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À mon avis, tout le monde aurait fait cette erreur du CH

Éric Chouinard mérite qu’on reconnaisse son impact sur la renaissance des Remparts, bien avant son parcours difficile avec le CH

Photo d'archives
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2023-11-30T16:30:00Z

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L’annonce du retrait du chandail d’Éric Chouinard chez les Remparts nous ramène à une douloureuse décision du Canadien qui a toujours été qualifiée comme l’une des pires gaffes de l’organisation au repêchage.

C’est loin en arrière, mais j’ai toujours été fasciné par cette saga, car je crois que c’était injuste de blâmer le Canadien. Et que je pense que la plupart du monde qui aurait été dans la même position que le CH aurait pris la même décision. 

C’est-à-dire: repêcher Éric Chouinard au 16e rang en première ronde en 1998 avant Simon Gagné, que les Flyers ont sélectionné au 22e.

Chouinard a joué 90 matchs dans la LNH, tandis que Gagné en compte 822. 

En 1998, j’avais 10 ans. Je ne ratais presque pas de matchs des Remparts. Ils évoluaient au PEPS de l’Université Laval. On était entassés, mais c’était fabuleux. 

Les Remparts étaient trop forts. Ils ont terminé au premier rang de leur division devant l’Océanic, qui comptait notamment sur un certain Vincent Lecavalier et sur Brad Richards. 

Vincent Lecavalier lors de sa première saison avec l'Océanic.
Vincent Lecavalier lors de sa première saison avec l'Océanic. Photo d'archives

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Les Remparts misaient sur David Bernier, Martin Moïse, Philippe Tremblay et Gordie Dwyer, qui cassaient la gueule à tout le monde. 

Mon préféré était Martin Grenier, un monstre à la défense qui a par la suite passé de l’Avalanche aux Bruins lors de l’échange de Raymond Bourque. Le gardien était Patrick Couture, qui avait présenté une moyenne de 1,85 et un pourcentage d’arrêt de 0,934. C’était démentiel. C’est toujours le record. 

Et à tout ce groupe, on ajoutait les deux jeunes sensations de 17 ans qui jouaient ensemble auparavant avec les puissants Gouverneurs de Sainte-Foy (midget AAA): Éric Chouinard et Simon Gagné. 

Cette année-là, Chouinard avait marqué 41 buts, soit trois de moins que Lecavalier. Le fils de Guy, prolifique marqueur des Flames d’Atlanta, a connu une saison de 83 points. Tout ça, à 6 pi 3 po, 200 lb et comme joueur de centre. Il était le nirvana pour les dépisteurs. 

Quand on comparait

En termes de points, c’est meilleur qu’Alex Tanguay, Manny Malhotra ou Rico Fata, tous des joueurs qui ont été repêchés la même année, avant lui. 

Simon Gagné a joué 15 matchs de moins que Chouinard cette année-là, soit 53. Et il avait obtenu 30 buts et 69 points. À 17 ans, c’est du gros calibre. 

Mais pour moi, et je n’étais pas le seul, le «king», c’était Éric Chouinard. C’était le gros joueur de centre qui remplissait le filet. Il ne patinait pas comme le vent, mais visiblement, ça ne l’empêchait pas de produire. 

Ça n’enlevait rien à Simon Gagné, qui était moins costaud. Il était classé aussi parmi les espoirs de première ronde. 

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L’année suivante, Gagné a explosé avec 120 points, dont 50 buts. Mais Chouinard avait encore été dominant avec 109 points, dont 50 buts. 

Simon Gagné a surpris en perçant l’alignement des Flyers l’année d’après. Mais Chouinard n’a pas déçu en revenant avec les Remparts. Avec Mike Ribeiro (qui est débarqué à Québec après un début de saison avec le CH), Chouinard a marqué 57 buts en 50 matchs. 

Vous connaissez la suite, Chouinard a connu deux saisons très intéressantes pour ses débuts dans la ligue américaine (75 points en 113 matchs), mais il a seulement joué 13 matchs avec le Canadien, obtenant quatre points. Le CH l’a ensuite transigé aux Flyers contre un choix de deuxième tour, qui est devenu Maxim Lapierre. 

Après un passage avec les Flyers et le Wild, il a mis le cap vers l’Europe, où il a connu une splendide carrière de 12 ans. 

Une vie dans le hockey

La plupart des amateurs du CH s’en fichent complètement qu’il ait connu une belle carrière en Europe. Ils s’en fichent qu’il soit le meilleur marqueur de l’histoire des Remparts et qu’il ait grandement contribué à la renaissance des Remparts. 

Pour eux, Éric Chouinard, c’est une autre catastrophe de Réjean Houle. Une sélection de première ronde qui s’est avérée un flop alors que Simon Gagné était disponible. 

Photo d'archives
Photo d'archives

Peut-être que Gagné avait plus de potentiel, ou que Chouinard avait des carences dans son jeu. Mais la réalité, c’est qu’au moment du repêchage, peu de gens auraient levé le nez sur Éric Chouinard, même si Gagné était disponible. 

Et j’espère que la décision des Remparts de retirer son chandail permettra au plus de monde possible de se rappeler d’Éric Chouinard d’abord et avant tout comme ce joueur électrisant qui a ramené les Remparts sur la carte par son talent hors-norme. 

Il n’a jamais décidé d’être choisi avant Simon Gagné ni d’être choisi en première ronde. Et il a gagné sa vie grâce au hockey. Il y a peu de jeunes hockeyeurs qui peuvent arriver à réaliser ce rêve. C’est sans compter l’implication de Chouinard qui perdure dans le hockey au Québec, dans le M18 AAA et avec la LHJMQ comme préfet de discipline. 

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