À tous les jeunes Vincent Desharnais, n’abandonnez pas!

Marc-André Perreault
Partager
La première personne à laquelle j’ai pensé en lisant le cri du cœur de mon collègue Alexandre Picard, c’est Vincent Desharnais.
- À lire aussi: Le hockey mineur québécois est presque incurable
Le grand (très grand) défenseur des Oilers d’Edmonton est l’exemple parfait qu’en se concentrant uniquement sur les petites vedettes de 12-13 ans de chaque équipe, tu passes à côté de potentiel futur joueur de la Ligue nationale de hockey comme Desharnais.
Vincent a notamment joué Novice A et à sa première année Bantam, on lui a dit qu’il n’était pas assez bon pour le AA... Vrai qu’il a eu la chance de jouer du hockey AAA d’été à quelques occasions, mais croyez-moi, il était loin d’être sur le radar des «grands spécialistes» de son association de hockey mineur. Plus tard, il a joué une saison à Lake Placid, une autre à Chiliwack dans la BCHL avant de jouer pour l'Université Providence dans la NCAA pendant 4 ans. Chaque fois, il commençait la saison comme le défenseur de trop pour finalement terminer comme un rouage important de son équipe. Même qu’à sa dernière année à Providence, il a été nommé capitaine. C’est ça, Vincent Desharnais, l’évolution d’un gars qui a dû bûcher plus fort que les autres.
Choix de 7e tour des Oilers, il s’est promené quelques saisons entre l'ECHL à Wichita et la Ligue américaine à Bakersfield. La saison dernière, il était le 7e défenseur le plus utilisé des Oilers et il devait se battre pour chaque minute de jeu. Depuis le début des présentes séries, il joue en moyenne 16 min 49 sec par rencontre (3 min 14 sec de plus que lors des séries 2023) et lors du match numéro 4, c’est lui qui était sur la glace dans les derniers instants de la rencontre pour conserver l’avance d’un but. Parlez-moi d’une progression aussi fulgurante que méritée!
J’ai eu la chance de jaser avec sa maman Josée, une perle. En fait, toute la famille Desharnais est très spéciale. Vincent leur parle tous les jours. Durant la journée et après chaque rencontre ils discutent de vive voix ou par textos. C’est beau à voir à quel point ils sont tissés serrés.
S’il y a une chose qui saute aux yeux de sa maman, c’est la confiance de fiston qui augmente à chaque match. Il se considère aujourd’hui comme un joueur établi de la LNH et n’a plus du tout le syndrome de l’imposteur. Pas qu’il doutait, mais disons que les dernières marques de confiance de son entraîneur envers lui en sont la preuve ultime. Vincent trouve ça flatteur, mais il ne prend pas ça comme du cash et il sait qu’il va devoir continuer à faire ce qu’il a toujours fait: travailler plus fort que les autres.
Vincent Desharnais joue un rôle important au sein d’une équipe qui est une prétendante légitime aux grands honneurs. Ses coéquipiers le respectent, l’aiment et ils reconnaissent son importance. Imaginez si Vincent s’était découragé parce qu’il était dans le Novice A ou parce qu’il s’est fait dire qu’il n’était pas assez bon pour le Bantam AA. La progression au hockey, c’est long et surtout TRÈS différent d’un enfant à l’autre. De privilégier l’élite chez les jeunes est tout simplement épouvantable et stupide. Regardez Vincent ;-).