À bas les hymnes nationaux, tout simplement

Jean-Nicolas Blanchet
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Les hymnes nationaux dans le sport, c’est aussi inutile que les consignes de sécurité sur l’amerrissage quand on monte dans un avion.
À part pour les cérémonies des médailles aux Olympiques, il est grand temps que ça arrête dans le sport.
Ç’a surtout commencé durant la Seconde Guerre mondiale. C’était pour saluer le courage des militaires. Et ç’a n’a pas arrêté depuis.
Jonathan Marchessault a donc bien raison de dire que les hymnes nationaux servent d’abord à souligner le courage de nos vétérans.
Mais je ne crois plus qu’il y ait tant de monde qui se lève lors des hymnes nationaux spécifiquement pour cette raison.
Pourquoi se lève-t-on?
Parce que dans les faits, ce n’est plus ça la raison. On se lève parce que ça fait partie de la tradition. On se lève parce qu’on encourage l’équipe de notre pays. Mes enfants se lèvent parce que tout le monde se lève. Et sinon, c’est devenu surtout politique.
C’est devenu un chant de fierté nationale, une opportunité de contestation politique ou depuis quelques jours, un chant de division.
Des hymnes nationaux qui se font huer, que ce soit justifié ou pas, c’est triste et inquiétant. Ça peut mal virer. Le monde est assez divisé de même. Les hymnes viennent juste servir de catalyseur pour alimenter cette division.
Des athlètes ont eu le courage de lancer des messages forts en boudant leur propre hymne national dans l’histoire. On peut penser au quart-arrière Colin Kaepernick en 2016, qui avait mis un genou au sol pour dénoncer le racisme et la violence policière.

Il a été imité par des centaines d’athlètes dans tous les sports dans le but de critiquer leur pays. C’est devenu politique.
Du sang qui gicle partout
C’est sans compter ce que racontent les hymnes nationaux. On a enlevé le crucifix à l’Assemblée nationale et on a caché une peinture d’un Autochtone agenouillé à l’Hôtel de Ville de Québec. Mais pour les hymnes nationaux, on dirait que tout le monde s’en fout.
On peut mentionner le Ô Canada qui nous parle de Dieu et de porter la croix.
On peut mentionner l’hymne national américain, qui a été écrit par Francis Scott Key, un suprémaciste blanc pro-esclavage et lui-même propriétaire d’esclaves. Dans le chant, il fait d’ailleurs référence à la mort d’esclaves noirs qui ont décidé de rejoindre les Anglais pour se battre contre les Américains.
On peut parler de La Marseillaise. C’est quand même absurde comme image quand on voit des spectateurs bras dessus bras dessous, complètement saouls, chanter que le sang impur abreuve leurs sillons avant un match de soccer.
L'hymne du Mexique parle aussi des champs arrosés de sang. Celui de Cuba est d’une violence difficile à battre et invite les citoyens à ne pas craindre une mort glorieuse. Le Honduras parle aussi de marcher vers la mort. L’Uruguay expose que la liberté viendra avec la mort.
Bref, je comprends très bien la valeur patriotique et historique des hymnes nationaux. Et les hymnes peuvent bien être non laïque, poches ou violents.
Mais qu’est-ce que ça vient faire dans un match entre les Tigres de Victoriaville et les Foreurs de Val-d’Or? Ou dans n’importe quel match sportif ? À quoi ça sert?
Si c’est pour saluer le courage de nos vétérans, que les organisations sportives prennent plus de temps pour nous en présenter avant les matchs. Les Américains le font beaucoup plus que nous.
Ou trouvons autre chose que l’hymne national dans le sport pour prendre le temps d’honorer nos militaires.
Ça ne veut pas dire que je renie ma patrie si je ne veux plus d’hymne national dans le sport. Je l’adore ma patrie. Ça veut juste dire que c’est absurde de prendre le temps de l’aduler seulement quand on va dans un aréna ou un stade voir du sport.
Et en passant, je sais que c’est déjà arrivé dans l’histoire un avion de ligne qui a réussi un amerrissage. Mais c’est tellement rare que ç’a donné un film avec Tom Hanks