À Juraj Slafkovsky de décider

Renaud Lavoie
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Le débat a fait rage pendant plusieurs jours et pourrait reprendre sous peu : est-ce que Juraj Slafkovsky doit être cédé à Laval pour son développement?
Si la réponse à la question était assurément oui, il est évident que la décision aurait déjà été prise. Mais dans les faits, Slafkovsky peut encore s’améliorer en jouant dans la LNH tant et aussi longtemps qu’il le fait avec confiance et ceci est la clef aux yeux des dirigeants des Canadiens.
Face aux Jets de Winnipeg le 28 octobre, il a connu un match qu’on pourrait qualifier d’inquiétant. Ses prises de décisions étaient douteuses et la rondelle était une véritable patate chaude sur sa palette.
Le genre de match qui peut jouer dans la tête d’un jeune joueur et c’est exactement ce qui s’est produit lors des deux matchs suivants.
Même si on notait une amélioration dans son jeu, son langage corporel sur la glace laissait voir qu’il était découragé en retournant au banc et que son niveau de confiance était à son plus bas.
Une situation inquiétante parce que lorsqu’un joueur saute sur la glace avec la crainte de faire une erreur, il est impossible pour lui de s’améliorer, ce qui entraîne une spirale négative qui doit rapidement être freinée.
Un gros test
Au lieu de placer Slafkovsky sur un quatrième trio samedi face aux Blues, Martin St-Louis lui a lancé un gros défi, soit celui de jouer avec Nick Suzuki et Cole Caufield, donc face aux meilleurs joueurs adverses.
Sans dire qu’il a été parfait, il a quand même marqué un but, amassé quatre tirs (un sommet dans un match cette saison) et encore plus important, il a joué avec confiance. Visiblement, il se sentait bien sur la glace et il doit maintenant s’assurer d’être constant de match en match – le plus gros défi pour un joueur, surtout à 19 ans.
Le jeune joueur slovaque s’est donc acheté du temps en jouant de cette façon face aux Blues. Mais un match ne fait pas une saison et il est évident que ses performances seront épiées de très près.
La meilleure décision
Si on voit qu’il connaît encore des matchs similaires à ses trois derniers, avant la rencontre à St. Louis, la décision de l’envoyer dans la Ligue américaine sera prise pour son bien et il est évident que Jeff Gorton et Kent Hughes vont prendre la meilleure décision pour son développement.
D’ailleurs, s’il ne s’était pas blessé la saison dernière, rien ne dit qu’il n’aurait pas été cédé à un certain moment pour qu’il ait plus de touches avec la rondelle.
L’objectif de lui faire commencer la dernière saison à Montréal était de lui permettre d’assimiler les concepts que Martin St-Louis impose à ses joueurs.
Mais il aurait été fort probable qu’il passe quand même du temps avec le Rocket pour qu’il continue de s’assimiler au jeu nord-américain, tout en prenant plus confiance dans son jeu.
Malheureusement, une blessure à un genou au MSG, un dimanche de janvier, est venue contrecarrer les plans.
La balle est dans son camp
Maintenant, Slafkovsky doit démontrer qu’il peut continuer de s’améliorer dans la LNH. C’est une ligue qui ne pardonne pas, parce que les meilleurs joueurs au monde y jouent.
C’est lui qui décidera si oui ou non il peut demeurer dans la LNH, par la façon dont il va se comporter sur la glace. On est carrément à la croisée des chemins dans son cas.
Il est impossible de se cacher, surtout dans une ville comme Montréal où les Canadiens représentent une véritable religion. Cela amène son lot de pressions supplémentaires, mais c’est la réalité à laquelle tous les joueurs font face ici.
Et ça ne changera pas, je dirais même avec raison. D’ailleurs, s’il y a quelqu’un qui est capable de passer à travers la tempête, c’est bien lui, et c’est exactement pourquoi les Canadiens l’ont repêché au premier rang en juin 2022.