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À 67 ans, ce coureur aguerri de Québec fait partie d'un club sélect: il a couru un marathon dans chaque État américain

Guy Benoit au terme du dernier marathon de son défi «50 States Marathon Club», au Eugene Marathon, en Oregon, le 28 avril 2024.
Guy Benoit au terme du dernier marathon de son défi «50 States Marathon Club», au Eugene Marathon, en Oregon, le 28 avril 2024. Photo fournie par Josette Chevalier
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-05-24T04:00:00Z

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Guy Benoit a réalisé, à 67 ans, un exploit rarissime au Québec, à la fin avril. Celui d'avoir couru un marathon dans chacun des 50 États américains, ce qui lui vaut d'être l'un des cinq Québécois à être homologué par le «50 States Marathon Club».

«C'est une belle excuse pour voyager!» lance le coureur aguerri de Québec qui, au total, a terminé 75 marathons ici, aux États-Unis, mais aussi à Athènes et à Paris, notamment. 

Et des voyages, lui et sa conjointe Josette Chevalier, également une grande coureuse qui aime aussi «encourager son homme», en ont fait depuis 1994, lors de cette année où le long périple s'est amorcé. Sa première course au sud de la frontière, le marathonien l'a faite en Virginie. 

Si les souvenirs de la traversée du pont vers Washington, ainsi que de la vue sur la Maison-Blanche pendant le parcours, sont encore bien gravés dans sa mémoire, rien ne laissait présager à l'époque que son grand défi le mènerait jusqu'en Alaska, à Hawaï, ou encore le ferait courir à quelque 1882 mètres d'altitude dans le Wyoming. 

«Quand j'étais étudiant, j'avais un ami qui faisait de la course. Il m'avait invité à venir l'encourager à l'un de ses marathons, raconte Guy Benoit. En assistant à la course, je me suis rendu compte que moi aussi, je pouvais faire ça!»

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Guy Benoit et sa conjointe Josette Chevalier après le Kentucky Derby Festival Marathon, à Louisville, au Kentucky, le 29 avril 2023.
Guy Benoit et sa conjointe Josette Chevalier après le Kentucky Derby Festival Marathon, à Louisville, au Kentucky, le 29 avril 2023. Photo fournie par Josette Chevalier
1926 coureurs ont réussi

M. Benoit a donc couru son premier marathon au milieu des années 1980. Il a participé cinq fois à celui de Montréal, avant de mettre le cap sur de nouveaux horizons, lui qui avait réalisé le temps nécessaire pour obtenir la «médaille d'or» décernée aux coureurs les plus rapides. 

C'est en 1983 que le «50 States Marathon Club» a fait son premier membre officiel. Depuis, ils sont 1925 autres coureurs à avoir réussi l'exploit, provenant de partout aux États-Unis et de 21 autres pays. 

Mais Guy Benoit n'a appris l'existence de ce club qu'au fil de ses premières courses en sol américain, en croisant des marathoniens qui portaient des chandails sur lesquels était brodé l'écusson. 

Photo fournie par Josette Chevalier
Photo fournie par Josette Chevalier

«J'ai fait des recherches, et j'ai découvert qu'il fallait avoir fait au moins 10 marathons aux États-Unis pour s'inscrire [et un dans chacun des 50 États pour faire partie de la prestigieuse liste], explique-t-il. Il faut quand même montrer son sérieux.»

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Malgré une alerte à la tornade

Sérieux, M. Benoit l'était, lui qui courait une centaine de kilomètres par semaine dans les rues de Québec. 

Il le reconnaît: pour réaliser ce périple qui s'est échelonné sur 30 ans, il faut non seulement être prêt à dépenser, mais aussi faire face à toutes les éventualités. Comme ces courses durant lesquelles des grêlons se mettent à tomber, et même celles qui sont détournées par... une alerte à la tornade. 

Parce que oui, il aura fallu 52 tentatives à Guy Benoit pour atteindre son grand objectif. Une fois, un claquage l'a forcé à l'abandon après quelques kilomètres. Et il y a aussi cette fameuse alerte à la tornade, à Nashville, qui a modifié le parcours en pleine course.

