Un haut responsable américain a estimé vendredi à « 80 à 85 % », mais « pas 100 % », la probabilité qu’un accord soit signé avec l’Iran dans les « prochains jours ».
• À lire aussi : Pourquoi l’accord irano-américain soi-disant si « proche » met-il autant de temps ?
• À lire aussi : Les États-Unis et l’Iran ont conclu une entente sur un texte d’accord de paix, affirme le Pakistan
• À lire aussi : Trump fête ses 80 ans avec un combat de MMA à la Maison-Blanche
Pendant un échange avec la presse, il a dit se « sentir très bien » quant à la conclusion des négociations, tout en avertissant que la « ligne d’arrivée n’était pas encore franchie ».
Les États-Unis se sont efforcés vendredi d’imposer leur version des discussions, après que Donald Trump a accusé vendredi l’Iran de mentir sur le contenu du projet d’accord.
Le haut responsable cité plus haut a précisé que le texte était un « accord-cadre » (Memorandum of understanding) ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques.
Cette même source, qui a requis l’anonymat, a assuré que l’accord en question allait « rouvrir le détroit » d’Ormuz et « lever le blocus » américain des ports iraniens.
Le compromis doit selon lui mener au « démantèlement » du programme nucléaire iranien et permettre aux États-Unis de récupérer l’uranium enrichi, qui serait « détruit sur place » puis « sorti » du pays.
L’accord prévoit un « régime d’inspection », a indiqué le haut responsable, en ajoutant que l’Iran pour sa part bénéficierait de la levée d’une « grande partie » des sanctions économiques s’il respectait les termes de l’accord.
Liban
Le haut responsable américain a assuré que le texte en discussion avec l’Iran « incluait le Liban », en se disant optimiste que le résultat final des négociations convienne également à Israël et aux pays du Golfe.
Concernant de possibles réticences côté iranien, il a affirmé qu’il existait un « large consensus » en faveur de l’accord à Téhéran, y compris au sein des Gardiens de la révolution, parmi les « tenants d’une ligne dure » et parmi les « autorités civiles ».
Il a jugé que deux facteurs avaient permis d’accélérer les négociations : des avancées sur l’uranium enrichi et le contrôle selon lui affaibli de Téhéran sur le détroit d’Ormuz, ce point de passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.
« Voilà ce qu’ils ont accepté », a indiqué un autre haut responsable à l’AFP, en exposant cinq points : « le matériau nucléaire (iranien) sera détruit et enlevé » ; « le programme nucléaire sera démantelé » ; « leurs fonds ne seront pas libérés avant qu’ils ne remplissent les termes » ; « le détroit d’Ormuz sera ouvert » ; « pas de financement des groupes terroristes par l’Iran ».
« Les termes (d’accord) que l’Iran a fait fuiter aux médias menteurs n’ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit. Ce qu’ils ont dit, y compris leur déclaration faible et pathétique sur l’accord qui serait conclu, est sans rapport avec la réalité », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
« Fausses informations »
Le vice-président JD Vance, dont Donald Trump a dit jeudi qu’il représenterait les États-Unis en cas de signature dès ce week-end, a lui dénoncé des « fausses informations » en circulation.
« Les Iraniens ne recevront pas d’argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d’accord ou la participation à une réunion », a-t-il écrit sur X.
L’agence de presse iranienne Mehr, citant une source proche de l’équipe de négociation iranienne, a elle publié ce qu’elle a présenté comme le texte discuté, qui prévoit une « cessation permanente et immédiate des hostilités (...) y compris au Liban », « 60 jours de négociations pour parvenir à un accord sur les questions nucléaires et la levée complète des sanctions » américaines.
Elle a affirmé que le projet incluait la « libération de 24 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués pendant la période finale de négociation de 60 jours ».
« Les négociations finales ne débuteront pas avant la libération de la moitié des fonds iraniens bloqués, la suspension des sanctions visant le pétrole iranien et la levée du blocus naval », a-t-elle affirmé.