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8 films qui ont 50 ans en 2026

Isabelle Hontebeyrie

2026-03-12T10:00:00Z

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Plongeons dans les souvenirs... 1976, chez nous, c’est l’année où René Lévesque devient premier ministre, succédant à Robert Bourassa. Chez nos voisins du Sud, c’est l’année de l’élection de Jimmy Carter. Silly Love Songs, des Wings, est au top des palmarès, les compagnies Apple et Microsoft viennent de s’incorporer. Et à Hollywood, c’est la sortie de films qui sont, aujourd’hui, des classiques.

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En 2026, une constellation de films cultes franchissent le cap vénérable du demi-siècle. L’année 1976 n’est pas une année comme les autres à Hollywood : coincée entre la fin de la guerre du Vietnam et l’explosion de Star Wars l’année suivante, elle représente l’apogée du Nouvel Hollywood. C’est une époque où les studios laissaient encore les clés du royaume aux auteurs et aux marginaux. Retour sur huit monuments qui, 50 ans plus tard, n’ont pas pris une ride.

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Voici 8 films qui ont 50 ans en 2026:

Rocky 

S’il y a un film qui définit cette époque, c’est bien celui-là. Sorti le 3 décembre, le long métrage écrit par un acteur alors inconnu nommé Sylvester Stallone est le miroir de sa propre vie, l’histoire d’un homme à qui l’on ne donne aucune chance et qui finit par triompher de l’adversité. L’anecdote entourant sa création est légendaire : Stallone est si pauvre qu’il doit vendre son chien Butkus pour 40 $ afin de payer son loyer pendant l’écriture du scénario. Dès qu’il reçoit son avance pour le film, il retrouve l’acheteur et rachète l’animal pour 15 000 $... C’est d’ailleurs le vrai Butkus que l’on voit à l’écran ! Ce pari risqué devient le plus gros succès de l’année avec 225 M$ récoltés mondialement, un exploit colossal pour un budget initial de seulement 1,1 M$. Rocky rafle l’Oscar du meilleur film devant des poids lourds comme Taxi Driver et Network, prouvant que le public a alors un immense besoin d’espoir.

PHOTO FOURNIE PAR UNITED ARTISTS
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Taxi Driver 

À l’opposé de l’optimisme lié à Rocky, Martin Scorsese plonge les cinéphiles, dès le 8 février, dans la crasse de New York avant son embourgeoisement. Travis Bickle, insomniaque et vétéran aliéné, devient l’archétype de l’antihéros moderne sous les traits d’un Robert De Niro habité. La célèbre réplique «You talkin’ to me ?» est totalement improvisée par l’acteur. Alors que le scénario indique simplement « Travis se regarde dans le miroir », De Niro puise dans un exercice de théâtre pour créer ce moment d’anthologie. Et ce portrait psychologique brutal marque l’entrée définitive de Scorsese dans le panthéon des maîtres en remportant la Palme d’or à Cannes.

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PHOTO FOURNIE PAR UNITED ARTISTS
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All the President’s Men

Deux ans seulement après la démission de Richard Nixon, le réalisateur Alan J. Pakula porte à l’écran, le 9 avril, l’enquête haletante du Watergate. Ce film transforme le journalisme d’enquête en un genre cinématographique, porté par le duo Robert Redford et Dustin Hoffman. Pour assurer un réalisme total, la production ne lésine pas sur les moyens : la salle de rédaction du Washington Post est reconstruite à l’identique en studio, alors qu’on est allé jusqu’à utiliser des déchets de papier authentiques envoyés par le journal pour remplir les corbeilles des acteurs. Ce souci du détail porte ses fruits : le film devient un succès massif de 70,6 M$.

 

PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.
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Carrie 

C’est le 3 novembre que Brian De Palma fait de Stephen King un nom incontournable du cinéma avec l’adaptation de son premier roman. L’histoire de cette adolescente ayant des pouvoirs de télékinésie humiliée par ses pairs est aujourd’hui une métaphore universelle sur l’intimidation scolaire. Sissy Spacek est si déterminée à obtenir le rôle qu’elle se présente à l’audition sans s’être lavé les cheveux, en plus d’être vêtue d’une vieille robe de marin, afin d’avoir l’air le plus étrange possible. Le résultat est foudroyant au box-office avec 33,8 M$ récoltés, un score énorme pour un film d’horreur à l’époque et qui traumatise des millions de spectateurs lors de la scène finale du bal.

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PHOTO FOURNIE PAR UNITED ARTISTS
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King Kong 

Le producteur Dino De Laurentiis frappe un grand coup le 17 décembre avec ce remake ambitieux. Si le film original de 1933 demeure indétrônable, cette version reste gravée dans les mémoires pour son gigantisme et sa distribution menée par Jessica Lange et Jeff Bridges. La production fait construire un King Kong mécanique géant de 40 pieds pour la somme de 1,7 M$, mais celui-ci est si instable qu’il n’apparaît finalement que quelques secondes à l’écran, tandis que c’est plutôt Rick Baker et William Shepard qui se retrouvent dans un costume de singe ultraperfectionné. Le changement du décor final — l’Empire State Building remplacé par le World Trade Center — donne aujourd’hui au film une dimension poignante.

PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES
PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES

Network

Le 27 novembre, Sidney Lumet signe une satire visionnaire et féroce sur les dérives des médias. Le film reste célèbre pour la performance éclair de Beatrice Straight, qui détient toujours le record de l’Oscar de la meilleure actrice de soutien pour une apparition de seulement 5 minutes et 2 secondes. Network apparaît comme une œuvre prémonitoire qui prédit l’arrivée de la téléréalité et l’asservissement de l’information par le divertissement.

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PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES
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The Omen

Dans la foulée du succès de The Exorcist, Gregory Peck affronte le fils du Diable, le petit Damien, dès le 25 juin. Ce film de Richard Donner traumatise durablement toute une génération de parents et consolide l’âge d’or du cinéma satanique avec un box-office impressionnant de 60,9 M$. L’anecdote la plus troublante reste celle des phénomènes inexpliqués qui frappent l’équipe de production, car l’avion de Gregory Peck est frappé par la foudre, tout comme celui du scénariste David Seltzer quelques jours plus tard !

PHOTO FOURNIE PAR BELLEVUE
PHOTO FOURNIE PAR BELLEVUE

The Outlaw Josey Wales

Sorti le 30 juin, ce western est souvent cité comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de Clint Eastwood, qui en assure la réalisation et tient le rôle-titre. Loin des héros sans peur, le récit suit un homme brisé par la guerre de Sécession cherchant une forme de rédemption. La production est marquée par un conflit majeur. Clint Eastwood reprend la réalisation après avoir renvoyé le cinéaste original Philip Kaufman, un geste qui mène à la création de la « règle Eastwood » par la Guilde des réalisateurs pour protéger les metteurs en scène.

PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.
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