«Après avoir croisé le fil d'arrivée, j'ai calculé, et ça me donnait 34 kilomètres, pas 42! Alors je me suis dit que j'allais en courir un autre au Tennessee.» Il l'a finalement fait à Memphis. 

Une dernière dans un grand stade

Son dernier marathon en sol américain, le coureur l'a fait à Eugene, en Oregon. Lorsqu'il a donné sa dernière foulée dans le mythique Hayward Field, là où se sont déroulés les Championnats du monde d'athlétisme, il y a deux ans, bien sûr qu'il a été envahi par de grandes émotions. 

Parce que ce retraité savait non seulement qu'il venait de réaliser quelque chose de grand, mais aussi parce qu'il s'agissait de sa retraite... comme marathonien. Tout en espérant «ne pas être la Dominique Michel des marathons!» blague-t-il. 

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Et même s'il est très humble devant la réussite du projet d'une vie, il en retire une grande fierté, assurément. Dont celle de n'avoir jamais abandonné sa folle passion, même quand, en raison des années qui passaient, ses temps sont devenus plus lents, lui qui courait à une époque sous les trois heures. 

De ces marathons dans 50 États, Guy Benoit retiendra l'effort, le dépassement qu'implique de parcourir une telle distance à la course, les paysages, mais aussi les rencontres. Celles avec les bénévoles – sa conjointe et lui aiment d'ailleurs donner de leur temps pour des épreuves sportives au Québec – et avec les autres coureurs. 

Ces marathons qui ont marqué le membre du club «50 States Marathon»

Guy Benoit et sa conjointe Josette Chevalier après le Duke City Marathon, à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, le 16 octobre 2022.
Guy Benoit et sa conjointe Josette Chevalier après le Duke City Marathon, à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, le 16 octobre 2022. Photo fournie par Josette Chevalier
Son plus beau voyage?

L’Utah, où Guy Benoit a couru le marathon de Salt Lake City, en avril 2019. Au-delà de la course en elle-même, ce qui l’a marqué, c’est la visite du parc national des Arches. Et Hawaï, avec ses volcans en éruption, est aussi difficile à oublier, ajoute-t-il.

Guy Benoît lors du Salt Lake City Marathon, en Utah, le 13 avril 2019.
Guy Benoît lors du Salt Lake City Marathon, en Utah, le 13 avril 2019. Photo fournie par Josette Chevalier
Son marathon favori?

Boston, qu’il a couru cinq fois, est dans une classe à part. Pour son histoire, sa foule. Mais hormis le mythique marathon plus que centenaire, Chicago tient également une place spéciale dans son cœur. «Là aussi, la foule est spéciale», souligne-t-il.

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Un moment marquant?

À Memphis, la course sert de levée de fonds pour l’hôpital St. Jude, où sont traités des enfants malades. «Quand un jeune en chaise roulante, clairement atteint du cancer, te tape dans la main pour t’encourager, tu oublies à quel point la course est difficile physiquement», se souvient Guy Benoit.

L'impressionnante collection de 50 médailles - une par marathon - qu'a récoltées Guy Benoît au cours de son défi «50 States Marathon Club», ainsi que la casquette du club.
L'impressionnante collection de 50 médailles - une par marathon - qu'a récoltées Guy Benoît au cours de son défi «50 States Marathon Club», ainsi que la casquette du club. Photo fournie par Josette Chevalier
Le marathon le plus difficile?

Courir en haute altitude, c’est encore plus dur, car l’oxygène se fait plus rare. Et Guy Benoit a encore bien en tête le marathon de Jackson Hole, au Wyoming, où la course se déroule en moyenne à 1882 mètres d’altitude. «À un moment donné, j’avais peur qu’il ne soit pas capable de la finir!» lance en riant sa conjointe, Josette Chevalier.

Un paysage inoubliable?

Guy Benoit ne l’a pas comptabilisé dans ses 50 marathons car il en a couru un autre en Californie, mais jamais il n’oubliera les paysages qu’il a vus pendant celui de Big Sur, qui se tient le long de la côte pacifique. «Tu cours avec la tête tournée comme ça tout le long!» illustre-t-il, en faisant mine de regarder l’océan.

Capture d'écran tirée du site internet du Big Sur International
Capture d'écran tirée du site internet du Big Sur International

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