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À Toronto: le temps presse

Auston Matthews et Steven Stamkos s’échangeant une poignée de main après l’ultime match samedi soir à Toronto.
Auston Matthews et Steven Stamkos s’échangeant une poignée de main après l’ultime match samedi soir à Toronto. Photo USA TODAY Sports
Photo portrait de Yvon Pedneault
2022-05-16T09:00:00Z

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Le printemps dernier, les Maple Leafs de Toronto ont plongé dans le piège de l’équipe surdouée face à une formation qui s’amenait en séries éliminatoires par la porte arrière.

C’était une question de formalité.

Deux semaines plus tard, Carey Price et cette brigade défensive gonflée à bloc réalisaient l’impensable. Le Canadien éliminait les Leafs parce que Auston Matthews, Mitch Marner, et leur groupe se croyaient à l’abri en demeurant dans leur zone de confort.

Ils ont été pris au piège. Comme lors des années précédentes où ils firent chou blanc dans les matchs ultimes.

Peut-on sauter à la même conclusion cette année ?

Non.

Certains diront qu’ils ont échappé la série lors du match #4. Peut-être. Mais, n’oublions pas qu’ils affrontaient les champions en titre, le Lightning de Tampa Bay, une équipe qui, au fil des dernières années, a appris à gagner. Une équipe qui surmonte les obstacles en défiant l’adversité.

Le match ultime de samedi l’a clairement démontré. Quand Brayden Point est tombé au combat, on croyait que c’était la fin du Lightning. Comment pouvait-il résister face à l’une des meilleures formations de la ligue ?  

Encore une fois, les joueurs du Lightning avaient une réponse. Ils ont offert une clinique sur l’art de contrer l’adversaire. Combien de tirs bloqués ? Et par qui ? Un peu tout le monde. Ils ont lutté comme un champion sait le faire : en démontrant beaucoup d’énergie et en évitant de commettre des revirements. Et, devant le filet, Andrei Vasilevskiy, encore une fois, a été magistral.

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Matthews et Marner

À Toronto, c’est encore une fois une saison qui prend fin dans la déception. Mais, cette fois-ci, les Maple Leafs n’ont pas à rougir de leur performance.  

Ils affrontaient un géant. Matthews et Marner ont fourni un effort louable sauf qu’on leur demande de se démarquer dans les moments les plus stratégiques, or, ils n’ont pas marqué. En fait, ils devaient faire la différence. Ça ne s’est pas matérialisé, encore une fois.

Peut-on s’attendre à des changements au niveau administratif ? Brendan Shanahan et Kyle Dubas ont bâti une équipe de premier plan. Une formation spectaculaire.  

Mais, au bout du compte, ce sont les victoires qui influencent les décideurs. Les Leafs ont échoué non pas sans avoir lutté, sans avoir bataillé, mais ils sont incapables de sortir du bourbier dans lequel ils sont empêtrés depuis des années, c’est-à-dire apprendre à gagner le match ultime.  

Y aura-t-il des changements au niveau des effectifs ? Sans doute. Si Dubas et Shanahan poursuivent l’aventure, s’ils obtiennent la bénédiction des propriétaires, ils devront trouver des solutions rapides. Le temps presse.

Pourquoi ?

Auston Matthews disputera l’an prochain, la quatrième saison de son entente de cinq ans. Rappelez-vous, il avait refusé une entente de sept ou huit ans.  

Donc, après la prochaine saison, on connaîtra le plan que le meilleur buteur de la ligue a concocté pour le reste de sa carrière. À partir du 1er juillet 2023, les Leafs seront en mesure d’entreprendre des négociations avec Matthews qui embarquera dans la dernière année de son entente.

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Veut-il demeurer à Toronto ?

Ce sera un dossier qui soulèvera les spéculations, un dossier qui monopolisera toute l’attention.

Quand Matthews a exigé une entente de cinq ans, devait-on à ce moment-là en conclure qu’il pourrait éventuellement quitter Toronto ?

Possible.

S’il poursuit sur sa lancée, il fera sauter la banque. Que ce soit à Toronto ou chez lui aux États-Unis. Il a pris une décision d’affaires et une décision qui lui fournira plusieurs options.

Par conséquent, les dirigeants des Leafs, lors de leur post-mortem devant les propriétaires, devront élaborer un modèle d’affaires avec des perspectives d’avenir pouvant subir plusieurs bouleversements dans un avenir pas très lointain. 

Bergeron : en réflexion

Dans un autre ordre d’idées, j’observais Patrice Bergeron, après l’élimination des Bruins de Boston, face à une équipe supérieure, celle des Hurricanes de la Caroline. Il est demeuré sur la patinoire, il a fait l’accolade avec chacun des joueurs des Bruins puis il s’est dirigé vers le vestiaire de son équipe.

Plus tard, il a répondu à la question à savoir s’il sera de retour l’an prochain, et il a laissé tomber qu’il prendrait son temps avant d’annoncer sa décision.

Le capitaine des Bruins vient de terminer une 18e saison avec cette équipe. 1216 matchs en saison régulière et 147 en séries éliminatoires. Il est l’image de cette équipe, un joueur qui a toujours bien représenté son organisation, un patineur qui appartient à ce groupe d’athlètes qu’ont admirés et adulés les amateurs de sport de cette grande région.

Brad Marchand, secoué par la défaite des Bruins, mais surtout par la possibilité qu’il s’agissait peut-être du dernier match de son coéquipier de toujours, n’a pas caché qu’il se voit mal sans son joueur de centre à ses côtés. « Nous avons passé les 13 dernières années sur la même ligne d’attaque. Je ne peux m’imaginer cette équipe sans lui. Il est le cœur des Bruins. »

Marchand ignore quelle décision prendra Patrice Bergeron, qui devient joueur autonome sans compensation à partir du 1er juillet.  

Mais, il a parfaitement raison quand il affirme qu’il est difficile de s’imaginer les Bruins sans leur grand leader.

On dit dans la région de Boston qu’il appartient à la même catégorie que Tom Brady parmi les athlètes les plus appréciés par le public.

Cette défaite des Bruins face aux Hurricanes aura également des répercussions. La patience n’habite pas les dirigeants des Bruins. L’organisation sait très bien qu’il y a un virage important à effectuer.

La dernière série a démontré que cette équipe manque de profondeur. Sa brigade défensive est en bonne santé, mais son attaque a besoin d’un traitement-choc. Quand Bergeron et Marchand ne produisent pas, les Bruins sont en panne sèche. On a tenté quelques expériences, notamment la présence de David Pastrnak sur le deuxième trio, mais les résultats n’ont pas été concluants, particulièrement en séries éliminatoires.

Quant au capitaine, il y a fort à parier que les propriétaires des Bruins lui réserveront un poste important dans l’organigramme de l’entreprise si jamais il décide de prendre sa retraite.

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