difficile à comprendre lorsque la liste originale a été publiée à la fin janvier. C’est encore plus incompréhensible cette fois-ci, avec non pas une, mais quatre joueuses qui doivent s’absenter.
Les quatre joueuses en question sont Alex Carpenter, Grace Zumwinkle, Hayley Scamurra et Gabby Rosenthal. De ce groupe, seule la présence de Rosenthal au lieu de Boreen était discutable lorsque la liste originale a été publiée.
Pour les remplacer, l’équipe américaine a sélectionné Izzy Daniel, Mannon McMahon, Maureen Murphy et Clair DeGeorge.
Et c’est à ce moment-là que cela devient inexplicable.
Daniel joue pour Toronto et est une recrue venant de l’Université Cornell. Elle a beaucoup de talent et devrait devenir une très bonne joueuse dans la ligue, mais c’est seulement sa première année et jusqu’à présent, elle a quatre points en 15 matchs. Elle a été repêchée au troisième tour par les Sceptres, un rang après Abby Boreen.
McMahon est un choix de cinquième ronde de la Charge d’Ottawa. Elle a été capitaine des Bulldogs de Minnesota-Duluth la saison dernière et bien qu’elle ait joué plus de minutes récemment qu’au début de la saison, elle joue sur le troisième trio d’Ottawa. Elle a trois points, dont un match de deux buts contre Toronto le 14 janvier. Elle n’a pas ajouté un seul point depuis.
Daniel et McMahon n’ont jamais joué avec l’équipe des États-Unis par le passé, à quelque niveau que ce soit.
Murphy et DeGeorge avant Boreen
Maintenant, ce qui ajoute l’insulte à l’injure ici, c’est qu’au lieu de Boreen, les États-Unis ont choisi deux de ses coéquipières avec la Victoire de Montréal, soient Maureen Murphy et Clair DeGeorge. Deux joueuses qui n’ont pas la saison que Boreen a jusqu’à présent.
Choix de troisième ronde de Montréal en 2023 et signée pour trois ans, Murphy a connu une bonne première saison avec 16 points en 24 matchs. Mais elle ne produit pas au même rythme cette saison avec seulement deux points en 12 matchs. Principalement utilisée sur le deuxième ou troisième trio, elle a également été utilisée deux fois comme 13e attaquante et a été rétrogradée sur le quatrième trio lors du dernier match de Montréal dimanche.
Bien qu’en santé, Clair DeGeorge n’a pas joué dimanche et n’a pas inscrit son nom sur la feuille de pointage en 13 matchs cette saison. Choix de sixième ronde au repêchage de 2023 par Minnesota, elle a été invitée au camp de Montréal cette saison. Elle a obtenu un seul point en 33 matchs la saison dernière, incluant les séries éliminatoires, et ne joue en moyenne que huit minutes par match avec Montréal.
Les deux ont joué ensemble avec l’équipe des États-Unis U18 et ont déjà joué dans la Série de la rivalité.
Pour sa part, Abby Boreen joue sur la première ligne de la meilleure équipe de la ligue en ce moment, aux côtés de Marie-Philip Poulin et Jennifer Gardiner. Elle a cinq buts et cinq aides pour 10 points en 14 matchs. C’est mieux que quiconque parmi les Américaines sauf Kendall Coyne Schofield, Taylor Heise, Alex Carpenter et Hilary Knight. Elle est devenue l’une des joueuses préférées de Montréal parmi les partisans et la direction.
«Elle a eu un impact majeur sur notre groupe, a déclaré l’entraîneuse-cheffe de Montréal, Kori Cheverie, plus tôt cette saison. Sur la glace et aussi dans le vestiaire, et c’était quelque chose qui était important pour nous avec n’importe quelle joueuse que nous avons repêchée. Elles doivent avoir un impact sur la glace, mais, plus important encore, leur caractère dans le vestiaire vient en premier et nous croyons que le groupe que nous avons ici est un groupe vraiment spécial. Et elle continue d’ajouter à cela tous les jours.»
Alors, comment expliquer qu’elle a été délaissée, en particulier au profit de Daniel, McMahon, Murphy, et DeGeorge?
Si un seul poste était libre et que vous ne choisissez pas Boreen, je peux comprendre. Mais lorsque quatre postes s’ouvrent et que vous ne l’invitez pas, quelque chose ne va pas.
Il est également important de préciser que ses études n’ont rien à voir sa non-sélection. Elle n’a pas refusé d’y aller ; elle n’a tout simplement pas été invitée.
«Si une occasion se présente, j’adorerais ça. J’y serais allée si on me l’avait offert, mais il n’y a pas vraiment eu beaucoup de discussions entre moi et USA Hockey», m’a-t-elle dit le 27 janvier dernier.
Pourquoi Abby Boreen ne fait-elle pas partie d’Équipe États-Unis?
C’est une question légitime.
Puisqu’elle était prête à y aller, pourquoi Abby Boreen ne fait-elle pas partie de l’équipe américaine?
Essayons de comprendre le tout par élimination.
Le fait qu’elle n’ait pas fait partie d’une équipe américaine à un autre niveau ne peut être un facteur maintenant qu’Izzy Daniel et Mannon McMahon ont été invitées.
L’entraîneur-chef John Wroblewski n’a jamais eu Boreen sous ses ordres auparavant, lui qui dirige les Américaines que depuis 2022 et qui n’est pas impliqué dans la LPHF. Il en va de même pour la directrice générale des États-Unis Katie Million, qui n’est impliquée avec aucune équipe de la LPHF et qui est aussi en poste que depuis 2022. Même chose pour la dépisteuse en chef de l’équipe américaine Haley Skarupa, qui a commencé avec USA Hockey il y a un peu plus d’un an. Il serait surprenant que les trois aient une raison d’ignorer volontairement Boreen.
Et enfin, il y a les joueuses.
Cinq joueuses de l’équipe des États-Unis, dont Zumwinkle, sont d’anciennes coéquipières de Boreen avec Minnesota. Parmi elles, le capitaine du Frost, Kendall Coyne-Schofield, qui, comme on le sait, a beaucoup d’influence sur les équipes avec lesquelles elle joue.
Est-ce que Boreen aurait été victime de politique interne? Serait-ce une situation comme quand Isiah Thomas n’a pas fait le « Dream Team » parce que certains joueurs, dont Michael Jordan, ne voulaient pas de lui? Est-ce que quelque chose s’est passé la saison dernière entre Boreen et certaines des joueuses du Minnesota?
C’est la même équipe qui a eu trois chances de choisir Boreen au repêchage de 2024 et qui ne l’a pas fait, choisissant plutôt Klara Hymlarova, qui était classée plus bas que Boreen et qui n’a qu’un point en 15 matchs jusqu’à présent cette saison, jouant sur la quatrième ligne.
Cela dit, ce ne sont que des faits et des points d’interrogation que je soulève. Personne ne connaît la raison derrière cette omission.
Mais il doit y en avoir une. Et ça ne peut sentir bon.
Parce que si ce n’est pas elle qui ne veut pas y aller, si ce n’est pas la direction ou les joueuses qui ne veulent pas d’elle, Abby Boreen, basée uniquement sur sa saison jusqu’à présent, aurait dû faire l’équipe.
Elle aurait dû faire partie de la formation originale et encore plus lorsque l’équipe devait ajouter quatre autres attaquantes. Espérons que l’équipe américaine s’en rendra compte avant les championnats mondiaux.