À quand Lane Hutson au sein de la première vague de l’attaque massive du Canadien?


Jonathan Bernier
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Mike Matheson est une farouche bête de travail. Soir après soir, il est le joueur le plus utilisé par Martin St-Louis. Forces égales, attaque massive, désavantage numérique: le vétéran est de tous les combats.
En général, il s’en tire plutôt bien. D’ailleurs, avec ses 10 points au compteur, 10 passes, il prouve qu’il n’a rien perdu de son flair offensif. Sauf que le défenseur de 30 ans est magané. Et pas besoin de s’asseoir dans l’infirmerie pour le constater.
Son coup de patin est moins fluide. Il semble y avoir un peu de raideur dans ses déplacements. Comme un gars de 45 ans qui se lève le matin avec des courbatures. C’est moins le cas depuis deux semaines, mais au mois d’octobre, il s’est absenté de l’entraînement à quelques occasions pour subir des traitements.

Pour éviter de l’hypothéquer davantage et s’assurer de pouvoir compter sur lui à travers cet éreintant calendrier de 82 matchs, l’entraîneur-chef du Tricolore devrait peut-être alléger sa tâche de travail.
On coupe où? demandez-vous. En supériorité numérique. En tant que quart-arrière de la première unité, il n’est pas rare que Matheson passe plus de quatre minutes sur la surface de jeu dans cette situation. Avec un temps d’utilisation de 3 min et 21 s, en moyenne, il est le 14e défenseur le plus utilisé du circuit avec l’avantage d’un homme.
Parmi les 13 qui le devancent, seulement cinq sont âgés de plus de 26 ans. Dans ces cas, c’est soit une question de renommée, avec Roman Josi (Nashville), John Carlson (Washington), Victor Hedman (Tampa Bay), ou faute d’avoir mieux, avec Shane Gostisbehere (Caroline), Dougie Hamilton (New Jersey).
Pour être plus efficace
Or, le Canadien a l’homme de la situation pour prendre la relève. Même s’il n’a que 17 matchs d’expérience derrière la cravate, Lane Hutson démontre chaque soir qu’il a une vision du jeu hors de l’ordinaire.
Oui, son jeu défensif reste à peaufiner, oui, il doit apprendre à choisir les bons moments pour se porter en attaque. Mais on parle d’avantage numérique.
Avec quelque 13 min de moins que Matheson sur la surface de jeu en supériorité numérique, Hutson a participé à seulement deux buts de moins (quatre passes contre six). Et contrairement à Matheson, il n’a pas de Cole Caufield ou de Nick Suzuki sur son unité.
Vrai que le temps passé en supériorité numérique n’est pas celui qui hypothèque le plus une santé. N’empêche qu’en voyant son temps d’utilisation être amputé de quelques minutes, Matheson pourrait être plus efficace à force égales, lorsqu’il est appelé à se mesurer aux meilleurs trios adverses.
Il ne s’agirait pas d’un désaveu à l’égard du vétéran, seulement une façon de maximiser les ressources. Surtout si St-Louis veut continuer de l’utiliser à court d’un homme.
Ce qui est, à vrai dire, la véritable aberration. Mais dans ce cas-ci, c’est à défaut de trouver mieux.