À quand le premier homme de 100 millions par saison?


Stéphane Cadorette
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Le gigantesque contrat de six ans pour 330 millions que les Bills ont consenti à Josh Allen nous rappelle que, plus vite qu’on ne pourrait l’imaginer, un quart-arrière dans la NFL finira par toucher au chiffre magique de 100 millions par saison.
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Sur le plan de la valeur absolue, Allen se situe désormais au deuxième échelon, derrière les 450 millions pour 10 ans que les Chiefs ont consentis à Patrick Mahomes.
Pour ce qui est de la valeur par saison, à 55 millions, il siège aussi au deuxième rang, derrière la moyenne annuelle de 60 millions de Dak Prescott avec les Cowboys. C’est une absurdité totalement farfelue que Prescott se retrouve au premier rang, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire.
Je sais, c’est complètement fou de dire que le contrat accordé à Josh Allen est juste, mais, dans la réalité actuelle de la NFL, c’est même une très bonne affaire pour les Bills.
Avant cette renégociation avec les Bills, Allen logeait au 14e rang chez les quarts-arrières en ce qui a trait à la moyenne salariale annuelle. Il faut admettre que ce n’était absolument pas conséquent avec la qualité de son jeu, qui lui a valu le titre de joueur le plus utile de la ligue la saison dernière.
Pas si gourmand

La valse des millions dans le sport professionnel demeure indécente, mais la réalité est que Josh Allen méritait sa gargantuesque augmentation si l’on se fie aux lois actuelles du marché.
À titre comparatif, il touche le même salaire annuel que ceux de Jordan Love (Packers), de Trevor Lawrence (Jaguars) et de Joe Burrow (Bengals).
On s’entend qu’à ce jour, parmi les joueurs cités, seul Burrow est dans sa ligue. Il ne représente pas la même menace qu’Allen en matière de courses, mais, comme passeur, Burrow est aussi dans une classe à part.
On aurait donc pu s’attendre à ce que le quart-arrière des Bills aille chercher plus d’argent annuellement que ces trois-là et même encore plus que Dak Prescott, qui ne mène les Cowboys nulle part. En ce sens-là, les Bills ont bien manœuvré.
Certains diront que les Bills n’ont pas franchi la finale de la Conférence américaine avec Allen aux commandes. La vraie question qu’il faut se poser, c’est plutôt la suivante: où seraient-ils sans lui? Allen a clairement élevé le jeu de tout le monde autour de lui à Buffalo et personne ne peut réellement remettre en cause son gros contrat.
Comme à saute-mouton
Et revenons maintenant à notre futur homme de 100 millions. Il y a quelques années à peine, on aurait bien pu en rire, mais certainement plus maintenant.
Chaque année, les quarts-arrières signent des ententes de plus en plus lucratives.
Rappelez-vous, en 2018, quand Kirk Cousins s’entendait avec les Vikings pour 28 millions par saison. Le chiffre nous semblait tellement astronomique! On ne parle pourtant pas de l’époque de la télé en noir et blanc, mais d’il y a sept ans à peine. Aujourd’hui, 19 quarts-arrières dans la NFL touchent plus de 28 millions par saison.
Chaque année, un quart-arrière de renom se voit accorder une prolongation de contrat et devient le quart-arrière le mieux rémunéré sur une base annuelle. Cette place sur le trône ne dure que le temps d’une chanson, puisqu’un autre le surpasse et ainsi de suite. C’est comme un saute-mouton pour archimillionnaires.
Un plafond qui explose
En 2021, le plafond salarial dans la NFL était fixé à 182 millions. Cette saison, il explosera à 279,2 millions, une augmentation de près de 100 millions en quatre ans.
Les quarts-arrières, plus que toute autre position, profitent allègrement de ce buffet à volonté. Grand bien leur en fasse, ils n’ont rien volé de cette manne qui s’offre à eux.
Dans quelques années, Patrick Mahomes et les Chiefs revisiteront leur pacte de 10 ans conclu en 2020. Déjà, il est inconcevable qu’il ait glissé au 13e rang des quarts-arrières les mieux payés annuellement. D’autres cogneront à la porte de leur organisation pour «corriger» à leur tour leur situation.
Puis, une vague de jeunes qui sont actuellement sur des contrats de recrue fera sauter la banque.
D’ici peu, les Jayden Daniels (Commanders), CJ Stroud (Texans), Drake Maye (Patriots), Bo Nix (Broncos) et autres feront la file.
Et quand ces jeunes auront touché le gros lot, les vétérans comme Allen et Burrow rappelleront rapidement qu’ils méritent plus de blé que les jeunes qui les ont surpassés dans l’échelle. La roue va continuer de tourner, de manière toujours plus infernale.
Vraiment, on est plus proche qu’on pense du premier homme à 100 millions au football.